L'or est l'élément chimique de numéro atomique 79, de symbole Au. Ce symbole, choisi par Berzelius, est formé des deux premières lettres de son nom latin aurum. Le nom or désigne aussi le corps simple, un métal jaune.
L'or est le troisième élément du premier groupe secondaire p. Sa structure électronique atomique correspond à [Xe] (4f)14 (5d)10 (6s)1. C'est un métal de transition susceptible de former des cations mono- et trivalents en solution.
Le corps simple est un métal dit noble et précieux, de couleur jaune d'or, dense, très ductile (mou), facile à travailler, parfois simplement à la main et au bâton, connu dans toute l'Antiquité, apprécié pour son éclat quand il est poli. Rare, l'or est très recherché, encore plus que l'argent. L'art du travail de l'or est l'orfèvrerie.
L'or est moins réactif que la plupart des autres métaux de transition, notamment il n'est pas attaqué par les acides chlorhydrique (HCl), nitrique (HNO3) ou sulfurique (H2SO4) pris isolément. En revanche il l'est par l'acide sélénique (H2SeO4), les solutions alcalines de cyanure et l'eau régale (un mélange d'acides chlorhydrique et nitrique concentrés). Comme le plomb, il se dissout dans le mercure en formant un amalgame, mais ne réagit pas chimiquement avec ce métal. L'or étant insoluble dans l'acide nitrique, qui dissout pourtant l'argent et les métaux communs, cette propriété permet de le séparer et de le purifier.
L'or trouve des applications industrielles en odontologie et en électronique, en raison de sa très bonne tenue face à la corrosion et de son excellente conductivité électrique, mais sa principale utilisation demeure la thésaurisation. Les banques centrales du monde cumulaient ainsi 27 113 tonnes d'or en juin 2010, dont près de 40 % détenus dans la zone euro et 30 % par les États-Unis (la Chine ayant exprimé son intention de porter ses réserves à 5 000 t), tandis qu'environ 15 000 tonnes d'or seraient détenues au titre de l'épargne privée en Inde.
Le nom de l'or, mot masculin, et le symbole Au viennent du latin aurum, de même signification, qui a donné l'adjectif aurifère qualifiant une matière ou un corps contenant de l'or. Dans les anciens textes français, on le trouve parfois avec l'orthographe « aur ». Dans les langues germaniques on trouve gold, geld, gyld. L'or symbolise souvent une émanation d'une matière céleste et solaire. La Nubie est le pays de l'or (nub) conquis par les anciens Égyptiens.
L'or est considéré, historiquement, comme le métal précieux par excellence, et il est dit incorruptible ou métal noble car peu sensible à la corrosion et à l'oxydation.
Le plus vieil objet en or a été mis au jour dans la nécropole de Varna, en Bulgarie actuelle. Il est daté du milieu du Ve millénaire av. J.-C..
En dehors de l'Égypte et du Moyen-Orient qui l'imposent précocement dans un rôle monétaire, l'homme utilise l'or de façon significativement importante en Europe depuis le IIIe millénaire av. J.-C. Les tombes collectives révèlent des pièces d'orfèvrerie ouvragées, sous forme d'enroulement, de perles annulaires et de fils d'or, autant de probables reliquats d'objets luxueux.
Au Chalcolithique, à la fin de la Préhistoire, les parures en or des peuples atlantiques, probables symboles de pouvoir, mêlent des perles hélicoïdales, des lunules, des colliers à lamelles découpées aux armes et pointes de flèches. À l'âge du bronze, une diversification des objets est constatée, il existe des diadèmes, des torques et des bracelets avec de la vaisselle. L'essentiel des découvertes est apporté par la fouille de tombes individuelles, par exemple celles des "princes armoricains" à urnes de bronze. Par ailleurs, la thésaurisation de l'or par enfouissement, offrande ou cachette provisoire de trésor paraît croissante, ce sont des dépôts indépendants de l'art funéraire. À l'âge du bronze moyen, les dépôts d'or sont communs alors que les vrais bijoux d'or disparaissent des sépultures, comme le prouvent les tombes du Midi français ou les tumuli de la forêt de Haguenau. Au bronze final, sur de vastes pans de territoires européens, s'observe une raréfaction des dépôts d'or alors que les reliquats funéraires sont insignifiants ou rares. Au début de l'âge du fer, l'emploi de l'or semble plus réduit : les tumuli des territoires celtes de la période Hallstatt en Allemagne du Sud, Est de la France, Suisse... livrent toutefois communément des coupes en or, des armes à incrustations d'or. À la fin de cette période, surtout après 550 av. J.-C., des tombes dites princières, parfois à char de parade ou à coque de navire protectrice, livrent de rutilants objets en or, placés à côté de vaisselles imposantes de bronze, de plaques de ceintures ou pièces également en bronze, et de diverses armes en fer dont des poignards ou des fers de lance. Lors de la période de la Tène, les tertres princiers se raréfient, tout en gardant des objets typiques en or, en fer et en bronze.
Du point de vue de l'histoire des techniques, c'est un des premiers métaux colorés reconnus par le métallurgiste de l'Antiquité avec le cuivre et les bronzes (sic).
L'or semble servir presque partout dans les grandes civilisations à la parure des puissants et aux cérémonies religieuses. L'assimilation de l'or au disque solaire divinisé en est peut-être un des leviers communs les plus puissants. On retrouve des amulettes en or dans les tombes égyptiennes à chacune des grandes époques de l'Égypte antique. Les plus puissants, tels Toutânkhamon et Ramsès, se firent enterrer avec des masques mortuaires en or et autres parures.
Les quantités disponibles étaient très faibles. En Égypte, on extrayait l'or dans des endroits désertiques et sans eau au prix du sacrifice de nombreux travailleurs (il n'y avait pas d'esclaves dans l'Égypte ancienne). Les grandes puissances s'assuraient de l'or par l'intermédiaire des tributs ou par la victoire militaire. La victoire sur les Hyksôs assura ainsi de larges quantités d'or au pharaon. On retrouve à travers toute l'histoire des victoires « auréolées » : de celle de Trajan, vainqueur des Daces au début du IIe siècle, qui rapporte à Rome un butin faramineux : 180 tonnes d'or et 350 tonnes d'argent (on parle depuis de « l'or des Daces ») jusqu'à celle de Bismarck qui établit le système monétaire de l'Allemagne sur la rançon de 967 tonnes d’or (cinq milliards de francs-or, soit 1 600 tonnes) payée par la France après la défaite de 1871.
Durant l'Antiquité, les rois lydiens ont frappé la première monnaie classique de l'histoire, c'est-à-dire des pièces aplaties de forme ronde, à avers et revers de la numismatique traditionnelle, avec ici un motif type de la tête de lion entre le VIIIe siècle av. J.-C. et le VIe siècle av. J.-C., les numismates débattant entre les dates variant de 700 à 550 av. J.-C.. Il s'agissait de pièces en électrum, un alliage naturel d'or et d'argent, ces pièces contenant entre 50 et 60 % d'or : les pièces les plus lourdes, les statères (signifiant « balance » ou « étalon de valeur »), pesaient environ 10,90 g, les fractions de statères avaient des poids et des valeurs diverses, notamment les tiers de statère ou trités qui étaient parfois criblés d'estampilles. L'or sortait du temple et du palais pour servir à l'usage des particuliers. Cet usage se répandit ensuite en Perse, en Grèce centrale, puis dans l'ensemble du monde antique durant la période hellénistique à côté des monnaies d'argent, de bronze et de cuivre de moindre valeur. L'or fut continûment utilisé comme monnaie en Occident jusqu'en 1973, date à laquelle il a été dépouillé de son dernier rôle monétaire, comme monnaie de réserve internationale.
Au VIe siècle, avec la chute de l'Empire romain, la diminution des échanges en mer Méditerranée s'essouffle et l’exploitation de mines d'or en Europe de l'Ouest se fait rare, l'approvisionnement en or devient bien plus difficile. Jusqu'alors utilisé pour frapper des pièces, la monnaie commence à se déprécier à partir du VIIe siècle, poussant les différents royaumes à cesser de battre l'or et à se tourner vers l'argent.