Le papier abrasif, souvent improprement nommé papier de verre, appelé aussi papier sablé au Canada, est un papier dont la surface est recouverte d’une matière abrasive. On l’utilise pour façonner ou polir la surface de divers matériaux comme le bois, le métal ou la pierre pour des raisons esthétiques ou techniques, et notamment pour faciliter leur ajustement, leur assemblage, leur collage ou pour améliorer la tenue des vernis et des peintures.
La peau de requin a été utilisée[Quand ?] comme abrasif avant l’invention du papier abrasif artificiel. Elle est toujours utilisée comme râpe fine dans la cuisine japonaise[réf. souhaitée].
Le premier exemple connu de papier abrasif similaire au papier de verre moderne remonte à la Chine du XIIIe siècle. Il s'agissait de parchemin sur lequel des fragments de coquillages, de graines ou de sable étaient collés au moyen de gomme naturelle.
« Papier de verre » peut se comprendre littéralement, le verre forme d'efficaces particules abrasives, mais d'autres matériaux que le verre sont aujourd'hui utilisés et le terme « papier de verre » s'entend souvent au sens large. Le sable est souvent employé ; on parle d'ailleurs de « sandpaper » en anglais et de « papier sablé » au Québec, sa traduction littérale. Il est moins efficace car les particules perdent de leur abrasivité à l'usage. Dès le XVIIe siècle, un auteur anglais met en garde contre l'utilisation de papier abrasif bon marché fabriqué avec du sable et recommande le véritable papier « de verre ».
Dès 1833, la société de John Oakey (en) à Londres produisait du papier de verre après avoir développé des procédés de collage et de fabrication permettant une production plus industrielle qu'auparavant. Un procédé concernant le papier abrasif à base de sable fut breveté dans l'État du Vermont aux États-Unis, le 14 juin 1834 par Isaac Fischer Jr.
En 1916, 3M invente un type de papier de verre vendu sous le nom « Wetordry » (marque déposée signifiant « humide ou sec » en anglais, toujours utilisée en 2019) dont le dos est imperméable. Cela permet l'utilisation d'eau comme lubrifiant, à l'instar des pierres à aiguiser type coticule, ce qui facilite la circulation des particules et réduit ainsi l'encrassement. Sa première application fut pour la finition des peintures automobiles.
Parmi les usages détournés du papier de verre, on peut citer son utilisation comme surface en art plastique principalement par Joan Miró et comme instrument de musique avec Leroy Anderson qui a composé un Ballet pour papier de verre.
Il existe un grand nombre de variétés de papier de verre, en fonction de la nature du papier lui-même, de la composition, la taille des particules abrasives et du liant.
Outre le papier, le support peut être en tissu, en polymère ou en fibres synthétiques. Les supports textiles sont utilisés pour les disques et rouleaux, tandis que les papiers de verre à grains extrêmement fins font appel au mylar. Des matériaux dits « composites » de fibres et de papier sont utilisés pour fournir des supports très résistants au déchirement.
Pour les papiers, on désigne le grammage par une lettre de A, le plus léger, à F. Pour les supports textiles, on utilise les lettres J, X, Y, T, et M dans cet ordre du plus fin au plus épais. Un support plus fin, plus flexible, permet de suivre les contours irréguliers d'une pièce. Dans le cas des pièces mobiles, disques et rouleaux utilisés par des machines, on peut coller le papier abrasif lui-même sur une structure séparée.
On rencontre les particules suivantes :
Silex, qui n'est plus guère utilisé.
Grenat, courant pour les papiers de verres utilisés sur le bois.
Émeri, plutôt pour le travail des métaux.
Alumine, l'un des plus courants. Pour des grains très fins on peut le déposer par procédé sol-gel.
Carbure de silicium, disponible des grains les plus grossiers aux micrograins, utilisé pour polir les pierres calcaires.
Mélanges d'oxydes d'aluminium et zirconium, plutôt pour les outils abrasifs pour machine.
Oxyde de chrome pour des grains micrométriques.