Osée (Hosea en hébreu : הושֵעַ, qui signifie "Salut") est le premier de la liste des douze petits prophètes du Tanakh ou Ancien Testament, auteur présumé du Livre d'Osée.
Le mot vient de l’hébreu הוֹשֵׁעַ (hôšea`), c'est-à-dire « sauve ! ». Il s'agit vraisemblablement d'une forme abrégée de הוֹשֵׁעַיהו, « YHWH a sauvé » ou « sauve, ô YHWH ». Cette racine se retrouve dans les noms hébraïques de Hochéâ, Josué et Jésus, ainsi que dans la formule hosanna. C'est un nom assez répandu au VIIIe et au VIIe siècle av. J.-C. Plusieurs sceaux et inscriptions portant ce nom sont connus pour cette période. Les étymologistes chrétiens comme saint Jérôme et Isidore de Séville pensaient que le mot signifiait « sauveur ».
Osée fut un prophète d’Israël (royaume du Nord) vivant à la fin du règne de Jéroboam II (-782-753 env.) connu grâce à ses oracles, mis par écrit par des disciples dans les premières décennies du VIIIe siècle av. J.-C.. La vie conjugale d’Osée, simple berger, est le thème dominant du livre qui porte son nom : elle devient symbole prophétique de la relation entre Dieu et son peuple. Il y est présenté comme un mari qui découvre avec douleur et détresse l'infidélité de sa femme, considérée dès lors comme prostituée. Union, procréation et prénoms des enfants sont l'occasion des oracles prophétiques du livre. Amour humain, union et progéniture sont mis en scène pour signifier les rapports tumultueux du peuple élu avec Dieu. Il est comparé à une épouse infidèle parce qu'il s’est voué au culte des idoles. Dieu est l’époux fidèle et surtout « unique », qui « parle au cœur » du peuple (Os 2, 14) et s'emploie, en l'éprouvant, à le reconquérir, prêt à pardonner au moindre signe de repentir.
Le livre d’Osée est la relecture de l'histoire d’Israël à la lumière de cette symbolique nuptiale manquée.
Il est classé parmi les livres prophétiques du canon de la Bible hébraïque et de la Septante (« derniers prophètes ») et situé en tête du groupe des « douze petits prophètes » de la Bible chrétienne. Saint Paul le cite dans son Épître aux Romains (Rm 9, 25). Son langage annonce la façon dont les évangiles parleront de l’amour de Dieu à la fin du Ier siècle apr. J.-C. Il est aussi souvent cité dans la littérature monastique et érémitique en raison de son attachement à la thématique du séjour et de l’alliance avec Dieu au « désert », lieu symbolique de la vie monastique et du combat ascétique.
Les auteurs ecclésiastiques chrétiens lui attribuent une prophétie juive, non biblique, selon laquelle la venue du Messie surviendra lorsque le chêne de Mambré se divisera spontanément pour donner naissance à douze nouveaux chênes. Enterré sur ses terres (Isidore, Comestor), la tradition juive rapporte qu'il a terminé ses jours à Babylone et que son corps, transporté sur un chameau, a été inhumé en Galilée.
Les artistes du Moyen Âge le représentent donnant la main à la prostituée qu'il épousa (cathédrale Notre-Dame d'Amiens).
Il ne doit pas être confondu avec son homonyme Osée, dernier roi d'Israël.
Osée dans La Bible, t. 2 : L’Ancien Testament, Paris, La Pléiade, 1959, p. 689-722 ;
Isidore de Séville, De ortu et obitu Patrum, c. 41, PL 83, col. 144A.
Pierre Comestor, Historia scolastica, IV Reg. 21, PL 198, 1402D.
Vincent de Beauvais, Speculum Historiale, 3, 99.
André Caquot, L’apport religieux d’Osée, dans Histoire des religions, dir. H.-Ch. Puech, Paris, t. 1/1, Paris 1970, p. 440-442.
Paul Humbert, « Osée le prophète bédouin », in Revue d'histoire et de philosophie religieuses, n° 2, Mars-avril 1921. pp. 97-118 : lire en ligne
Ressource relative aux beaux-arts : Biblissima