Le Paris-Rouen est la première compétition automobile de l'histoire.
L'épreuve finalise un concours de « voitures sans chevaux » qui se déroula en France du 19 au 22 juillet 1894, concours organisé par Pierre Giffard, journaliste pour Le Petit Journal, un quotidien parisien paru de 1863 à 1944.
On enregistre 102 inscriptions mais seulement 21 concurrents prennent part à l'épreuve finale, de Paris à Rouen sur 126 km.
Le concours débute le mercredi 18 juillet 1894 à Neuilly-sur-Seine, par une journée d'exposition des 26 véhicules engagés. Les trois jours suivants sont réservés à l'épreuve éliminatoire, sur cinq parcours de 50 km partant de Paris, 21 véhicules se qualifient pour l'épreuve finale. Le concours se termine le dimanche 22 juillet 1894 par une promenade à l'allure réglementée de 12,5 km/h. Le départ de la Porte Maillot à Paris est donné dans l'ordre d'inscription et toutes les trente secondes. Le parcours est ponctué de plusieurs arrêts obligatoires dont la pause déjeuner à Mantes-la-Jolie. Quatre véhicules n'arriveront pas à Rouen.
Le concours récompense les véhicules répondant à trois critères : « sécurité », « commodité » et « bon marché relatif ». Le premier prix de 5 000 francs est partagé entre « Panhard & Levassor » et « les fils de Peugeot frères ».
En 1887, le journaliste Pierre Giffard devient chef des informations générales au quotidien parisien Le Petit Journal.
Il organise des défis sportifs populaires, afin de faire « bouger » les gens. Le premier concours, qui eut lieu le 6 septembre 1891, est la première édition du Paris-Brest à bicyclette. Le deuxième concours qui se déroule le 5 juin 1892 est le Paris-Belfort, une course à pied. Le troisième concours, en 1893, devait être un défi de natation mais il est jugé trop dangereux et est annulé.
C'est le 19 décembre 1893 que Pierre Giffard alias « Jean sans Terre » organise un concours de « voitures sans chevaux » d'un droit d'entrée de 10 francs, pour le vendredi 1er juin 1894, afin de pallier les contraintes du cheval, il est bien expliqué qu'il ne s'agit pas d'une « course folle roulant à toute vitesse » mais plutôt d'un « concours par élimination sur des itinéraires divers et par un jury dans chaque voiture » et qui a pour desiderata : sécurité, commodité et bon marché relatif.
Le 20 décembre, on compte quatre inscriptions et dix articles du règlement sont présentés :
Le concours sera international. Les voitures automotrices de tous les pays peuvent y prendre part.
Tous les genres de propulseurs sont admis : vapeur, électricité, gaz, pétrole, etc.
Les voitures seront jugées exclusivement par le personnel de la rédaction et de l'administration du Petit Journal, qui s'adjoindra, simplement à titre de consultation, le nombre d'ingénieurs qui lui sera nécessaire.
Pour être admises au concours, les voitures devront contenir au moins quatre places.
Il ne sera pas fait de catégories, ni pour le moteur employé, ni pour le nombre de places.
Le premier prix du concours sera attribué, littéralement, à la voiture sans chevaux qui remplira cette condition : d'être, sans danger, aisément maniable pour les voyageurs et de ne pas coûter trop cher sur la route. En trois mots, c'est sur la sécurité, la commodité et sur le bon marché que portera le jugement des personnes déléguées à cet effet par Le Petit Journal.
Quant à la distance à parcourir, elle sera la même, à quelque chose près, pour toutes les voitures, surtout à la première épreuve éliminatoire. Les expériences comparatives se feront pendant plusieurs jours, sur les routes de Paris à Mantes, Paris à Dreux, Paris à Beauvais, Paris à Gournay, etc. Chaque voiture, montée par l'inventeur ou son représentant, par deux membres du jury au moins et un ingénieur consultant, devra fournir, pour la première épreuve éliminatoire, un trajet de 50 kilomètres en trois heures, et ce, pour bien indiquer qu'il ne s'agit pas là d'expériences de grande vitesse, l'allure de 16⁄17 km/h étant suffisante pour « la promenade ». Il ne sera tenu aucun compte d'une vitesse supérieure à celle demandée ci-dessus. Le trajet accompli dans le délai voulu, c'est-à-dire en trois heures, les membres du jury constitué pour attribuer les prix décerneront à la voiture dans laquelle ils auront fait le voyage des points de classement, depuis 1 jusqu'à 10. Les voitures qui auront bénéficié des notes 8, 9 et 10 prendront seules part à la seconde épreuve. Il en sera de même pour la troisième si elle est jugée nécessaire.
Si le nombre des machines engagées dans le concours est trop considérable, on les fera partir pour les épreuves éliminatoires sur plusieurs routes à la fois ; en tout cas les itinéraires seront tirés au sort quelques jours avant le 1er juin. L'épreuve finale se fera sur la route de Paris à Rouen, par Saint-Germain, Triel, Meulan, Mantes, Vernon, Gaillon et Pont-de-l'Arche, soit sur 126 kilomètres. Toutes les qualités des voitures seront alors considérées : vitesse, stabilité, économie, sécurité.
Toutes les formes des voitures sont admises ; il ne sera tenu aucun compte des accessoires de luxe, c'est-à-dire que le modèle le plus rudimentaire et le moins coûteux à établir sera accepté ; pourvu qu'il marche, c'est tout ce que nous demandons ; le reste viendra tout seul.