Ce Jour-là

Ossip Mandelstam

Poète et essayiste russe (1891-1938)

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Ossip Emilievitch Mandelstam (en russe : О́сип Эми́льевич Мандельшта́м), né le 3 janvier 1891 (15 janvier dans le calendrier grégorien) à Varsovie et mort le 27 décembre 1938 à Vladivostok, est un poète et essayiste russe.

Il est l'un des principaux représentants de l'acméisme, dans la période dite de l'âge d'argent que la poésie russe connaît peu avant la révolution d'Octobre.

Il écrit en 1933 une Épigramme contre Staline, qui lui vaut arrestation, exil, et finalement mort durant sa déportation vers la Kolyma au camp de transit de Vladperpunkt adjoint à la gare de Vtoraïa Retchka à Vladivostok.

Ossip Mandelstam naît dans une famille juive peu pratiquante. Son père est un commerçant en maroquinerie et sa mère enseigne le piano. Il est élevé par des tuteurs et des gouvernantes.

À Saint-Pétersbourg, il suit les cours de la prestigieuse école Tenichev (1900-1907). D'octobre 1907 à mai 1908, il est étudiant à la Sorbonne à Paris où il suit les cours de Joseph Bédier et d'Henri Bergson qui auront une influence sur son œuvre future. Il y découvre la poésie de Verlaine. Ne pouvant rentrer à l'université de Saint-Pétersbourg en raison des quotas limitant les inscriptions des étudiants juifs, il part en septembre 1909 pour l'Allemagne, où il étudie la littérature française ancienne et l'histoire de l'art à l’université de Heidelberg (jusqu'en 1910).

De 1911 à 1917, il étudie la philosophie à l’université de Saint-Pétersbourg où il a pu s'inscrire après s'être fait baptiser, en 1911, selon le rite méthodiste-épiscopal, marginal en Russie tsariste.

Mandelstam est membre de la Guilde des poètes à partir de 1911. Ses premiers poèmes paraissent en 1910 dans la revue Apollon.

Il a une courte liaison avec Marina Tsvetaïeva de janvier à juin 1916.

Il se lie avec Boris Pasternak (lors des funérailles de Lénine).

Avec Anna Akhmatova et Mikhaïl Kouzmine, il est l'une des principales figures de l'école acméiste fondée par Nikolaï Goumilev et Sergueï Gorodetski.

En définissant l'acméisme comme « la nostalgie de la culture universelle », il donne la clef de sa propre poésie, qui actualise par la musique du mot l'univers intemporel de la culture pérenne où celui-ci plonge ses racines.

Il rejette le symbolisme russe. C'est pourquoi dans son œuvre une place centrale est accordée au mot considéré comme phénomène acoustique et aussi comme réalité architecturale : « les mots sont des pierres, "voix de la matière" autant que matière de la voix ».

Ses nombreux textes en prose gravitent autour des trois recueils qu’il a écrits : Pierre (en russe «Камень», Kamen), avec lequel il obtient la reconnaissance, paru en 1912, Tristia en 1922, qui confirmera son statut de poète, dont l'œuvre annonce avec une ironie tragique, par la référence à Ovide, l’exil au cours duquel il écrira en 1935 et 1937 Les Cahiers de Voronèj, son œuvre ultime.

Dans La Quatrième prose, il réplique de façon virulente à une accusation de plagiat dont il est victime. À travers son accusateur, Arkadi Gornfeld (en) (1867-1941), c'est le groupe littéraire stalinien qu'il vise. Mandelstam exprime ses convictions les plus profondes sur la nature du travail littéraire avec un style tournoyant où le sens poétique décomplexé scrute à la surface une prose surprenante.

L'œuvre de Mandelstam a influencé de nombreux poètes, parmi lesquels Paul Celan qui lui dédie son recueil La Rose de personne, André du Bouchet ou Philippe Jaccottet et, parmi les plus jeunes, Serge Venturini qui lui dédia son premier livre.

Ossip Emilievitch Mandelstam, malgré toutes les circonstances malheureuses, ne cessa jamais d’être poète.

Dans les années 1920, Mandelstam pourvoit à ses besoins en écrivant des livres pour enfants et en traduisant des œuvres d'Upton Sinclair, de Jules Romains, de Charles De Coster, entre autres. Il ne compose pas de poèmes de 1920 à 1925 et se tourne vers la prose.

O. Mandelstam se voit comme un marginal et établit un parallèle entre son sort et celui de Pouchkine. La préservation de la culture traditionnelle prend pour lui un rôle central et les autorités soviétiques mettent en doute – à raison – sa loyauté vis-à-vis du régime bolchevique.

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