Orthoebolavirus, anciennement appelé Ebolavirus, est un genre de virus impliqués dans la maladie à virus Ebola, une fièvre hémorragique virale zoonotique qui touche l'humain et d'autres primates. On dénombre six espèces d'ébolavirus dont quatre sont à l'origine d'épidémies historiques notables par leur ampleur et leur sévérité. La transmission interhumaine a lieu principalement par contact direct avec des liquides biologiques.
On dénombre les espèces suivantes :
Orthoebolavirus bombaliense (en)
Orthoebolavirus bundibugyoense
Orthoebolavirus restonense (en)
Orthoebolavirus sudanense (en)
Les ébolavirus ont été décrits pour la première fois à la suite des épidémies de maladie à virus Ebola (MVE) survenues au Sud-Soudan en juin 1976 et au Zaïre en août 1976. Le nom « virus Ebola » provient de la rivière Ebola au Zaïre (aujourd'hui République démocratique du Congo), proche du foyer épidémique de 1976. Le préfixe Ortho- signifie « vrai » et le suffixe taxonomique -virus est la marque d'un genre viral. Ce genre est introduit en 1998 sous le nom d'Ebola-like viruses. En 2002, le nom est modifié en « Ebolavirus » et en 2022, il devient Orthoebolavirus. Les ébolavirus appartiennent à la même famille que le virus de Marburg.
Le virus Ebola est un virus filamenteux enveloppé appartenant à l’ordre des Mononegavirales, qui comprend également les virus de la rage et de la rougeole. Cet ordre est caractérisé par des génomes d'ARN monocaténaire de polarité négative (ARNss) non segmentés, entourés d'une nucléocapside hélicoïdale. Les filovirus codent sept protéines différentes, dont : NP (nucléoprotéine), VP35 (composante du complexe polymérase), VP40 (protéine de matrice), GP (glycoprotéine de spicule), VP30 (activateur de transcription), VP24 (seconde protéine de matrice) et L (RdRp). Parmi ces protéines, GP et NP sont essentielles à l'entrée et à la réplication virales.
La glycoprotéine GP est responsable des différences de pathogénicité entre les ébolavirus. Elle code deux glycoprotéines, dont la sGP (glycoprotéine soluble) qui joue un rôle dans la pathogenèse d'Ebola. Des recherches suggèrent que la sGP est capable de détourner la réponse immunitaire de l'hôte, augmentant ainsi la pathogénicité du virus Ebola (EBOV).
La NP contient à la fois le génome filoviral et l'antigénome . L'oligomérisation de la NP est responsable de la formation de la NC (nucléocapside hélicoïdale), qui protège le génome d'ARN simple brin (ARNss) contre la dégradation par les endonucléases et la réponse immunitaire de l'hôte. Il a également été démontré que la NP recrute des protéines de la cellule hôte pour faciliter la transcription et la réplication virales dans le cytoplasme.
La taille des virus Ebola varie selon les variants. Ils présentent un noyau cylindrique de 50 à 80 nm de diamètre et de 10 à 14 μm de longueur. Les spicules du virus Ebola s'étendent sur 10 nm et sont espacés d'environ 10 nm.
Trois espèces de chauves-souris frugivores s'avèrent être des hôtes asymptomatiques de virus Ebola, ce qui suggère qu'elles pourraient être les principaux réservoirs naturels du virus. L'existence d'autres réservoirs et vecteurs reste possible. Ces espèces sont :
la chauve-souris frugivore à épaulettes de Franquet (Epomops franqueti) ;
la chauve-souris à tête de marteau (Hypsignathus monstrosus) ;
la petite chauve-souris frugivore à collier (Myonycteris torquata).
Elles possédaient soit du matériel génétique de virus Ebola, sous forme de séquences d'ARN, soit de signes de réponse immunitaire à la maladie.
L'ébolavirus de Bombali (BOMV), quant à lui, a été isolé de la petite chauve-souris à queue libre (Chaerephon pumilus) et de la chauve-souris à queue libre d'Angola (Mops condylurus (en)) en Sierra Leone.
Comprendre les lieux d'incubation du virus entre les épidémies et son mode de transmission interespèces contribuera à protéger les humains et les autres primates contre ces virus.