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Organisation des moudjahiddines du peuple iranien

Parti politique

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L'Organisation des moudjahidines du peuple iranien (OMPI) (en persan : سازمان مجاهدين خلق ايران, Sāzmān-e Mojāhedin-e Khalq-e Irān ou Mujaheddin-e-Khalq) (ou MEK) est un mouvement politique iranien d’opposition au régime du chah Mohammad Reza Pahlavi puis à la République islamique d'Iran.

Fondée en 1965 en opposition au chah, l'OMPI demeure active en Iran et à l'extérieur, durant et après la révolution iranienne de 1979 à laquelle elle prit part. Elle est notamment fondée et dirigée par Mohammad Hanifnejad, puis dirigée par Massoud Radjavi, et demeure conduite en exil par son épouse, Maryam Radjavi. L'OMPI boycotte le référendum constitutionnel iranien de décembre 1979, ce qui conduit Khomeini à exclure le chef de l'OMPI, Massoud Radjavi, de l'élection présidentielle iranienne de 1980.

Le 20 juin 1981, l'OMPI organise une manifestation contre Khomeini dans le but de renverser le régime. Une trentaine de manifestants sont tués lors de la répression. L'OMPI combat contre la République islamique d'Iran entre 1980 et 1988 au coté de l'Irak (en participant à l'opération Quarante étoiles et à l'opération Mersad), ce qui en fait la cible prioritaire de la République Islamique.

En 1986, l'Iran demande à la France d'expulser l'OMPI de son siège parisien. En réponse, elle rétablit son camp de base d'Achraf en Irak. Elle compte désormais 3 000 membres dans un camp en Albanie après avoir été chassée d’Irak.

L'OMPI est décrite par plusieurs sources comme étant le groupe d'opposition politique le plus important et le plus actif d'Iran. Souvent considérée comme une secte, l’organisation est dotée de financements opaques et est impopulaire en Iran, notamment du fait de son alliance avec le régime de Saddam Hussein pendant la guerre entre l’Iran et l’Irak (1980-1988). L'OMPI est membre du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI). Elle s'est éloignée de la lutte armée dans les années 2000 et mène un intense travail d’influence depuis l’étranger, notamment en France, pour se poser en recours politique en cas de chute du régime iranien.

De 1997 à 2013, l'OMPI est classée comme organisation terroriste par les États-Unis, le Canada, l'Union européenne et le Japon, et par le Home Office britannique jusqu'en juin 2008. Elle figure toujours classée comme organisation terroriste par l'Iran et par l'Irak post-Saddam. L’Ompi continue à entretenir de petites cellules clandestines en Iran qui ont avant tout une fonction de renseignement pour le compte de services occidentaux.

Opposition au chah et à la révolution islamique d'Iran

L'Organisation des moudjahidines du peuple iranien est fondée en 1965 par un groupe de jeunes intellectuels iraniens se réclamant d'un islam libéral, teinté d'idéologie de gauche. L'OMPI est la première organisation iranienne à développer systématiquement une interprétation révolutionnaire moderne de l'islam. Cette interprétation contraste avec l'islam conservateur du clergé traditionnel de l'ayatollah Rouhollah Khomeini. L'organisation est qualifiée d'« islamo-marxiste » par la Savak (police politique du chah). Selon l'intellectuel Afchine Matine-Asgari (2004), il s'agissait toutefois là d'« une étiquette polémique ingénieuse » pour stigmatiser les opposants au chah. Le CNRI lui-même affirme que Massoud Radjavi rejetait le matérialisme historique dès 1979, tandis qu'il s'était opposé dès les années 1970 à l'ayatollah Khomeini. En août 1981, l'ex-sous-secrétaire d'État américain George Ball (en) écrit :

« Cette habitude de la presse de condamner les moudjahiddines du peuple en tant que « gauchistes » a aggravé sérieusement le problème. Massoud Radjavi est le chef de file du mouvement. Son intention est de remplacer l’actuel régime islamique rétrograde par un islam chiite moderne tirant ses principes égalitaires des sources coraniques, et non de Marx. »

Pour Henry Sorg, le Parti des moudjahidines du peuple se fonde sur « une synthèse entre islamisme, gauche radicale et nationalisme anti-impérialiste ». À l'origine, le mouvement revendique l'inspiration du Front national de Mohammad Mossadegh, Premier ministre de 1951 à 1953 renversé par un coup d’État organisé par la CIA et le MI6, et est fortement influencé par les écrits d''Alî Sharî'atî, sociologue des religions et militant politique de l'opposition à la monarchie pahlavie. Les moudjahidines conjuguent tout à la fois la pensée d'un islam chiite politique, une approche socio-économique marxiste et la revendication d'une société sans classe, ainsi qu'une critique de la domination occidentale et un nationalisme révolutionnaire proche des mouvements de libération nationale du Tiers-monde.  Même si les membres fondateurs de l'OMPI s'appuient sur les influences sociologiques de Marx, ils rejettent l'idéologie politique de ce dernier. D’un autre côté, les membres du groupe Peykar, qui se sépare de l’OMPI au début et au milieu des années 1970, se disent marxistes. L'OMPI projette l'image d'une « force islamique tournée vers l'avenir, radicale et progressiste ». Tout au long de la révolution, l'OMPI joue un rôle majeur dans le développement de la « femme musulmane révolutionnaire », présentée comme « l'exemple vivant du nouvel idéal de la féminité ».

Une des caractéristiques de l'organisation à ses débuts est que sa base militante est extrêmement jeune. Elle mobilise une nombreuse population étudiante et lycéenne issue de la classe moyenne non fortunée, mais qui a eu accès à l'éducation. Ses membres appartenaient principalement aux cercles intellectuels iraniens, en particulier la classe moyenne salariée, les étudiants, les enseignants, les fonctionnaires et autres professionnels. Selon Ervand Abrahamian, « l'interprétation moderniste de l'islam par l'OMPI a séduit les jeunes instruits qui, tout en restant culturellement attachés à l'islam, ont rejeté ses interprétations cléricales démodées ». Contrairement au gouvernement de Khomeini, l'OMPI a accepté les concepts occidentaux (en particulier dans les sciences sociales).

Les moudjahidines du peuple sont créés en 1965 par trois anciens membres du Mouvement de Libération de l'Iran après l'arrestation des principaux dirigeants du parti. Hanifnejad, Mohsen et Badizadegan ont étudié à l'université de Téhéran, avant d'adhérer au Front National iranien puis au MLI.

La brutale répression des manifestations par le régime pousse l'OMPI à se tourner vers la lutte armée. Il s'agit d'un tournant dans l’histoire contemporaine de l’Iran. Avant cette date, il n’y avait jamais eu d’affrontements armés. Les manifestations contre le régime dictatorial du chah étaient toutes pacifiques. Certains militants reçoivent un entrainement militaire dans des camps de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) au Liban et en Syrie.

Quatre « groupes » spécialisés sont constitués : le « groupe des renseignements »; chargé de recueillir des informations sur des personnalités du régime et les membres de la Savak ; le « groupe d’approvisionnement », qui collecte armes et munitions ; le « groupe des artificiers », chargé de la préparation et du maniement des explosifs ; et enfin le groupe de la « formation militaire », qui assure l’entraînement des membres à la guérilla urbaine. Les moudjahidines doivent être des « révolutionnaires professionnels » et des guerriers polyvalents : « Chaque combattant doit être à lui seul une organisation ».

En 1971, elle planifie, lors de la commémoration, en grande pompe, du 2 500e anniversaire de la monarchie, des attaques contre des centrales et des barrages. 35 de ses membres sont arrêtés avant d'avoir pu passer à l'action, et sont jugés en février 1972. En août-septembre 1971, 90 % de ses membres sont exécutés, puis trois de ses fondateurs en mai 1972, à la veille de la visite du président Nixon à Téhéran[source insuffisante]. L'organisation avait fait sauter, à l'occasion de la visite du président américain, des bombes contre une dizaine de sites partout en Iran, notamment contre les sièges de multinationales américaines, l’ambassade britannique et le mausolée de Rezâ Khân.

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