Ce Jour-là

Oskar Lafontaine

Politicien allemand

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Oskar Lafontaine [ʔɔs.kaʁ la.fɔ̃.tɛn] (en allemand : [ˌʔɔs.kʰaɐ̯ ˈla.fɔn.tʰɛːn]) est un homme politique allemand, né le 16 septembre 1943 à Sarrelouis, membre fondateur et ancien coprésident de Die Linke, auparavant adhérent du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) qu'il a présidé de 1995 à 1999.

Il est élu maire de Sarrebruck en 1976, et président du SPD de Sarre en 1977. Il remporte la majorité relative aux élections régionales trois ans plus tard mais ne peut gouverner du fait du maintien de la coalition noire-jaune au pouvoir. Figure de la jeune génération du SPD, il s'oppose avec Erhard Eppler à l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) lors de la Crise des euromissiles en 1979-1982, et donc à Helmut Schmidt, puis s'impose aux régionales de 1985 avec la majorité absolue, après trente années de gouvernement du centre droit.

Il est proposé deux ans plus tard comme successeur à la présidence du SPD par Willy Brandt, une offre qu'il refuse avant de devenir responsable de la redéfinition du programme du parti, dont la nouvelle version, qui prône une introduction de l'écologie dans l'économie, sera présentée en décembre 1989. L'année suivante, après son éclatante victoire en Sarre avec 54 % des voix, il est désigné candidat social-démocrate à la chancellerie face à Helmut Kohl, et remet en cause les conditions de la réunification allemande. Au cours de la campagne, il est victime d'un attentat au couteau dont il réchappe de peu. Son mauvais score, à savoir 33 % des suffrages, le conduit à renoncer un temps à entrer en politique fédérale.

Il finit par prendre, en 1995, la présidence fédérale du SPD, mais doit s'effacer devant Gerhard Schröder pour la candidature à la chancellerie dans le cadre des élections fédérales de 1998. À la suite du scrutin, Schröder prend le pouvoir à la tête d'une coalition rouge-verte dans laquelle Lafontaine est ministre fédéral des Finances. Partisan d'une politique keynésienne, ses divergences de vue avec ses collègues de l'Union européenne et le chancelier le conduisent à la démission quatre mois et demi plus tard.

Il finit par quitter le SPD en 2005, quelques mois avant les élections fédérales anticipées, pour prendre la direction de l'Alternative électorale travail et justice sociale, un parti regroupant les déçus de la social-démocratie, qui fusionne en 2007 avec le PDS pour devenir le parti Die Linke. Lafontaine est élu coprésident de ce dernier parti, en tandem avec Lothar Bisky. Au Bundestag, il copréside le groupe parlementaire aux côtés de Gregor Gysi.

En 2009, il emmène la campagne du parti aux élections régionales de Sarre, où il se classe troisième avec 21 % des voix. Il est réélu peu après député fédéral mais renonce à ses fonctions au sein du groupe parlementaire. Il annonce en 2010 que, à la suite d'une opération d'un cancer de la prostate, il renoncera à la coprésidence du parti lors du congrès fédéral convoqué quelques mois plus tard. Il conserve toutefois la présidence du groupe de Die Linke au Landtag de Sarre mais quitte en revanche le Bundestag.

Oskar Lafontaine est le fils d’Hans Lafontaine, boulanger, et de son épouse Katharina Ferner. Il n'a jamais connu son père mort pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a un frère jumeau. Écolier, il fréquente l'internat das Bischöfliche Konvikt des Regino-Gymnasiums à Prüm, dans l'Eifel. Il décroche son Abitur (équivalent du baccalauréat en France) en 1962. Il étudie ensuite à Bonn et Sarrebruck, il est diplômé de physique en 1969. Jusqu'en 1974, il travaille pour la société de transports publics et d'approvisionnement de Sarrebruck et à partir de 1971 en tant que membre de son comité d'administration. De 1982 à 1988, il est marié à la sculptrice Margret Lafontaine ; puis en secondes noces avec Christa Müller dont il est séparé, et dont il a deux fils.

En 2011, il rend publique sa relation avec la députée Sahra Wagenknecht.

Responsable politique du SPD dans la Sarre

Il adhère au Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) en 1966, et entre deux ans plus tard au comité directeur régional dans la Sarre. Député au Landtag de 1970 à 1975, il est adjoint au maire de Sarrebruck de 1974 à 1976, puis devient cette même année maire de la ville pendant neuf ans. En 1977, il est élu président du SPD de Sarre.

Il est désigné en 1980 chef de file social-démocrate pour les élections régionales et arrive en tête du scrutin avec 45 % des voix et 24 députés sur 51, obtenant, à cette époque, le meilleur résultat de l'histoire du SPD dans ce Land. Il ne peut toutefois accéder au pouvoir du fait du maintien de la coalition noire-jaune de Werner Zeyer, qui dispose de 27 sièges. Il se représente cinq ans plus tard et, avec 49 % des voix, décroche 26 élus au Landtag. Le 9 avril 1985, Oskar Lafontaine est investi ministre-président de Sarre.

Candidat à sa propre succession lors du scrutin de 1990, il écrase le ministre fédéral de l'Environnement et chef de file des chrétiens-démocrates, Klaus Töpfer, en recueillant 54 % des suffrages et 30 députés régionaux, soit le meilleur résultat pour un parti depuis le retour du Land à la RFA, en 1957, contre 33 % et 18 élus à la CDU. Lors du scrutin anticipé de 1994, il maintient sa domination grâce à un score de 49 % des voix et 27 élus, battant Töpfer pour la seconde fois. En 1996, Reinhard Klimmt le remplace à la tête de la fédération sociale-démocrate de Sarre.

Il démissionne du gouvernement régional le 9 novembre 1998, dix jours après son entrée en politique fédérale. Klimmt lui succède de nouveau.

Contre l'OTAN dans l'affaire des euro-missiles

Cela se réfère à une décision adoptée par l'OTAN le 12 décembre 1979 visant à moderniser les forces nucléaires de théâtre à longue portée. Ainsi 108 missiles Pershing II et 464 missiles de croisière américains seront déployés en Europe. Oskar Lafontaine, opposé à un tel déploiement, exige tout comme Erhard Eppler que la République fédérale d'Allemagne quitte l'OTAN. Il devient ainsi l'une des voix dissidentes à l'intérieur de son propre parti et notamment contre le chancelier Helmut Schmidt. Cette opposition se cristallise clairement dans la population et au sein des membres du SPD après l'échec des négociations sur le désarmement à Genève en automne 1982.

L'excitation ambiante due à cette affaire aiguisa les critiques de Lafontaine, il affirma notamment : « Helmut Schmidt parle surtout de sentiment de devoir, d'éventualité, de faisabilité, de fermeté. Ce sont des qualités secondaires. Pour être tout à fait efficace, on pourrait aussi utiliser un camp de concentration ». À cause de cette déclaration, il présentera ses excuses à Helmut Schmidt. Son point de vue sur la politique de défense nationale est décrite dans son livre Angst vor den Freunden (Peur face aux amis) sorti en 1983. Selon lui, la stratégie de la dissuasion nucléaire des superpuissances détruit les alliances.

Le 1er septembre 1983, le jour antiguerre, Lafontaine participe avec quelques milliers d'opposants aux armements à une occupation de place qui durera trois jours devant le dépôt militaire américain à Mutlangen, l'endroit précis où il était prévu d'installer les missiles Pershing II. Lors de cette manifestation étaient également présent l'écrivain Heinrich Böll, l'ancien maire de Berlin Heinrich Albertz et quelques autres personnalités.

Idées de programme en tant que membre du SPD

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