Ce Jour-là

Opération Bagration

Grande offensive des forces de l'Union soviétique contre l'Allemagne nazie

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L’opération Bagration (en russe : Операция Багратион : Operatsiya Bagration), pendant la Seconde Guerre mondiale, est une offensive d'été des forces de l'Union soviétique menée du 22 juin au 19 août 1944. Nommée en référence au général Pierre de Bagration (1765-1812), elle vise à libérer de toute occupation militaire allemande la RSS de Biélorussie (Russie blanche) et à éliminer le groupe d'armées Centre.

C'est la plus grande opération militaire de l'année 1944. Elle se déroule peu de temps après le Débarquement de Normandie et contribue à l'issue de la bataille de Normandie en bloquant sur le front Est des forces allemandes qui ne peuvent être redéployées en renfort sur le front Ouest.

L'Union soviétique déploie à cette occasion une puissance qui stupéfie tous les belligérants des deux camps. Sur une ligne de front s'étendant sur 1 000 km, les Soviétiques avancent de 600 km en deux mois ; à l'issue de ce mouvement, la défaite allemande est consommée. L'Armée rouge brise complètement la ligne de front allemande et détruit près de trente des divisions du groupe d'armées Centre dont les trois armées (4e, 3e panzer et 9e armée) sont pulvérisées : seuls des éléments épars parviennent à s'échapper en Prusse-Orientale et dans les Pays baltes.

C'est la plus grande défaite de la Wehrmacht et de l'histoire militaire allemande, avec environ 450 000 soldats perdus et 300 000 autres encerclés dans la poche de Courlande.

Les conséquences sont lourdes pour l'Allemagne dont c'est la troisième défaite majeure face aux Soviétiques après les désastres de Stalingrad et de Koursk, qui lui ont coûté plus d'un million d'hommes. Le Troisième Reich doit désormais faire face à la dure réalité : d'ores et déjà vaincu en Afrique du Nord, il est en train de perdre la bataille de l'Atlantique, il doit reculer en France et

en Italie, sa maîtrise du ciel ne cesse de diminuer de même que sa capacité à reconstituer ses forces et de fait, il ne parviendra jamais à reprendre l'initiative à l'Est. L'envoi d'importants renforts allemands pour tenter d'endiguer Bagration a dangereusement affaibli le groupe d'armées Ukraine du Nord, ce qui permet aux Soviétiques de pousser leur plan stratégique pour l'été et l'automne 1944 : l'obtention de têtes de ponts solides à l'ouest de la Vistule avec l'offensive Kovel-Lublin et l'offensive de Lvov-Sandomir, puis fin août, avec l'offensive de Jassy-Kishinev, la conquête de la Roumanie et de ses champs pétrolifères, qui prive le Troisième Reich d'une ressource vitale.

Contexte général et préparation

Les Soviétiques réclament depuis le 29 juin 1941 l'ouverture d'un « second front » en Europe. Il y a bien des combats en Afrique du nord depuis 1940, mais ce front n'absorbe pas de force allemande significative, et Staline ne compte pas non plus ni les combats navals dans l'Atlantique, ni les combats dans les airs. Les Américains sont favorables au principe d'une attaque massive contre les positions allemandes en France, tandis que les Britanniques, qui ont l'expérience de la guerre, jugent cette ambition prématurée et préfèrent commencer par des opérations périphériques en Méditerranée, de préférence dans les Balkans ; un compromis entre Anglais et Américains est trouvé pour des opérations en Italie à condition que la priorité reste aux futures opérations en France.

Lors de la conférence de Téhéran à la fin de l'année 1943, les Alliés occidentaux ont déjà débarqué en Italie, fait tomber Mussolini et l'Italie est passé du côté des Alliés, mais l'avancée alliée sur ce front est bloquée par la défense allemande sur la ligne Gustave. L'accord sur le principe d'un débarquement en France étant acquis, Staline annonce une offensive stratégique de grande envergure sur le front Est qui permettra d'éviter les transferts de troupes allemandes vers ce nouveau front.

Le nom de code de l'opération rend hommage au prince géorgien Piotr Ivanovitch Bagration, héros de la campagne de Russie en 1812.

Depuis Stalingrad et surtout la bataille de Koursk, les forces soviétiques ont avancé vers l’Europe centrale et repris aux Allemands une partie importante du terrain conquis en 1941 et 1942. En 1944, l'Ukraine est libérée, toute menace directe ou indirecte sur Moscou est écartée. Les troupes de l'Axe ont été repoussées sur leurs lignes de départ sur tout le front sud, en Ukraine particulièrement.

Sur la totalité du front, ainsi que dans la région de la Baltique, les Allemands se retranchent derrière la ligne Panther-Wotan afin de mener une guerre d'usure similaire à la Première Guerre mondiale (ligne Hindenburg). Se rendant compte que la Wehrmacht n'a plus les moyens de mener des offensives stratégiques, Hitler espère ainsi « saigner » l'Armée rouge avant que le débarquement des armées alliées à l'ouest ne crée une menace majeure pour le Reich.

Après les grandes défaites allemandes de l'année 1943, l'Armée rouge cherche à libérer la totalité du territoire soviétique en refoulant les Allemands sur leurs positions de départ et en libérant les territoires occupés depuis 1941.

Pour la quatrième fois, les Soviétiques essaient de détruire le groupe d'armées Centre. Après la contre-offensive d'hiver de 1941, l'opération Mars en 1942, ils échouent une nouvelle fois entre l'automne 1943 et l'hiver 1944 dans les batailles qui ont suivi la bataille de Koursk, la seconde bataille de Kiev et la bataille de Crimée, mais réussissent toutefois à faire reculer la Wehrmacht jusqu'en Biélorussie orientale.

L'ex-propagandiste allemand Paul Carell écrit en 1968 :

« la tâche de libérer la Russie blanche, dit Rokossovski, avait été confiée aux fronts (en russe : фронт) concernés dès l'automne de 1943, lorsque nous avancions vers le Dniepr. Mais l'affaire se révéla impossible, car nous avions subi de trop grosses pertes au cours des batailles de l'été »

Sur les autres fronts d'Europe

En Italie, la situation empire pour les Allemands. Le mont Cassin est tombé, la ligne Gustav se disloque et la route de Rome s'ouvre aux Alliés. Le second front tant attendu par Staline est ouvert en France depuis le 6 juin 1944, bloquant d’importantes forces et réserves allemandes dans la bataille de Normandie, et privant le Reich de transferts de troupes vers l'est.

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