Ce Jour-là

Papias d'Hiérapolis

Évêque de Hiérapolis

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Papias (Παπίας Ἱεραπόλεως / ὁ Ἱεραπολίτης) est un Père apostolique, évêque de Hiérapolis (Phrygie) de la première partie du IIe siècle. Il est considéré comme un saint par l'Église catholique, et sa mémoire est célébrée le 22 février.

Après s’être mis en quête des derniers vestiges des traditions orales concernant la vie et les discours du Seigneur, il écrivit, vers 130, un ouvrage en cinq livres intitulé Λογίων κυριακῶν ἐξηγήσις / Logiôn kyriakôn exêgêseis, titre généralement traduit par Explication des paroles du Seigneur, ou Exégèses des sentences du Seigneur. Il ne nous en reste que de très rares fragments, cités par Irénée de Lyon et par Eusèbe de Césarée.

Par son ancienneté et par l’enquête menée auprès des derniers disciples des Apôtres, le témoignage de Papias est considéré comme vénérable et important.

Les cinq livres de l'Explication des paroles du Seigneur

L'œuvre de Papias est perdue et les informations à son sujet « sont éparses et ne manquent pas d'être tendancieuses ». Sur base d'un fragment qui mentionne l'empereur Hadrien (117-138), il semble qu'il ne faille pas faire remonter la rédaction de son œuvre avant le règne de ce dernier. Selon Eusèbe de Césarée, il était évêque d’Hiérapolis, et contemporain de Polycarpe de Smyrne et d'Ignace d'Antioche.

Suivant Eusèbe de Césarée, Papias, pour sa formation personnelle, se méfie des livres et leur préfère ce « qui vient d'une voix qui vit et reste ». Irénée de Lyon le présente comme « auditeur de [l'apôtre] Jean, de Polycarpe [de Smyrne], homme ancien » et le classe parmi les successeurs des apôtres. Eusèbe de Césarée objecte à Irénée que Papias se présente comme disciple ou auditeur non pas des apôtres eux-mêmes mais de ceux qui les ont écoutés, les presbytres.

Ainsi, d'après Eusèbe, Papias affirme : « Si quelque part venait quelqu'un qui avait été dans la compagnie des presbytres, je m'informais des paroles des presbytres : ce qu'ont dit André ou Pierre, ou Philippe, ou Thomas, ou Jacques, ou Jean, ou Matthieu, ou quelque autre des disciples du Seigneur ; et ce que disent Aristion et le presbytre Jean, disciples du Seigneur. Je ne pensais pas que les choses qui proviennent des livres me fussent aussi utiles que ce qui vient d'une parole vivante et durable. »

Par « presbytres » il faut entendre les « anciens ». Papias utilise le terme à la fois pour parler des membres du groupe des douze — qui seront appelés « Douze Apôtres » par la suite — et d'autres « anciens » qui ont d'après lui été aussi « disciples du Seigneur » et qu'il a rencontré personnellement, comme Aristion ou « Jean le presbytre » - distinct de Jean de Zébédée - ou encore un étranger de passage.

Le livre de Papias rapportait de nombreuses autres traditions, dont certaines proviendraient des filles de l'apôtre Philippe qui vivaient à Hiérapolis.

Papias s'enquiert notamment des origines des évangiles. Les presbytres qu'il interroge lui apprennent ainsi à s'enquérir de qui était ce Marc dont l'Évangile circulait alors dans les Églises d'Orient et quel crédit il fallait lui accorder.

Papias rapporte aussi divers événements relatifs au début de l’Église chrétienne :

Il évoque une histoire de résurrection d'un mort qui serait arrivée du temps de Philippe ;

Il raconte l'histoire de Justus dit Barsabas qui aurait bu du poison mortel sans désagrément ;

Il mentionne dans son deuxième livre le martyre et la mort de Jean l'Apôtre, fils de Zébédée, infirmant ainsi la thèse de sa mort à un âge avancé ; ainsi, dans la chronique ecclésiastique de Georges Hamartolos, un moine grec du IXe siècle, celui-ci affirme que Papias dit de Jean fils de Zébédée qu'il fut digne du martyre et mis à mort par les Juifs, « accomplissant ainsi clairement avec son frère la prophétie du Christ à leur sujet ». Ce passage semble également cité par Philippe de Sidè vers 430 : « Papias déclare dans son deuxième livre que Jean le Théologien et son frère Jacques furent mis à mort par les Juifs. » Cette mort en martyr, annoncée par le Christ dans le Nouveau Testament, est par ailleurs citée par plusieurs documents : un martyrologe syriaque de novembre 411 donnant la date du 27 décembre à la célébration du martyre des deux frères de Zébédée à Jérusalem, une inscription à Carmona près de Séville sur un pilier de l'église Santa Maria la Mayor datant d'environ 480, un missel de la cathédrale de Trèves rapportant après la lecture de Matthieu 20, 23 que les deux frères sont morts « ayant donné leur corps à Dieu », un sacramentaire conservé à Milan, et une homélie de 344 d'Aphraate, évêque d'Edesse. La mort en martyr de Jean, fils de Zébédée, est aussi implicitement confirmée par Clément d'Alexandrie pour qui l'enseignement des Apôtres, y compris Paul, se termine à l'époque de Néron, mort en 68, ce qui exclut une mort de Jean de Zébédée en 98.

D'après une scholie d'Apollinaire de Laodicée, Papias connaissait une tradition populaire sur la mort de Judas. Selon celle-ci, il était devenu tellement enflé qu'il ne pouvait plus passer là où une charrette passait aisément, et finit écrasé par ladite charrette, en répandant ses boyaux dans la rue.

La critique et l'hypercritique peuvent s'exercer sur ce texte ; il n'en demeure pas moins que nous y apprenons ce que l'on pouvait savoir de Marc dans une église d'Asie mineure au début du IIe siècle, et que sur la source d'aucun autre texte évangélique, on ne nous a transmis d'élément aussi clair.

Papias parle aussi de Matthieu. Eusèbe ne cite qu'une phrase dont le contexte manque cruellement : « Sur Matthieu il dit ceci : Matthieu réunit donc en langue hébraïque les logia (de Jésus) et chacun les interpréta comme il en était capable ».

Cette phrase a fait noircir des volumes entiers d'interprétations et de commentaires — et il en faudrait un autre pour les résumer même succinctement. Essayons simplement d'en cerner l'enjeu.

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Papias d'Hiérapolis | World in Stories