Ce Jour-là

Osamu Dazai

Écrivain japonais

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Osamu Dazai (太宰 治, Dazai Osamu), né le 19 juin 1909 et mort le 13 juin 1948, est l'un des écrivains japonais les plus célèbres du XXe siècle.

Il est connu pour son style ironique et pessimiste, typique du watakushi shōsetsu et de l'école buraiha, ainsi que pour son obsession du suicide et son sens aigu de la fantaisie.

Son vrai nom est Shūji Tsushima (津島 修治, Tsushima Shūji). Il est né à Kanagi dans le Tsugaru, une région assez isolée du Japon de l'époque, au nord du Tōhoku dans la préfecture d'Aomori. Son père, membre de la Chambre des pairs, était souvent en voyage et sa mère était très malade après avoir accouché de onze enfants, aussi Osamu a-t-il été élevé par les serviteurs de la famille.

Le jeune Shūji séjourna dans des pensionnats pendant toute son enfance, d'abord à Aomori et plus tard à Hirosaki. Il était un brillant élève et écrivait déjà très bien ; il édita des publications étudiantes et y contribua en y publiant quelques-unes de ses œuvres.

Sa vie commença à changer quand son idole, l'écrivain Akutagawa Ryūnosuke, se suicida en 1927. Shūji délaissa ses études, dépensa son argent en alcool, en vêtements et avec des prostituées, tout en s'intéressant au marxisme, qui à l'époque était sévèrement réprimé par le gouvernement. Il déclara se sentir coupable d'être né dans « la mauvaise classe sociale ». Le 10 décembre 1929, la nuit avant les examens de fin d'année, qu'il n'avait aucun espoir de réussir, Shūji tenta de se suicider par overdose de somnifères. Il survécut et reçut son diplôme l'année suivante. Ce ne sera que la première des nombreuses tentatives de suicide dans sa vie.

Shūji s'inscrit alors à la faculté de littérature française de l'université impériale de Tōkyō et arrêta aussitôt d'étudier. En octobre de la même année, il s'enfuit avec la geisha Hatsuyo Oyama, acte qui lui valut d'être répudié par sa propre famille. Neuf jours après cette décision, il essaya de se suicider par noyade sur une plage de Kamakura avec une autre femme qu'il connaissait à peine, une serveuse de 19 ans appelée Shimeko Tanabe. Elle meurt, mais Shūji est sauvé par des pêcheurs qui passaient par là dans leur bateau. Sa famille intervient pour arrêter une enquête de la police et faire annuler son expulsion. Shūji et Hatsuyo se marient en décembre.

Cette situation plus ou moins heureuse ne dura pas longtemps puisque Shūji fut arrêté pour ses liens avec le Parti communiste japonais. Son frère Bunji réussit à lui faire parvenir un accord : si Shūji coupait tout lien avec le parti et était diplômé de l'université, il serait à nouveau le bienvenu au sein de la famille. Il accepta.

Début de sa carrière littéraire

À la grande surprise de toutes les personnes concernées, Shuji honora sa promesse et se calma. Il connut l'écrivain Masuji Ibuse, qui l'aida à publier ses premières œuvres et à obtenir une bonne réputation.

Les années suivantes furent très productives. Shuji écrivit beaucoup et utilisa le nom de plume « Osamu Dazai » pour la première fois dans une nouvelle appelée Train (1933), sa première expérience dans le style autobiographique à la première personne (watakushi shōsetsu) qui deviendra plus tard sa signature. En 1935, il devint clair qu'il ne réussirait pas ses études, et sa recherche de travail dans un journal de Tōkyō échoua. Il tenta de se suicider par pendaison le 19 mars 1935.

Moins de trois semaines après, Osamu, atteint d'une appendicite aiguë, fut hospitalisé. Pendant ce temps, il devint dépendant du Pabinal, un analgésique à base de morphine. Après un an d'addiction, on l'emmena dans une institution psychiatrique en octobre 1936, où on l'enferma dans une chambre et le força à se désintoxiquer. Ce « traitement » dura plus d'un mois, pendant lequel sa femme Hatsuyo commit un adultère avec le meilleur ami d'Osamu, Zenshirō Kodate. Ceci se révéla peu après, et Osamu essaya de se suicider par shinjū avec sa femme ; ils prirent des somnifères, mais ne moururent pas. Ils divorcèrent peu après. Osamu se remaria rapidement, avec une professeur de collège, Ishihara Michiko. Leur première fille, Sonoko, est née en juin 1941.

Il écrira plusieurs romans et nouvelles pendant les années 1930 et 1940, le plus souvent autobiographiques. Son premier roman, Gyofukuki (1933) est une fantaisie noire incorporant le suicide. Il écrira plusieurs nouvelles en cette période, dont Dōke no hana (1935), Gyakkō (1935) qui était candidat du premier prix Akutagawa, Kyōgen no kami (1936) et celles qui composent son recueil publié en 1936, Bannen, qui décrivent sa solitude et sa débauche.

Le Japon entra guerre en décembre 1941, mais Osamu fut exempté du service militaire obligatoire à cause de ses problèmes de santé (la tuberculose fut diagnostiquée). Les censeurs devinrent de plus en plus réticents à accepter son travail, mais il réussit à publier assez souvent, devenant l'un des rares auteurs à publier pendant la guerre.

Plusieurs contes qu'il publia pendant la guerre sont des reprises des contes de Ihara Saikaku (1642-1693). Il publia aussi Udaijin Sanetomo (1943), inspiré de la vie de Minamoto no Sanetomo, Tsugaru (1944), Pandora no hako (1945-1946), et un recueil de contes de fées, Otogizōshi (1945).

Sa maison fut brûlée deux fois pendant le bombardement de Tōkyō par les Américains, mais sa famille et lui s'en échapperont sans blessures. En raison du risque trop élevé de vivre à Mitaka (dans la région de Tokyo), il escorte sa femme et ses enfants à Kôfu en mars 1945 auprès de sa belle-sœur. Le 2 avril, une bombe tombe sur sa maison de Mitaka et il manque de se faire ensevelir sous les décombres d'un mur contre lequel il s'était abrité et qui s'effondra. Il rejoint alors sa famille à Kôfu quelques jours plus tard. Dazai et son épouse Michiko eurent un fils, Masaki, né en août 1944, et une fille, Satoko (qui deviendra plus tard la célèbre écrivaine Yuko Tsushima), en mai 1947.

Carrière littéraire d'après-guerre

Il atteint l'apogée de sa carrière littéraire dans les années qui suivent la fin de la guerre.

Dans Biyon no Tsuma (« La Femme de Villon », 1947), il décrit une vie sans but dans le Tōkyō d'après-guerre. Le narrateur est la femme d'un poète qui l'a abandonnée. Elle travaille pour un barman à qui son mari avait volé de l'argent. Sa détermination est durement mise à l'épreuve, elle subit un viol et les infidélités de son mari, mais sa volonté reste de fer.

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