Ce Jour-là

Orgueil et Préjugés

Roman de Jane Austen

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Orgueil et Préjugés (Pride and Prejudice) est un roman de la femme de lettres anglaise Jane Austen paru en 1813. Il est considéré comme l'une de ses œuvres les plus significatives et est aussi la plus connue du grand public.

Rédigé entre 1796 et 1797, le texte, alors dans sa première version (First Impressions), figurait au nombre des grands favoris des lectures en famille que l'on faisait le soir à la veillée dans la famille Austen. Révisé en 1811, il est finalement édité deux ans plus tard, en janvier 1813. Son succès en librairie est immédiat, mais bien que la première édition en soit rapidement épuisée, Jane Austen n'en tire aucune notoriété : le roman est en effet publié sans mention de son nom (« par l'auteur de Sense and Sensibility ») car sa condition de « femme de la bonne société » lui interdit de revendiquer le statut d'écrivain à part entière.

Drôle et romanesque, le chef-d'œuvre de Jane Austen continue à jouir d'une popularité considérable, par ses personnages bien campés, son intrigue soigneusement construite et prenante, ses rebondissements nombreux, et son humour plein d'imprévu. Derrière les aventures sentimentales des cinq filles Bennet, Jane Austen dépeint fidèlement les rigidités de la société anglaise au tournant des XVIIIe et XIXe siècles. À travers le comportement et les réflexions d'Elizabeth Bennet, son personnage principal, elle soulève les problèmes auxquels sont confrontées les femmes de la petite gentry campagnarde pour s'assurer sécurité économique et statut social. À cette époque et dans ce milieu, la solution passe en effet presque obligatoirement par le mariage : cela explique que les deux thèmes majeurs d'Orgueil et Préjugés soient l'argent et le mariage, lesquels servent de base au développement des thèmes secondaires.

Grand classique de la littérature anglaise, Orgueil et Préjugés est à l'origine du plus grand nombre d'adaptations fondées sur une œuvre austenienne, tant au cinéma qu'à la télévision. Depuis Orgueil et Préjugés de Robert Z. Leonard en 1940, il a inspiré quantité d'œuvres ultérieures : des romans, des films, et même une bande dessinée parue chez Marvel Comics.

Dans son essai de 1954, Ten Novels and Their Authors, William Somerset Maugham le cite en seconde position parmi les dix romans qu'il considère comme les plus grands. En 2013, Le Nouvel Observateur, dans un hors-série consacré à la littérature des XIXe et XXe siècles, le cite parmi les seize titres retenus pour le XIXe siècle, le considérant comme « peut-être le premier chef-d'œuvre de la littérature au féminin ».

De First Impressions à Pride and Prejudice

"Pride and Prejudice" n'est pas le titre initial ; le premier jet d'août 1797 (Jane Austen a alors 21 ans) s'intitule First Impressions (Premières impressions), mais en janvier 1813 le roman est publié par l'éditeur Egerton sous son nom définitif.

Même si l'expression « Pride and Prejudice » apparaît pour la première fois sous la plume d'Edward Gibbon, dans son ouvrage Decline and Fall of the Roman Empire, et est employée assez couramment à l'époque c'est en hommage à Cecilia de Fanny Burney (publié en 1782) que Jane Austen aurait finalement retenu ce titre : l'expression pride and prejudice apparaît en effet textuellement dans la conclusion morale du roman de Fanny Burney où l'on peut lire :

« The whole of this unfortunate business, said Dr. Lyster, has been the result of PRIDE and PREJUDICE.Toute cette malheureuse affaire, déclara le Dr Lyster, a été le résultat de l'orgueil et des préjugés. »

— Fanny Burney, Cecilia, chapter X, A Termination.

De nombreuses ressemblances existent entre les personnages de Pride and Prejudice et ceux de Cecilia : Darcy, sa tante Lady Catherine de Bourgh et Elizabeth Bennet dans le premier roman font penser respectivement à Delvile, son père, et Cecilia Beverley dans le second, dont l'intrigue même offre aussi quelques similitudes avec celle de Pride and Prejudice.

Comme pour Sense and Sensibility (Raison et Sentiments), publié deux ans auparavant, Jane Austen trouve plaisant dans ce titre l'allitération créée par les consonnes initiales communes, qui renforce cette expression dont les deux mots sont, à l'époque, toujours associés et non, comme on pourrait le croire, mis en balance.

Les traductions françaises, depuis celle - très incomplète et infidèle - établie par la Bibliothèque britannique de Genève entre juillet et octobre 1813 sous le titre Orgueil et Préjugé, nombreuses (plus d'une douzaine à ce jour), prouvent l'intérêt précoce pour Jane Austen en France, et le défi qu'elle représente pour le traducteur. D'ailleurs, en dehors des différentes traductions françaises, seule la traduction allemande de 1830, Stolz und Vorurtheil (sic), a été effectuée au XIXe siècle, toutes les autres étant plus tardives.

Évolution des traductions et de la typographie du titre en français :

Orgueil et Prévention : par l'auteur de « Raison et Sensibilité », traduit de l'anglais par Mlle E…*** (Eloïse Perks, « jeune anglaise élevée à Londres ») en 1821, chez Pigoreau. Il s'agit là de la première traduction complète de l'œuvre (celle de 1813 ayant simplement résumé de très nombreux passages) ;

Orgueil et Préjugé : par l'auteur de « Raison et sensibilité », Paris, chez J.-J. Paschoud, en 1822 (sans nom de traducteur) ;

Les Cinq Filles de Mrs Bennet, à Paris, chez Plon en 1932. Cette traduction de Valentine Leconte et Charlotte Pressoir, élégante mais non intégrale, est régulièrement rééditée en 10/18, mais avec le titre Orgueil et Préjugés ;

Orgueil et préjugés, pour la traduction d'Eugène Rocart en 1945 (Éditions La Boétie, Bruxelles) et celle de Jean Privat en 1946 (aux Éditions des Loisirs, reprise par Archipoche en 2010) ;

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