L'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (en anglais : United Nations Educational, Scientific and Cultural Organisation ; dont l'acronyme courant, Unesco, se prononce en français [y.nɛs.ko] ) est une institution spécialisée internationale de l'Organisation des Nations unies (ONU), créée le 16 novembre 1945 à la suite des dégâts et des massacres de la Seconde Guerre mondiale.
Selon son acte constitutif, l'Unesco a pour objectif de « contribuer au maintien de la paix et de la sécurité en resserrant, par l'éducation, la science, et la culture, la collaboration entre nations, afin d'assurer le respect universel de la justice, de la loi, des droits de l'Homme, et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue, ou de religion, que la Charte des Nations unies reconnaît à tous les peuples ».
Le siège de l'Unesco est situé à Paris, au 7 place de Fontenoy, dans le quartier de l'École-Militaire du 7e arrondissement. Sont rattachés au siège 53 bureaux (Bruxelles, Rabat...), plusieurs instituts et centres dans le monde entier, comme l'Institut de statistique à Montréal ou le Bureau international d'éducation à Genève.
L'Unesco et son mandat pour la coopération intellectuelle sur le plan international trouvent leurs racines dans la décision de la Société des Nations du 21 septembre 1921 d'élire une commission chargée d'étudier la question. Cette Commission internationale de coopération intellectuelle (CICI), siégeant à Genève, est créée le 4 janvier 1922 comme un organe consultatif composé de personnalités élues pour leurs compétences personnelles. L'Institut international de coopération intellectuelle (IICI) est quant à lui établi à Paris le 9 août 1925 comme l'agence exécutive de la CICI. Le 18 décembre 1925, le Bureau international d'éducation (BIE) commence son action comme organisation non gouvernementale au service du développement international dans le domaine éducatif. Néanmoins, le travail de ces prédécesseurs de l'Unesco est interrompu par le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.
À la suite des signatures de la Charte de l'Atlantique et de la Déclaration des Nations unies, la Conférence des ministres alliés de l'éducation (CAME) se réunit à Londres, entre le 16 novembre 1942 et le 5 décembre 1945. Le 30 octobre 1943, la Chine, les États-Unis, le Royaume-Uni et l'URSS expriment la nécessité d'une organisation internationale dans la déclaration de Moscou. Elle est suivie par les propositions du 9 octobre 1944 lors de la Conférence de Dumbarton Oaks. À partir de la proposition de la CAME et conformément aux recommandations de la Conférence de San Francisco qui se tient entre avril et juin 1945, la Conférence des Nations unies pour l'établissement d'une organisation éducative et culturelle (ECO/CONF) est convoquée à Londres du 1er au 16 novembre 1945. Elle rassemble les représentants de 44 États. Pendant l'ECO/CONF, l'Acte constitutif de l'Unesco est introduit et signé par 37 États, cependant qu'une commission préparatoire est également établie. Celle-ci poursuit ses travaux du 16 novembre 1945 au 4 novembre 1946, jour où l'Acte constitutif entre en vigueur avec le dépôt de la vingtième ratification d'un État membre.
Dans son préambule, resté célèbre, la charte constitutive de l’Unesco énonce que « les guerres prenant naissance dans l'esprit des hommes, c’est dans l'esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix ».
Par la suite, le congrès de Yamoussoukro en Côte d'Ivoire, qui s'est tenu en 1989, a permis à l'Unesco de s'accorder sur un principe essentiel : « la paix représente bien plus que la fin des conflits armés ».
L'Unesco a été fondée par vingt États, signataires de l'Acte constitutif en 1946 :
Tenue entre le 19 novembre et le 10 décembre 1946, la première Conférence générale élit le docteur Julian Huxley au poste de directeur général de l’Organisation.
Le projet sur l'éducation de base dans la vallée de Marbial en Haïti qui débute en 1947 est un exemple du travail que l'Unesco mène à ses débuts dans le secteur de l'éducation. Ce projet est suivi par les missions d’experts dans d’autres pays, comme l'Afghanistan en 1949. En 1948, l'Unesco propose aux États membres d'instituer un enseignement primaire obligatoire, gratuit et universel.
Parmi les autres réalisations notables de la jeune organisation, on peut citer son travail de lutte contre le racisme. Ainsi, les déclarations autour de la question raciale, notamment celles des anthropologues datant de 1950 (parmi lesquels figure Claude Lévi-Strauss) et la Déclaration sur la race et les préjugés raciaux de 1978. Estimant quelques publications de l'Unesco comme une ingérence dans les problèmes raciaux du pays, la République d'Afrique du Sud quitte l'Organisation en 1956, avant de revenir, sous la direction de Nelson Mandela.
En décembre 1951, une réunion intergouvernementale qui s'est tenue à l'Unesco a mené à la création du Conseil européen pour la recherche nucléaire (CERN).
La convention universelle sur le droit d'auteur est adoptée le 6 septembre 1952, sous l'égide de l'Unesco.
En novembre 1954, la Conférence générale révise l'Acte constitutif en décidant que les membres du Conseil devront désormais représenter les gouvernements de leurs États respectifs. Ce changement de gouvernance distingue l'Unesco de son précurseur, la CICI, compte tenu de la collaboration des États dans les domaines de compétence de l'Unesco. À mesure que les États membres coopèrent pour réaliser les objectifs de l'Unesco, des événements historiques et politiques influencent les activités de l'Organisation, notamment lors des périodes de la guerre froide, de la décolonisation et de la dissolution de l'URSS.
À partir de 1960, le contexte géopolitique change : avec les indépendances, les États en voie de développement deviennent majoritaires tandis que l’antagonisme Est-Ouest s’atténue.
Dans le domaine de la culture, l’Unesco lance la campagne de Nubie en 1960, à ses débuts. Le but de cette Campagne est de déplacer le temple d’Abou Simbel pour le sauver des eaux du lac de retenue après la construction du barrage d’Assouan sur le Nil. Pendant cette campagne de 20 ans, 22 monuments et complexes architecturaux sont déplacés. C’est la première campagne, et la plus importante, d’une longue série, parmi lesquelles celles de Moenjodaro (Pakistan), Fès (Maroc), Katmandou (Népal), Borobudur (Indonésie) et l’acropole d’Athènes (Grèce). Le travail de l’Unesco dans le domaine du patrimoine aboutit à l’adoption en 1972 de la Convention pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel. Le Comité du patrimoine mondial est créé en 1976 et les premiers sites sont inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en 1978, année lors de laquelle est également promulguée la Charte internationale de l'éducation physique, de l'activité physique et du sport. Depuis lors, quelques instruments juridiques internationaux sont adoptés par les États membres de l’Unesco en 2003 (Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel) et en 2005 (Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles).
Dans le domaine des sciences naturelles, l’Unesco initie très tôt un projet majeur concernant la zone aride. En 1968, elle organise la première conférence intergouvernementale visant à la réconciliation de l’environnement et du développement, questions toujours d’actualité dans le domaine du développement durable. Le principal résultat de la conférence est la création du Programme sur l'homme et la biosphère.
Dans le domaine de la communication, la libre circulation de l’information reste une priorité de l’Unesco depuis ses débuts. Lors de l’immédiat après-guerre, ses activités ont été concentrées sur la reconstitution et les besoins des moyens de communication de masse partout dans le monde. L’Unesco a commencé à organiser la formation et l’éducation pour les journalistes à partir des années 1950. Afin de répondre aux exigences d’un nouvel ordre mondial de l’information et de la communication à la fin des années 1970, et d’équilibrer les moyens de communication et d’information entre le Nord et le Sud, l’organisation établit la Commission internationale d’étude des problèmes de la communication qui aboutit au rapport « MacBride » (du nom du Président de la Commission et lauréat du prix Nobel de la paix Seán MacBride). Après ce rapport, l’Unesco introduit les programmes La société de l’information pour tous et Vers les sociétés du savoir, en anticipant les questions des Sommets mondiaux sur la société de l’information (Genève, 2003 et Tunis, 2005).