Ce Jour-là

Palestine mandataire

État sous mandat d’administration britannique de la Société des Nations, de 1920 à 1948

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La Palestine mandataire, ou Palestine sous mandat britannique, est le statut politique proposé par la Société des Nations (SDN) en 1920 pour la Palestine (faisant antérieurement partie de l’Empire ottoman). Il n'est effectif qu'à partir de 1923 et prend fin en 1948.

Le 25 avril 1920, la conférence de San Remo, après avoir décidé que les territoires arabophones de l'Empire ottoman, partie des Empires centraux défaits au cours de la Première Guerre mondiale, ne seraient pas restitués à la Turquie, adopte une résolution attribuant au Royaume-Uni un mandat sur la Palestine. Il ne s'agit que d'un mandat provisoire, appelé à être confirmé par la SDN, qui précise qu'à l'est du Jourdain, certaines de ses dispositions pourraient ne pas être applicables sous réserve de l'approbation de la SDN, mais les Britanniques décident de le mettre en œuvre dès le 1er juillet. Le 8 décembre 1920, les Britanniques déposent leur projet de mandat définitif. Le Conseil de la Société des Nations l'approuve le 24 juillet 1922.

Entre 1920 et 1923, le mandat sur la Palestine comprenait les territoires actuels de la bande de Gaza, d'Israël (à l'exception du plateau du Golan), de la Cisjordanie, et du royaume hachémite de Jordanie.

Le 16 septembre 1922, le Conseil de la SDN vote une résolution agréant la proposition de la part du Royaume-Uni d’exclure la Transjordanie (futur royaume hachémite de Transjordanie, créé en mai 1946) de l’ensemble du territoire du mandat, et le mandat définitif entre en vigueur le 29 septembre 1923. Ses termes exacts et sa délimitation ont été l’objet de tractations entre Britanniques, Français et habitants de Palestine (de toutes religions) dans le contexte des différents accords et promesses passés entre eux. Le mandat a pour objectif la mise en place en Palestine d’un « foyer national pour le peuple juif, étant clairement entendu que rien ne devrait être fait qui puisse porter atteinte aux droits civils et religieux des communautés non juives existant en Palestine, ou aux droits et au statut politique dont jouissent les juifs dans tout autre pays », selon les termes de la déclaration Balfour de 1917.

La population de la Palestine passe de 525 000 musulmans, 60 000 Juifs (selon Justin McCarthy, Henry Laurens et Nadine Picaudou) et 70 000 chrétiens en 1914, à 1 181 000 musulmans, 630 000 juifs et 143 000 chrétiens en 1947, peu avant la fin du mandat.

La Palestine mandataire fut le terrain d'un conflit de plus en plus violent entre Arabes et Juifs palestiniens dont les revendications nationalistes respectives ne purent aboutir sous le mandat britannique. Ainsi éclata la grande révolte arabe de 1936-1939 en Palestine mandataire.

Après la Seconde Guerre mondiale, l'Organisation des Nations unies (ONU) remplace la SDN et le système de tutelle celui du mandat. Le 25 mai 1946, le Royaume hachémite de Transjordanie est créé. En février 1947, face aux grandes difficultés qu'ils rencontrent sur le terrain avec la révolte juive en Palestine (en) depuis 1944, les Britanniques demandent à l'ONU de débattre de la question de la Palestine et du devenir de leur mandat. Le 29 novembre 1947, l’Assemblée générale de l'ONU approuve par le vote de sa résolution 181 le plan de partage de la Palestine élaboré par le Comité spécial des Nations unies sur la Palestine (UNSCOP) et la fin du mandat, programmée au 15 mai 1948. Le plan de partage est cependant rejeté par la majorité des Palestiniens arabes et une petite partie de l'opinion juive.

Quelques heures avant la fin du mandat, l'indépendance de l'État d'Israël est proclamée, le 14 mai 1948 à Tel Aviv, par le conseil du Yichouv, présidé par David Ben Gourion. Le 15 mai est le dernier jour de la présence de l'administration mandataire, avec le départ effectif du dernier Haut-commissaire, le général Alan Gordon Cunningham. La déclaration d'indépendance et le départ des forces d'interposition britanniques entraînent la guerre israélo-arabe de 1948-1949.

Origines et mise en place du Mandat

Le texte du mandat est formellement confirmé par la Société des Nations le 24 juillet 1922 et prend effet le 29 septembre 1923. Le mandat a pour but de rendre effectifs l'article 22 du pacte de la Société des Nations et les résolutions de la conférence de San Remo du 25 avril 1920. Le préambule reconnait la responsabilité du Royaume-Uni dans l'application de la déclaration Balfour de 1917, en accord avec les principales puissances alliées, afin de favoriser l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif.

Le mandat est un instrument juridique et administratif. Les accords de San Remo ne définissent pas précisément de frontières au mandat. En août 1919, selon Arthur Balfour, la Palestine comprend des territoires à l'est du Jourdain. La proposition britannique à la conférence de 1919 propose de fixer la séparation à 10 km de cette rivière. La frontière nord du mandat, celle du Liban, est définie selon les accords franco-britanniques de 1920 puis est modifiée avec l'accord Paulet-Newcombe de 1922. La frontière sud reste inchangée depuis les accords entre l'Égypte et l'Empire ottoman de 1906 ; celle de la Transjordanie reste indéterminée jusqu'à son tracé par Winston Churchill en 1921, puis est définie par les accords de Hadda pour l'unification de l'Arabie saoudite. La frontière de la Transjordanie avec l'Irak est déterminée en 1922 et formellement documentée en 1932. Le gouvernement turc renonce au territoire de la Palestine avec la signature du traité d'Ankara en 1921.

La liberté de conscience et la liberté de culte sont garanties par l'autorité mandataire selon l'article 15 du mandat.

Durant la Première Guerre mondiale, les Britanniques cherchent auprès des Arabes un soutien pour mener leur offensive contre l’Empire ottoman à partir de l’Égypte. L’officier britannique Thomas Edward Lawrence, connu plus tard en tant que « Lawrence d’Arabie », est chargé de la prise de contact et des négociations avec les Arabes, qui se révoltent à la suite des promesses écrites (correspondance Hussein-MacMahon de 1915) faites par Henry McMahon à Hussein ibn Ali en 1915. En parallèle, les Britanniques et les Français se partagent en secret le Proche-Orient dans le cadre des accords Sykes-Picot signés en 1916.

Les accords Sykes-Picot poussent un certain nombre de familles arabes à adopter une perspective pan-islamiste et nationaliste arabe. Certains nationalistes arabes rejettent la nouvelle administration britannique, avec un sentiment « anti-européen et anti-chrétien ».

Le territoire de la Palestine prévu par les occidentaux pour accueillir le « foyer national juif » ne reçoit pas d'objection d'Hussein ben Ali lors des négociations avec les Britanniques. La déclaration Balfour de 1917 reconnaît de jure cette décision qui sera reconnue en 1920 par les grandes puissances de l'époque puis à nouveau en 1922. Selon les historiens, plusieurs raisons expliquent la décision occidentale. Les Arabes de Palestine ne sont pas consultés puisqu'ils ont combattu contre les Alliés au sein des forces ottomanes lors de la Première Guerre mondiale et n'étaient pas une entité reconnue ou souveraine du territoire, parmi d'autres raisons.

Le corps expéditionnaire britannique, commandé par le général Edmund Allenby, comprenant notamment les volontaires juifs de la Légion juive, repousse hors de Palestine les forces ottomanes et allemandes avec le soutien des forces arabes d’Hussein, qui prennent Damas. Le 11 décembre 1917, le général Allenby entre à Jérusalem à la tête de ses troupes. et les forces ottomanes se rendent aux Britanniques.

Après la guerre, de nouvelles organisations politiques sont créées par la nouvelle génération arabem et défendent le panarabisme (Grande Syrie) et rejettent les projets britanniques. Les traités et arrangements conduisent à une radicalisation du monde arabe, ainsi que de la population arabe de la Palestine selon notamment Henry Laurens.

Dès la fin de la guerre, les représentants des organisations sionistes mettent en place en Palestine les structures de base d'un « foyer national juif ».

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