Osamu Tezuka (手塚 治虫, Tezuka Osamu), né le 3 novembre 1928 à Toyonaka, dans la préfecture d'Osaka, et mort le 9 février 1989 à Tokyo, est un mangaka, animateur, character designer, producteur, scénariste d'anime.
Travaillant dès ses 19 ans sous le pseudonyme homophone 治虫, dont la lecture osamu mushi rappelle le nom japonais d'un insecte : osamushi (筬虫). Son talent, sa production prolifique et ses techniques font de lui une figure et lui ont valu des titres tels que le père du manga, le parrain du manga ou encore le dieu du manga. De plus, il est souvent considéré comme l’équivalent japonais de Walt Disney.
Auteur prolifique, il a dessiné plus de 170 000 pages au cours de sa carrière. Il a signé environ 700 œuvres et réalisé environ 70 séries animées, téléfilms animés, longs et courts-métrages d'animation. Plus de 120 millions de mangas ont été vendus depuis sa mort en 1989. Son œuvre comprend quatre caractéristiques majeures constantes : le respect de l'environnement naturel, le respect de la vie et de toutes les créatures vivantes, un scepticisme envers la science et la civilisation, et un engagement pour la paix et contre la guerre.
Il fonde les studios Mushi Production puis Tezuka Productions. Les premières séries animées réalisées à un rythme soutenu y sont expérimentées et mises en images. De même, y sont conçues successivement la première série animée japonaise avec une diffusion hebdomadaire, Astro Boy en 1963, et une des premières séries en couleurs, Le Roi Léo en 1965.
Il meurt d'un cancer de l'estomac en 1989. Sa mort a un impact immédiat sur le public japonais et les autres mangakas. Un musée dédié à sa mémoire et à ses œuvres est construit à Takarazuka. Il reçoit de nombreux prix à titre posthume. Plusieurs animations étaient en production au moment de sa mort.
Le prix Tezuka récompense deux fois par an depuis 1971 les talents d'un mangaka pour une œuvre dont le scénario est particulièrement intéressant. Le Prix culturel Osamu Tezuka désigne une récompense remise annuellement au Japon depuis 1997 à un mangaka par le journal japonais Asahi Shinbun.
Osamu Tezuka est né le 3 novembre 1928 à Toyonaka, dans la préfecture d'Osaka. Chose rare pour l'époque, son père possédait un projecteur de films. Les œuvres de Charlie Chaplin et de Disney font très tôt partie de la culture cinématographique du garçon. Très jeune, il est marqué par la vision des dessins animés de Walt Disney et il voue une affection toute particulière au film Bambi. L'influence de Disney apparaît dans le style graphique de Tezuka, rond, généreux et franc, et dans les grands yeux enfantins et très expressifs de ses héros, caractéristique empruntée aux personnages des productions Disney tels que Mickey Mouse et Bambi et reprise ensuite par de nombreux dessinateurs japonais.
La famille de Tezuka s'établit dans la ville de Takarazuka alors que ce dernier est âgé de quatre ans. L’environnement naturel de cette région a sans doute joué une grande influence sur la passion de Tezuka pour la nature. Sa fascination pour les insectes est née là-bas, alors qu’enfant, il parcourt les alentours.
Sa mère l’introduit très jeune à la vie artistique très riche de la ville, réputée pour son théâtre et sa revue. La Takarazuka Revue est un mouvement moderne de théâtre. En opposition au théâtre traditionnel japonais joué exclusivement par des hommes, occupant tous les rôles, même ceux des personnages féminins, la revue de Takarazuka ne fait jouer que des femmes.
Enfant, il ne cesse de dessiner et gagne l'admiration de ses camarades de classe en reproduisant leurs héros de mangas préférés. Il publie très jeune ses premiers mangas en 1946, et décroche à l'âge de 17 ans une place de rédacteur au sein du Shōkokumin Shinbun, où il publiera en janvier 1946 sa première bande dessinée professionnelle, Le Journal de Mā-chan, une série de comic strips, dans le quotidien d'Osaka.
Bien qu'il soit socialement reclus au début de sa scolarité, il finit par devenir très populaire tant auprès de ses camarades qu'auprès de ses professeurs pour sa production de manga.
Une soif d'indépendance et d'innovation
En parallèle à sa profession de dessinateur, il suit des études de médecine à l'Université d'Osaka. On retrouve des traces de cette formation dans son œuvre, particulièrement dans son manga Black Jack (1973), mettant en scène un chirurgien à gages, qui exerce dans l'illégalité. Le personnage du scientifique est une figure que l'on rencontre couramment dans son œuvre.
Dans un Japon détruit par la guerre, Tezuka rencontre le succès dès 1947, grâce à un manga appelé La Nouvelle Île au trésor qu'il réalise en collaboration avec Shichima Sakai (ja). Ce titre se vend à ce moment à plus de 400 000 exemplaires. Il mène alors une vie partagée entre la création artistique pour des magazines et ses études. Il travaillera aussi ensuite en tant que critique de cinéma. Il rencontre à cette époque le jeune Yoshihiro Tatsumi qu'il conseille, et qui deviendra plus tard le créateur du gekiga, démarche que Tezuka désapprouvera.
En 1952, Osamu Tezuka donne naissance à un héros qui marquera des générations de Japonais : Astro Boy (鉄腕アトム, Tetsuwan Atomu). Un petit robot, créé le 7 avril 2003 dans un monde futuriste, ayant l'apparence d'un jeune garçon. Détenteur de grand pouvoirs, sérieux malgré son apparence et fondamentalement bon, ce personnage est un défenseur de la paix et influencera de nombreux artistes et scientifiques, comme le témoigne Tatsuya Matsui, designer du robot enfant Posy :
« À la fin de la guerre, en 1945, le Japon était ruiné. Les enfants n'avaient rien à manger. En 1952, ils ont découvert Astro Boy et les mangas d'Osamu Tezuka. Astro Boy a alors apporté au pays une dose d'espoir et d'énergie impensable. Les enfants se sont remis à rêver. Astro Boy a influencé de nombreux futurs concepteurs de robots. Moi le premier ! »
Le style de Tezuka rencontre un franc succès en raison des éléments nouveaux qu'il introduit dans ses planches de mangas. Il adopte en effet un découpage cinématographique et un style précurseurs, se jouant des cases de bande dessinée avec beaucoup d'intelligence et de malice. Il est de ce fait présenté comme le père du manga moderne, mais sa contribution à l'art nippon ne s'arrête pas à ce domaine.
Dans les années 1950, pour les besoins de son travail de mangaka, l'auteur s'entoure d'une équipe de dessinateurs pour l'assister dans ses travaux[Information douteuse][à vérifier]. En juillet 1952, à 23 ans, il s'installe pour travailler à Tokyo sur la recommandation d'un éditeur, dans une petite maison de bois appelée Tokiwasō (la villa Tokiwa) où il travaille avec son équipe[à vérifier]. Tokiwasō « s'apparente à une sorte d'atelier de la Renaissance, où le maître donne les directives pendant que les « apprentis » font les décors, les trames et le travail de documentation ». Cette bâtisse deviendra célèbre pour avoir abrité depuis une succession d'artistes. Il connaît à cette époque une certaine rivalité avec Eiichi Fukui, mais celui-ci meurt subitement de surmenage en 1955.