La pandémie de Covid-19 en France est une crise sanitaire majeure provoquée par la maladie à coronavirus 2019 (Covid-19), une maladie infectieuse émergente apparue fin 2019 en Chine continentale, dont l'agent pathogène est le coronavirus SARS-CoV-2. Déclarée le 11 mars 2020 par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ce virus est à l'origine d'une pandémie mondiale qui affecta tous les continents.
En France, la pandémie de Covid-19 est associée à une surmortalité journalière de 33 % entre le 1er mars et le 30 avril 2020, comparativement aux valeurs moyennes des années 2000 à 2019 : « 2 120 décès ont été recensés en moyenne chaque jour par l'état civil, contre 1 590 en moyenne entre 2000 et 2019 ». Cette épidémie est plus meurtrière que les épidémies de grippe saisonnière du XXIe siècle en France. Depuis la grippe espagnole de 1918, jamais une épidémie n'avait fait autant de décès en France.
Pour freiner la formation de nouveaux foyers de contagion et préserver les capacités d'accueil de ses hôpitaux, la France, comme de nombreux pays, décide des mesures de confinement et l'annulation des manifestations sportives et culturelles. À la mi-mars 2020, afin de stopper la diffusion exponentielle du coronavirus et pour réduire le plus possible le nombre de personnes atteintes et donc de morts, la population est confinée à domicile et tous les lieux recevant du public considérés comme non indispensables à la vie du pays sont fermés. Les mesures de confinement sont levées entre la mi-mai et la mi-juillet. Puis, avec une nouvelle augmentation du nombre de cas, dans une période allant de novembre 2020 à juin 2021, deux confinements sont déclarés, ainsi que des couvre-feu. Ces décisions ont des conséquences économiques, sociales et environnementales, et font peser des incertitudes et des craintes sur l'économie française et sur l'éducation, la santé et les droits fondamentaux de la population.
En 2021, la pandémie de Covid-19 en France prend une autre tournure avec l'émergence de variants plus contagieux. Une campagne de vaccination est organisée et, en six mois, la moitié de la population est vaccinée.
Janvier 2020 : détection des premiers cas
En France, les trois premiers cas à partir de la découverte de la maladie sont officiellement recensés le 24 janvier 2020. Il s'agit d'un Français et de deux touristes ayant séjourné à Wuhan, foyer d'origine du virus en Chine centrale. Ces trois personnes sont également les premiers cas annoncés en Europe. Le patient zéro découvert par SOS Médecins Bordeaux est hospitalisé à Bordeaux, les deux patients suivants à Paris. Un représentant en vins, rentré de Chine le 22 janvier, est hospitalisé à l'hôpital Pellegrin de Bordeaux le 23 janvier.
L'un des deux touristes meurt le 14 février 2020 ; âgé de 80 ans et arrivé en France le 23 janvier 2020, cette personne décède dans le service de réanimation de l'hôpital Bichat-Claude-Bernard, à Paris.
Toutefois, il se pourrait que, sur le territoire national, des Français aient été atteints par le coronavirus bien avant et que leurs symptômes aient été alors confondus avec ceux de la grippe. Le 3 mai 2020, le Pr Yves Cohen, chef de deux services de réanimation dans les hôpitaux Avicenne à Bobigny et Jean-Verdier à Bondy, déclare qu’en effectuant a posteriori des tests PCR sur les échantillons prélevés chez les patients atteints de pneumonie en décembre et janvier, leurs équipes ont découvert le cas d'une personne positive à la Covid-19 le 27 décembre 2019, âgée de 43 ans et qui n'avait pas voyagé. Le 6 mai 2020, le Dr Michel Schmitt de l'hôpital Albert Schweitzer de Colmar rapporte un cas qui pourrait être attribué à la Covid-19 dès le 16 novembre 2019. Le 15 mai, il est rapporté le cas d'une habitante de Saint-Quay-Portrieux dans les Côtes-d'Armor, âgée de 73 ans, qui aurait contracté la Covid-19 dans un hôtel de l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle, fin novembre 2019, alors qu'elle partait au Mexique avec son mari. Elle a présenté un syndrome grippal au Mexique, elle a été testée positive le 14 mai. Son mari aurait été asymptomatique avec un résultat négatif.
Une étude de l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) parue le 6 février 2021 dans la revue European Journal of Epidemiology, montre que le coronavirus circulait déjà en France dès l'automne 2019.
Février 2020 : premiers foyers de contagion
Le 17 février 2020, douze cas sont confirmés en France.
Le 29 février 2020, 100 personnes sont atteintes du virus et 2 en sont mortes. Le principal foyer de contamination se trouve dans l'Oise avec 36 cas. Les écoles des communes touchées sont fermées. La présence de l'infection en divers points du territoire ne justifie plus le confinement des personnes de retour des zones « à risque », notamment la Chine et l'Italie. L'objectif est dorénavant de freiner la propagation de la maladie sur le territoire français et, pour ce faire, de nouvelles mesures sont prises tant au niveau local que national. Dans l'Oise, les rassemblements sont interdits, les habitants invités à limiter leurs déplacements et les écoles des communes touchées fermées. Au niveau national, les manifestations de plus de 5 000 personnes en milieu fermé sont interdites.
La première occurrence de cas groupés de Covid-19 en France apparaît le 7 février 2020 à la station de ski des Contamines-Montjoie, en Haute-Savoie, avec la découverte de cinq cas de personnes infectées, toutes ressortissantes britanniques, et qui avaient préalablement côtoyé au même endroit un touriste compatriote qui avait lui-même vraisemblablement contracté le virus à Singapour. Les personnes contaminées sont hospitalisées, et les cas contacts dépistés. Parmi les cas, se trouve un enfant ayant fréquenté trois établissements : ceux-ci sont fermés.
Le deuxième cluster apparaît au sein de la base militaire aérienne de Creil, sise dans le département de l’Oise, où l’escadron de transport 3/60 Esterel a participé au rapatriement de 180 Français résidant à Wuhan le 31 janvier.
Dans le même département, et sans qu’il soit possible de faire un lien entre les deux foyers, la France enregistre le premier décès lié à la Covid-19, d’un enseignant au collège Jean-de-La-Fontaine à Crépy-en-Valois, le 25 février 2020.
La presse souligne dès le 3 mars que l'Oise constitue un foyer majeur de propagation du virus en France, vers Paris, sa banlieue nord et la Seine-et-Marne à cinq kilomètres de Crépy-en-Valois, tout premier foyer de France selon Le Parisien avec le 31 mars 24 décès sur les 370 des Hauts-de-France.
La doctrine gouvernementale est le confinement des personnes atteintes ou suspectées de l'être, ceci afin d'éviter le démarrage d'une épidémie. Ainsi, dans l'Oise, 200 membres du personnel hospitalier sont confinés chez eux dès le 26 février et pour une durée de 14 jours après le passage dans les hôpitaux de Compiègne et de Creil, de 2 patients infectés. À l'hôpital Tenon, à Paris, trois personnels de soins sont testés positifs, contaminés à la suite de l'admission le 21 février d'un patient de l'Oise reconnu comme atteint par la Covid-19 six jours plus tard. Une cinquantaine de leurs collègues sont placés en confinement à domicile.
Un rassemblement évangélique de l'Église Porte ouverte chrétienne a lieu du 17 au 21 février à Mulhouse dans le Haut-Rhin. Il réunit, durant cinq jours, de 2 000 à 5 000 personnes, essentiellement françaises, mais aussi des Belges, des Allemands et des Suisses. Considéré comme l'un des foyers épidémiques majeurs de propagation du virus en France, plus d'un millier de fidèles y ont été contaminés. Les fidèles, en retournant chez eux, la plupart peu symptomatiques, ont participé à l'essaimage du virus, par exemple à Ajaccio, Agen, Belfort, Besançon, Briançon, Dijon, Mâcon, Orléans, Paris, Saint-Lô, Strasbourg.