Le 8 septembre 1900, l'ouragan de Galveston atteint le continent américain à la hauteur de la ville côtière de Galveston dans l’État du Texas. Ses vents atteignent une vitesse de 233 km/h. Mesuré avec l’échelle de Saffir-Simpson, ce cyclone tropical est rangé dans la catégorie 4. Il a causé des dégâts massifs et fait entre 6 000 et 12 000 victimes, le nombre le plus souvent cité étant de 8 000 personnes. Il s'agit du troisième ouragan atlantique le plus meurtrier après le Grand ouragan de 1780 et l'ouragan Mitch de 1998. Comme ces derniers n'ont pas affecté les États-Unis, l'ouragan de Galveston est toujours le cyclone tropical le plus meurtrier (au moins 8 000 morts) de l'histoire de ce pays, et c'était le troisième plus coûteux jusqu'en 2010.
Aucune nomenclature pour les ouragans n'existait au moment de l'ouragan de Galveston, il ne possède donc pas de nom officiel et il est souvent appelé de façon variable. Les désignations les plus fréquentes sont le Galveston Hurricane of 1900, le Great Galveston Hurricane et, dans les documents plus anciens, le Galveston Flood. L'ouragan Katrina qui a détruit une partie de La Nouvelle-Orléans fin août 2005 et l'ouragan Rita, qui l'a suivi peu de temps après, sont souvent comparés à l'ouragan de Galveston.
À la fin du XIXe siècle, la ville de Galveston était un port en pleine expansion avec une population de 42 000 résidents. Sa position sur le golfe du Mexique, à la sortie de la baie de Galveston, en faisait un centre de commerce et la plus grosse ville du Texas. Dans l'euphorie, peu d'attention était portée aux tempêtes qui pouvaient surgir des eaux chaudes du Golfe même si, en 1875, la ville toute proche d'Indianola, la deuxième ville du Texas, avait été presque détruite par un premier ouragan et finalement abandonnée après un second en 1886. Quelques-uns des résidents de Galveston avaient cependant vu là une leçon sur les dangers que présentait la position de la ville sur une île relativement plate, en fait une barre de sable, le long de la côte. Ils demandèrent la construction d'un mur de protection, aussi appelé ouvrage longitudinal ou digue, le long de la côte mais la majorité de la population et la mairie n'en avaient cure.
On leur opposa le fait que, depuis la fondation en 1839, plusieurs tempêtes tropicales avaient frappé la ville sans causer de problèmes majeurs. La population en général croyait qu'aucun ouragan ne pourrait être pire que ceux déjà vécus et même le directeur local du Weather Bureau (maintenant le National Weather Service), Isaac Cline, déclara en 1891 dans le Galveston Daily News que la construction d'un mur de protection n'était pas nécessaire et qu'il serait impossible à un ouragan de grande force de frapper l'île. Le mur ne fut donc pas construit et le développement de l'île continua. Les dunes le long de la côte furent utilisées pour aplanir les dépressions de la ville. Ceci enleva les dernières protections de la ville face au Golfe, la rendant encore plus vulnérable aux tempêtes.
Comme pour la plupart des ouragans puissants, les météorologues modernes pensent que l'ouragan qui frappa Galveston a eu son origine autour des îles du Cap-Vert au large de l'Afrique sous la forme d'une onde tropicale. Mais en cette fin du XIXe siècle, les données météorologiques étaient assez disparates, en particulier sur les océans. Les navires n'avaient pas encore de télégraphie sans fil, en cours de développement par Marconi, et leurs observations n'étaient disponibles qu'à leur arrivée au port. Il est donc impossible d'être sûr de son origine.
Le premier rapport signalant le précurseur de l'ouragan fut celui d'un navire qui signala le 27 août 1900 un temps « incertain » à 1 600 km à l'est des Îles Sous-le-Vent. Trois jours plus tard, Antigua signala que des orages violents venaient de passer, suivis d'un temps chaud, humide et sans vent, signes souvent associés avec un cyclone tropical. Le 1er septembre, des observateurs du Weather Bureau américain rapportèrent une tempête modérément forte, mais pas un ouragan, au sud-est de Cuba.
Le 4 septembre, le bureau de Galveston du Weather Bureau commença à recevoir des avertissements du quartier-général de Washington, D.C. qu'une tempête tropicale était en train de passer à Cuba. Cependant, les rapports ne précisaient ni où la tempête se trouvait ni sa trajectoire. Les conditions sur le golfe du Mexique étaient propices à un développement du système : très peu de nuages au cours de plusieurs semaines avaient permis à la température de l'eau d'être « aussi chaude que l'eau d'un bain ». Ceci donnait largement assez de chaleur et d'humidité pour que la tempête tropicale passe au stade d'ouragan en quelques jours et continue de se renforcer.
La tempête fut signalée au nord de Key West le 6 septembre et tôt le vendredi matin du 7, le Weather Bureau de La Nouvelle-Orléans émit un message rapportant de très grands dommages le long de la côte de Louisiane et de l'État du Mississippi. Ce rapport ne fut pas très largement diffusé car les lignes télégraphiques avaient été endommagées par l'ouragan ; le bureau de Washington put quand même émettre une alerte de tempête de Pensacola (Floride) à Galveston.
L'après-midi du 7 septembre, une forte houle du sud-est fut observée le long de la côte du Golfe et les nuages élevés commencèrent à s'épaissir, se dirigeant vers le nord-est, deux signes avant-coureurs d'un ouragan en approche depuis l'est. Le bureau de Galveston fit monter le drapeau à carré double signifiant qu'un ouragan était prévu. Le navire Louisiana rencontra l'ouragan à 13 h ce jour-là, un peu après son départ de La Nouvelle-Orléans. Le capitaine Halsey estima les vents à 160 km/h, ce qui correspond à un ouragan de catégorie 2.
Les prévisionnistes du Weather Bureau estimaient que l'ouragan voyagerait vers le nord-est en se dirigeant vers les États de la côte Mid-Atlantic. Pour eux, la tempête semblait avoir commencé « une longue courbe qui l'amènerait d'abord vers la Floride, puis vers le nord-est pour ressortir dans l'océan Atlantique. » Par contre, les météorologues de Cuba prévoyaient une trajectoire vers l'ouest et l'un d'eux prédit que l'ouragan se dirigeait vers le centre du Texas, près de San Antonio.
Tôt le lendemain, la houle déferlait toujours même si les nuages s'étaient fragmentés. Le temps semblait si ordinaire que peu des résidents de Galveston crurent les alertes et évacuèrent la côte par les ponts vers le continent, même si la pluie commença en milieu de matinée. Isaac Cline, le chef du bureau météorologique, prétend dans ses rapports qu'il alla sur les plages et autres endroits exposés au inondations pour avertir les gens de l'approche de la tempête mais des doutes ont été émis récemment car aucun survivant ne peut le corroborer. Le rôle de Cline reste un sujet de controverse : ses supporteurs pointent l'alerte à l'ouragan qu'il a émise sans permission du bureau de Washington mais ses détracteurs lui reprochent ses prises de position sur le mur de protection et sur son évaluation du risque posé par un ouragan.
En début d'après-midi du 8 septembre, les vents du nord-est étaient très vifs et vers 17 h le bureau météorologique nota qu'ils avaient atteint la force d'ouragan. Le vent le plus fort noté était de 160 km/h, un record, et l'anémomètre du bureau fut ensuite soufflé. Le soir et la nuit suivante, le vent tourna à l'est puis au sud-est avec le passage de l'œil de ouragan. Ce passage s'est effectué vers 20 h ; il fut alors estimé que les vents maximaux étaient de 190 km/h mais une évaluation postérieure les augmenta au niveau des vents d'un ouragan de catégorie 4. La pression minimale notée fut de 964,4 hPa, ce que l'on considéra comme une erreur à l'époque parce qu'on avait jamais rien vu de si bas ; mais des estimations modernes la placeraient plutôt entre 936 et 930,9 hPa.
L'un des derniers messages à être transmis de Galveston était du frère de M. Cline. À 15 h, il rapporta que la moitié des rues de la ville étaient inondées et regretta plus tard de ne pas avoir envoyé un autre message quand la ville au complet se retrouva sous les flots mais que le télégraphe fonctionnait toujours.