Papa Wemba, né le 14 juin 1949 à Lubefu (Congo belge) et mort le 24 avril 2016 à Abidjan (Côte d'Ivoire), est un chanteur, auteur-compositeur et acteur congolais. Il est le cofondateur et dirigeant du label Viva La Musica.
Avec près de cinquante ans de carrière, il est considéré comme un acteur important de la musique congolaise et africaine. S'il n'est pas le créateur de la rumba congolaise, il en est un pilier, et propulse ce genre à l'international. Il participe tout de même aux débuts du soukous. La rumba reste sa référence, malgré le fait qu'il aborde d'autres styles comme, entre autres, le rock, le ndombolo et la world music.
Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba naît le 14 juin 1949 à Lubefu au Congo belge. Alors qu'il est encore nourrisson, la famille s'installe à Léopoldville.
Son père, ancien soldat qui a combattu dans l'armée belge pendant la Seconde Guerre mondiale, est devenu chasseur. Sa mère est pleureuse professionnelle, élément traditionnel essentiel des soirées funéraires ou veillées mortuaires. En entraînant régulièrement son fils avec elle, elle l'initie à la musique et au chant, ce qui très tôt passionne l'enfant. Il cultive une voix de ténor particulière et devient chanteur en suivant les traces de sa mère. Néanmoins, son père est opposé à ce que son fils devienne musicien et rêve pour lui d'une carrière de journaliste ou d'avocat.
Au milieu des années 1960, il est élève à l'École Pigier à Kinshasa et est chanteur dans la chorale religieuse, en dehors de l'école. En 1966 disparaît le père de Papa Wemba, il s'oriente alors vers la musique populaire kinoise dans son quartier de Matonge, le berceau de la musique congolaise, et prend le pseudonyme de « Jules Presley ».
En 1969, il est le cofondateur de Zaïko Langa Langa avec Jossart N'Yoka Longo, Evoloko, Pépé Felly et Andy Bimi Ombalé (venu du groupe Stukas). Il quitte le groupe en 1974 pour fonder Isifi Lokolé (en), puis Yoka Lokolé avec entre autres Mavuela et Mbuta Mashakado. En 1977, il fonde Viva La Musica avec sa maîtresse Shagi Sharufa.
À la fin des années 1970, Papa Wemba est un des représentants les plus célèbres du mouvement de la SAPE.
En 1980, il sort son premier succès panafricain Analengo. En 1986, il s’installe en France et débute dans le cinéma avec La vie est belle. En 1989, il se fait connaître aux États-Unis grâce à la revue Africa Oyé. En 1980, il fait le tour de l’Afrique avec son tube Analengo, qui se vend à 60 000 exemplaires.
En 1988, Papa Wemba fait une tournée internationale, du Japon aux États-Unis en passant par l'Europe, notamment en Belgique. Au milieu des années 1990, il fait la connaissance de l'homme qui va donner un second souffle à sa carrière musicale, Peter Gabriel. Il assure la première partie de sa tournée américaine et européenne en 1993. Papa Wemba a alors beaucoup de succès en matière de world music, avec des titres comme Maria Valencia, Yolele, Sofélé...
Il est le deuxième artiste congolais (le premier étant Tabu Ley Rochereau) à signer avec un éditeur musical international, Real World de Peter Gabriel, avec qui il publiera trois albums : Le Voyageur (1992), Emotion (1995), Molokaï (1998).
En 1995, l'album Emotion le révèle au rang des grandes figures de la world music. Deux ans plus tard, Papa Wemba est déclaré meilleure vedette africaine aux Kora 1997.
L'album Molokaï, sorti en juin 1998, est le troisième album de Papa Wemba sur le label Realworld.
En 1999, il se produit au Forest National de Bruxelles.
En 2011, il participe au festival Mawazine à Rabat (Maroc).
En 1987, Papa Wemba est l'acteur principal du film belgo-zaïrois La vie est belle, de Ngangura Dieudonné Mweze et Benoît Lamy, et en compose une bonne partie de la bande originale.
Papa Wemba apparaît également en 1997 dans Combat de fauves de Benoît Lamy.
En 2012, Papa Wemba joue un petit rôle dans le film dramatique belge Kinshasa Kids de Marc-Henri Wajnberg.
Il meurt le 24 avril 2016 à Abidjan en Côte d'Ivoire d'un malaise cardiaque à l'âge de 66 ans, alors qu'il se produisait à la 9e édition du festival des musiques urbaines d'Anoumabo. Son malaise a été vu par les téléspectateurs en direct à la RTI (télévision ivoirienne).