Pâques est la fête la plus importante et la plus anciennement attestée du christianisme. Elle commémore la Résurrection de Jésus, que le Nouveau Testament situe le surlendemain de la Passion, c'est-à-dire le « troisième jour ». La solennité, précédée par la Semaine sainte, dernière partie du Carême, commence dans la nuit qui précède le dimanche de Pâques, par la veillée pascale.
Attestée depuis le IIe siècle, Pâques plonge ses racines dans la Pâque juive (Pessa'h), qui commémore la sortie d'Égypte du peuple hébreu. Pour les chrétiens, qui reconnaissent en Jésus le Messie, Pâques commémore sa résurrection trois jours après la Cène (célébrée le Jeudi saint), dernier repas qu'il a pris avec ses disciples le jour de la Pâque juive, la veille de sa Passion, selon le Nouveau Testament.
Dans la théologie chrétienne, la mort et la résurrection de Jésus-Christ, fils de Dieu, rachètent l'homme et le délivrent de l'esclavage du mal et du péché. Le sens de Pâques est la victoire de la vie sur la mort.
La date de Pâques est fixée par le concile de Nicée au premier dimanche après la première pleine lune qui suit le 21 mars. Les Églises occidentales, qui ont adopté le calendrier grégorien, célèbrent souvent Pâques à une date différente de celle des Églises orthodoxes, qui elles se réfèrent toujours au calendrier julien. Le décalage peut aller jusqu'à cinq semaines selon les années.
Dans de nombreuses cultures antiques païennes, au printemps, on fête la lumière, la renaissance de la nature après les longs mois d'hiver, ce qui est parfois symbolisé par le retour ou le réveil d'une divinité. Au Proche-Orient, comme leurs ancêtres cananéens, les Hébreux et leurs voisins babyloniens, mésopotamiens offrent à leurs dieux les prémices (bikkourim) de leur moisson.
En 725 en Grande-Bretagne, Bède le Vénérable mentionne la déesse Éostre qui symbolise le renouveau et annonce le printemps. Des rites étaient célébrés en son honneur à ce moment de l'année. Les noms anglais et allemand de Pâques, Easter et Ostern auraient dérivé de son nom, qui comme « aurore » signifie « qui se lève à l'est ».
Le substantif « Pâques » est — comme le féminin singulier « Pâque » — un emprunt au latin chrétien pascha, un substantif neutre pluriel traité comme un féminin singulier. Le latin Pascha est lui-même emprunté au grec Πάσχα / Páskha et celui-ci — par l'intermédiaire de l'araméen pasḥa — à l'hébreu biblique pesaḥ qui serait dérivé du verbe pasaḣ qui signifie « passer devant, épargner » car, selon la Bible, les Israélites avaient reçu l'ordre de sacrifier un agneau indemne de toute tare et d'en badigeonner le sang sur les montants de leurs portes afin que les puissances qui viendraient détruire les premiers nés égyptiens lors de la dixième plaie, passent devant ces portes sans s'y arrêter pour tuer les enfants. Chaque année, les juifs commémorent cet événement lors de la fête de Pessa'h. La Passion du Christ s'étant déroulée, selon les évangiles, durant ces célébrations, le christianisme a investi cette fête et sa symbolique, le Christ devenant l'Agneau pascal immolé pour sauver l'humanité de ses péchés.
Le pluriel de Pâques ne fait pas référence à une pluralité de dates. La langue française distingue en effet la Pâque juive (Pessa'h) et la fête chrétienne de Pâques. La première commémore la sortie d'Égypte et la liberté retrouvée des enfants d'Israël sous le règne des pharaons.
La fête chrétienne commémore à la fois la dernière Cène et l'institution de l'eucharistie, la Passion du Christ et sa résurrection. Elle fait également mémoire du passage (Pessa'ḥ) du peuple hébreu de la mer Rouge, seule lecture de l'Ancien Testament qui soit obligatoire lors de la Veillée pascale. C'est seulement après le XVe siècle que la distinction sémantique a été marquée par la graphie entre Pasque (ou Pâque) désignant la fête juive et Pasques (ou Pâques) désignant la fête chrétienne.
Pâques est la première fête célébrée dans les calendriers liturgiques chrétiens ; elle est attestée dès le IIe siècle. Elle commémore la dernière Cène, la Passion et la résurrection du Christ, événements dont les évangiles synoptiques situent le déroulement lors des festivités de la Pâque juive à Jérusalem, un vendredi 15 Nissan du calendrier hébraïque, alors que l'évangile selon Jean situe la crucifixion de Jésus un vendredi 14 Nissan.
La célébration de la résurrection du Christ se situe au cœur de la foi chrétienne. C'est aussi la fête chrétienne la plus ancienne et la fête centrale de l’année liturgique. La Résurrection du Christ est l’accomplissement des promesses faites par Dieu à son peuple. C’est pourquoi la fête de Pâques, célébrée par une messe solennelle, est le sommet du calendrier liturgique chrétien.
Dieu envoie son Fils unique Jésus pour racheter l’homme, pour l’extirper par sa passion de l’esclavage du mal, et pour pardonner ses péchés (I Corinthiens 15, 3 et Colossiens, 1, 14). C'est le mystère de la rédemption.
La résurrection de Jésus scelle la victoire de la vie sur la mort.
La théologie catholique de la fête de Pâques est professée clairement (lex orandi, lex credendi) dans les différentes préfaces des messes du temps pascal. Chacune reprend initialement l'affirmation de Paul : « le Christ, notre Pâque a été immolé. » (I Corinthiens, 5, 7). Puis la première préface continue par : « C'est lui l'Agneau véritable qui a enlevé les péchés du monde, qui en mourant a détruit la mort, et en ressuscitant a restauré la vie. » Tandis que la troisième poursuit par : « Il ne cesse de s'offrir pour nous et nous défend auprès de vous comme un avocat infatigable. » Enfin la cinquième se continue par : « Par l'oblation de son corps, il a, dans la vérité de la Croix, mené à leur achèvement les sacrifices anciens et s'offrant à nous pour notre salut, il se révéla à la fois prêtre, autel et victime. »
Dans la Dogmatique de Karl Barth, Pâques appartient à une parousie en trois temps. Karl Barth distingue ces trois moments : la première figure de la parousie est pour lui l'« événement pascal », autrement dit la Résurrection de Jésus ; la deuxième, ou « figure médiane », est le « don de l'Esprit saint » lors de la Pentecôte, l'effusion de l'Esprit à l'Église ; la troisième, la « dernière figure », est la seconde venue du Christ, c'est-à-dire la parousie au sens strict, qui signifie l'« arrivée de Jésus-Christ en tant que finalité de l'histoire de l'Église, du monde et de chaque homme ». Cette triple manifestation divine ne doit pas être décomposée en trois événements distincts ; elle doit au contraire être appréhendée dans son unité.
Pâques est la solennité la plus importante (juste devant Noël) de l'Église catholique, c'est-à-dire qu’il était traditionnellement obligatoire de chômer, d'assister à la messe et d'y communier après s'être confessé. Elle est la première des cinq fêtes cardinales de l'année liturgique catholique.
La liturgie spécifique à Pâques commence par la vigile pascale, célébration aussi respectée par certains anglicans et luthériens. Souvent, la vigile pascale est l'occasion, pour les croyants, de recevoir le sacrement du baptême ou de la confirmation. La nuit du matin du dimanche de Pâques se déroulent l'allumage du feu nouveau du cierge pascal, la bénédiction des fonts baptismaux, la lecture des prophéties et le chant des litanies des saints. Normalement, Pâques est le jour de l'année que choisissent les fidèles qui ne vont à la messe qu'une fois par an pour communier (d'où l'expression « faire ses Pâques »), ce qui leur impose d'aller se confesser au préalable. Depuis le Jeudi saint, il n'y a pas eu d'eucharistie, seulement la célébration de la Passion du Seigneur du Vendredi saint, avec distribution d'hosties consacrées le jour d'avant. Symboliquement, pour les chrétiens, la veillée pascale et son cierge traduisent la résurrection du Christ et le renouvellement solennel de l'engagement de leur baptême.
Lorsque le jour est levé, s'ensuit la messe de la Résurrection. Le Christ rédempteur a vaincu le péché, le démon et la mort. Jésus-Christ s'est fait l'agneau de Dieu, l'Agnus Dei sacrifié lors de la crucifixion, et qui enlève les péchés du monde par sa mort et sa résurrection. Cette messe de Pâques exprime l'apex de toute l'année liturgique des catholiques, car elle leur rappelle leurs devoirs de chrétiens grâce à ce renouveau spirituel. Pâques est aussi l'une des rares occasions pour le pape de prononcer la bénédiction Urbi et orbi. Enfin, ce dimanche vient clore le triduum pascal et commence le temps pascal.