Ce Jour-là

Opération policière du 18 novembre 2015 à Saint-Denis

L'opération policière du 18 novembre 2015 à Saint-Denis a lieu à la suite des attentats islamistes qui sont survenus cin

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L'opération policière du 18 novembre 2015 à Saint-Denis a lieu à la suite des attentats islamistes qui sont survenus cinq jours plus tôt à Paris ainsi qu'aux abords du Stade de France, et qui ont fait 132 morts et plusieurs centaines de blessés. Elle a pour but d'appréhender des membres de la cellule terroriste responsable de ces attaques repérés dans un appartement à Saint-Denis dans la banlieue parisienne.

L'opération se déroule à partir de 4 heures du matin dans le centre-ville de Saint-Denis. Elle est menée par le RAID épaulé par la BRI. L'assaut dure sept heures et après des tirs nourris (plus de 1 500 munitions côté policiers contre 11 côté retranchés), les trois terroristes sont tués, dont deux par l'activation de la ceinture d'explosif de Chakib Akrouh (perpétrateur de l'attaque des terrasses et cafés parisiens avec Brahim Abdeslam), qui meurt instantanément, tout comme Abdelhamid Abaaoud (considéré comme le commandant opérationnel des attentats du 13 novembre). Hasna Aït Boulahcen, la cousine d'Abaaoud, meurt asphyxiée sous les décombres.

Le 13 novembre 2015, une série de fusillades et d'attaques-suicides meurtrières perpétrées dans la soirée à Paris et dans sa périphérie par trois commandos distincts frappent la France. Les attentats du 13 novembre sont revendiqués par l'organisation terroriste État islamique. Une première attaque se produit à Saint-Denis, aux abords du Stade de France, où se joue un match amical de football France-Allemagne — auquel assiste François Hollande — et où trois terroristes se font exploser ; puis à Paris, dans plusieurs rues des 10e et 11e arrondissements, où trois individus mitraillent des terrasses de cafés et de restaurants. Deux d'entre eux prennent la fuite, le troisième se fait exploser ; enfin dans la salle de spectacle du Bataclan (également dans le 11e arrondissement), où 1 500 personnes assistent au concert du groupe de rock américain Eagles of Death Metal. Cette dernière attaque, perpétrée par trois autres djihadistes qui ouvrent le feu sur le public et qui se termine par un assaut des forces de l'ordre et la mort des terroristes, est la plus longue et la plus meurtrière.

Les attentats ont nécessité plusieurs semaines, voire plusieurs mois de préparation. Les auteurs proprement dits n'ont pu agir qu'avec l'aide d'un réseau de complices, lequel n'est en novembre 2015 que partiellement identifié par les services de police. La police estime à neuf le nombre des auteurs des attentats, répartis entre trois équipes de trois individus, auxquels il faut ajouter Salah Abdeslam, qui convoyait les kamikazes du Stade de France.

Abdelhamid Abaaoud est la cible principale de cette opération. Né en 1987, c'est un petit délinquant belge originaire d'Anderlecht, devenu une figure du jihadisme belge en raison notamment de son activité sur Facebook. En 2013, après s'être radicalisé, il rejoint l'État islamique en Syrie. Il est mis en cause dans la préparation de plusieurs attentats, celui du quadruple assassinat du Musée juif à Bruxelles commis par Mehdi Nemmouche en mai 2014, des attentats déjoués à Verviers le 15 janvier 2015 de l’affaire du Thalys, l’attaque prévue d’une église de Villejuif par Sid Ahmed Ghlam, ainsi que le projet d’attentat dans une salle de concert en août 2015. Identifié comme l'un des auteurs des fusillades sur les terrasses, il est aussi soupçonné d'en être le commanditaire opérationnel. Alors qu'on le croyait en Syrie, il est révélé a posteriori qu'Abaaoud a été repéré par des caméras de surveillance à 22 h 14 le 13 novembre, à l'intérieur de la station de métro Croix de Chavaux, dans la commune de Montreuil (Seine-Saint-Denis), à 250 mètres de l'endroit où a été abandonnée la Seat noire ayant transporté le commando terroriste qui a mitraillé les terrasses de cafés et de restaurants de l'Est parisien. Par ailleurs, l'enquête révèle qu'il a manipulé une des trois kalachnikov retrouvées dans cette voiture.

L'homme accompagnant Abaaoud est Chakib Akrouh, un Belgo-Marocain né en 1990 à Berchem-Sainte-Agathe, parti faire le djihad en Syrie en 2013 grâce au même réseau de recrutement qu'Abaaoud. Son identité reste inconnue jusqu'en janvier 2016. Son ADN est conforme à celui retrouvé sur une arme découverte dans la Seat abandonnée à Montreuil, les enquêteurs pensent donc qu'il s'agit du troisième auteur des fusillades des terrasses des 10e et 11e arrondissements.

Hasna Aït Boulahcen, née le 12 août 1989 à Clichy (Hauts-de-Seine), est une Française de 26 ans, cousine d'Abaaoud. Surveillée par les autorités pour une affaire de trafic de stupéfiants, elle a mené une vie plutôt agitée, connaissant des problèmes d'alcool, avant de se convertir brusquement à l'islamisme radical, six mois environ avant les attentats. Cinq mois après son décès, la petite sœur d'Hasna Aït Boulahcen se confie à la presse sur sa personnalité. Victimes de maltraitance, les sœurs ont été placées en familles d'accueil pendant quatre ans à l'âge de huit ans. Sportive, coquette, aimant rire et sortir avec les garçons, elle commence à se voiler en 2014 et à chercher un mari. Après une première séparation, elle se met à porter le niqab. « J'ai essayé de la raisonner. Elle avait aussi mis une photo de Ben Laden sur sa page Facebook. Je lui ai dit : « Les gens vont croire que tu es une terroriste ». » Fascinée par son cousin aperçu à la télévision, sa sœur l'estime « victime de notre cousin. Elle a été contrainte de lui trouver cet appartement à Saint-Denis. Abaaoud l'avait menacée de tuer d'autres personnes si elle ne faisait pas ce qu'il voulait. Aujourd'hui, les gens ne savent pas qui elle était réellement. Hasna était trop gentille, trop naïve, trop influençable ».

Le procureur de la République de Paris, François Molins, a déclaré qu'un témoignage au numéro « 197 alerte attentat » est recueilli le 16 novembre 2015 et fait état de la présence d'Abaaoud à Saint-Denis. La police aurait été avertie par les services secrets marocains de la présence de l'individu recherché en France. En septembre 2016, le Bureau central d'investigation judiciaire, chargé de la lutte contre le terrorisme au Maroc, revendique de nouveau un rôle déterminant dans la traque d'Abaaoud. Sur la recommandation de ces services, l'attention se focalise sur Hasna Aït Boulhacen, présentée comme la cousine d'Abdelhamid Abaaoud. Placée sur écoute, elle va permettre de localiser la planque du commando. Des vérifications téléphoniques et bancaires auraient ensuite permis de recouper ce renseignement initial.

Après les attentats du 13 novembre, Abdelhamid Abaaoud se terre sur un talus végétalisé situé en contrebas de l'A86 dans une zone d'entrepôts à Aubervilliers. Hasna Aït Boulahcen a une vingtaine de contacts SMS et téléphoniques avec son frère Youssef Aït-Boulhacen qui lui fait savoir qu'il ne peut héberger son cousin, ce qui l'amène à se tourner vers Mohamed Soumah et Jawad Bendaoud.

Les enquêteurs sont mis sur la piste de cette planque le 16 novembre. Le lendemain ils placent à proximité de la cachette une caméra et guettent les allées et venues autour du talus. Ce jour-là, Hasna Aït Boulahcen reçoit un virement Western Union de 750 € envoyé vers 18 h par un homme connu sous une fausse identité, Samir Bouzid, contrôlé en septembre 2015 à la frontière austro-hongroise en compagnie de Salah Abdeslam. À 20 h 10 les enquêteurs aperçoivent une jeune femme, qui se révélera être Hasna Aït Boulahcen, s'approcher des fourrés, un portable à l'oreille. Une minute plus tard Chakib Akrouh apparaît puis à 20 h 13, les policiers reconnaissent Abaaoud émergeant des bosquets. Les données de son téléphone et des reliefs de nourriture permettent d'établir que les deux hommes s'y sont cachés quelques heures après les attentats et y sont restés quatre jours et trois nuits. L'équipe chargée de la filature décide de ne pas intervenir directement car Abaaoud porte un gilet fermé, ce qui laisse craindre qu'il soit équipé d'une ceinture explosive. Le trio monte dans un taxi, qui est suivi par la police et dépose Abaaoud et ses complices rue du Corbillon à Saint-Denis. Des caméras de vidéo surveillance montrent à 22 h 14 Abaaoud franchissant l'entrée de l'immeuble qui constituera sa dernière planque. Proche du Stade de France, du Nord de Paris et des grands axes autoroutiers, Saint-Denis abrite des marchés où se trouvent de nombreux petits commerçants et des vendeurs à la sauvette parmi lesquels il est facile de se dissimuler.

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