Ce Jour-là

Omar Sharif

Acteur égyptien

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Michel Chalhoub, dit Omar Sharif (arabe : عمر الشريف), également orthographié Omar El-Sharif, né le 10 avril 1932 à Alexandrie et mort le 10 juillet 2015 au Caire, est un acteur égyptien.

Après une licence en mathématiques et physique à l'université du Caire, il commence une carrière d'acteur dans son pays grâce à un second rôle dans le film Le Démon du désert (1954) de Youssef Chahine. C'est sur le plateau de ce film qu'il s'attribue le nom d'« Omar Sharif », qui deviendra son pseudonyme d'acteur. Il commence une collaboration avec son compatriote Chahine qui s'étalera sur pas moins de six films.

Sa carrière grandit à l'étranger grâce à ses rôles dans les drames français La Châtelaine du Liban (1956) et Goha (1959), ce dernier étant primé au festival de Cannes 1958. Il obtient ensuite une reconnaissance mondiale grâce à son second rôle dans la fresque historique britannique Lawrence d'Arabie (1962) aux côtés de Peter O'Toole. Acclamé par la presse, il reçoit le Golden Globe du meilleur acteur dans un second rôle ainsi qu'une nomination à l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle à l'âge de trente ans.

Devenu une vedette internationale, Omar Sharif devient l'un des acteurs étrangers les plus demandés de son époque, devenant la tête d'affiche de superproductions hollywoodiennes à succès comme, entre autres, Le Docteur Jivago (1966) (pour lequel il obtient un second Golden Globe), mais aussi Mayerling (1968) ou encore la comédie musicale Funny Girl (1964) avec Barbra Streisand. En 2004, il est récompensé du César du meilleur acteur pour son rôle dans le film Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran (2003).

Actif des années 1950 aux années 2010 dans des productions cinématographiques américaines, britanniques, françaises, italiennes et de nombreux autres pays, Omar Sharif est aussi renommé pour avoir été un joueur de bridge de classe mondiale, ainsi qu'un passionné de chevaux de course et de courses hippiques.

Michel Dimitri Youssef Chalhoub naît en 1932 à Alexandrie dans une famille chrétienne originaire de Zahlé au Liban. Élevé dans le rite melkite, il se convertira en 1955 à l'islam afin d'épouser l'actrice musulmane égyptienne Faten Hamama, dont il divorcera plus tard. Il n'a jamais été croyant, se disant agnostique : « Je me donne l'autorisation de douter de tout ». Propos tenu dans l'émission de Thierry Ardisson.

À l'université britannique Victoria (en) d'Alexandrie, il étudie les mathématiques, la physique, le français ainsi que cinq autres langues, qu’il parle plus ou moins couramment : l'arabe, l'anglais, le grec, l'italien et l'espagnol.

Après avoir obtenu une licence en mathématiques et physique à l'université du Caire, il travaille pendant cinq ans dans l'entreprise de bois précieux de son père avant d’aller étudier le métier d’acteur à la Royal Academy of Dramatic Art de Londres.

En 1954, de retour en Égypte, il est découvert par son compatriote le cinéaste Youssef Chahine, qui le fait débuter dans Le Démon du désert, où il incarne un jeune bédouin répondant au nom d'« Omar El Sharif ». Deux ans plus tard, Youssef Chahine lui donne le rôle vedette, face à la star égyptienne de l’époque Faten Hamama dans Les Eaux noires.

Les films s'enchaînent. Le film est présenté au festival de Cannes, où il obtient ses premières louanges. Il joue pour Atef Salem, Fatine Abdel Wahab, puis Salah Abou Seif. En 1961, il est une des vedettes du film d’Henry Barakat, Fi Baytina Rajul (Un homme chez nous), aux côtés de Zubaida Tharwat. Ce film est consacré à une famille égyptienne qui est conduite à cacher un jeune révolutionnaire accusé de l'assassinat d'un homme politique. Ce thème de la résistance égyptienne contre l'occupation anglaise, avant la révolution du 23 juillet 1952, fait écho à la décolonisation en cours dans le continent africain. Omar El Sharif devient une grande star du cinéma en tenant la vedette de vingt-six films égyptiens.

En 1955, il épouse Faten Hamama avec qui il a un fils en 1957, Tarek Sharif, ce qui augmente sa popularité dans le monde arabe. Ils divorcent en 1974 ; Omar Sharif ne se remariera pas.

En 1956, l'acteur entame une carrière internationale en venant tourner en France La Châtelaine du Liban sous la direction de Richard Pottier, car l'acteur Jean-Claude Pascal l'a vivement recommandé. Le film suivant, Goha, film franco-tunisien réalisé par Jacques Baratier avec une toute jeune Claudia Cardinale, obtient le prix « Un certain regard » au Festival de Cannes.

En 1962, à trente ans, il joue le rôle du prince du désert Ali Ibn Kharish dans sa première superproduction internationale, Lawrence d'Arabie de David Lean, aux côtés de Peter O'Toole. Ce film consacre son nouveau nom « Omar Sharif » dans la partie occidentale du monde, car ce rôle lui vaut une célébrité mondiale immédiate, ainsi qu'un Golden Globe du meilleur acteur dans un second rôle 1963 et une nomination pour l'Oscar du meilleur second rôle en 1963. Ce film marque le début de sa carrière d'acteur international et lui confère une place dans l'histoire du cinéma. Il s'installe alors avec son fils à Hollywood, où il signe un contrat de sept ans avec les studios hollywoodiens Columbia Pictures. C'est à cette époque qu'il se sépare de sa femme, d'un commun accord malgré leurs sentiments, pour « incompatibilité de la vie de couple avec la vie d'acteur international[réf. nécessaire] ».

En 1965, il renoue avec un triomphe mondial dans Le Docteur Jivago aux côtés de Julie Christie, une autre réalisation de David Lean, pour lequel il obtient cette fois le Golden Globe Award du Meilleur Acteur en 1965 pour son rôle du poète médecin russe Youri Jivago.

Omar Sharif joue alors dans plus de soixante films américains et européens notamment, jeune premier puis figure paternelle, entre autres avec les cinéastes Anthony Mann, Francesco Rosi, Henri Verneuil, Sidney Lumet, Andrzej Wajda, Alejandro Jodorowsky, Blake Edwards, John McTiernan, David Zucker, Jim Abrahams et Jerry Zucker, Arielle Dombasle et Valeria Bruni Tedeschi, Roland Emmerich, Jim Sheridan, et les acteurs James Coburn et Anita Ekberg, Anthony Quinn, Catherine Deneuve, Jean-Paul Belmondo, Sophia Loren, Michael Caine, Gregory Peck, Julie Andrews, Claudia Cardinale faisant ses premiers pas devant une caméra, Jane Seymour à plusieurs reprises, Lea Massari, Antonio Banderas, Viggo Mortensen, à la télévision Jeanne Moreau et Grace Jones…

Malgré d'indéniables réussites (La Nuit des généraux d'Anatole Litvak ; La Vallée perdue de James Clavell), Omar Sharif s'est toujours montré très critique à l'égard de son propre travail et de sa paresse[réf. nécessaire].

Sa vie privée, réelle ou supposée, a fait le régal des tabloïds. Dès son premier film, il flirte avec Yolanda Gigliotti, future Dalida. Après sa séparation d'avec son épouse, la liste de ses conquêtes comprend Ingrid Bergman, de dix-sept ans son aînée, Annette Stroyberg, ancienne épouse de Roger Vadim, qu'il emmène à Los Angeles, Barbra Streisand dont l'identité juive menace la nationalité égyptienne de Sharif qui attendra presque dix ans pour retourner dans son pays (Streisand lui a d'ailleurs rendu hommage à l'annonce de sa mort), Ava Gardner, Anouk Aimée, Andréa Ferréol avec qui il a vécu ses trente dernières années de 1984 à 2014.

Comme beaucoup de stars, Sharif a interprété un certain nombre de personnages historiques ou mythiques, au cinéma et à la télévision : Genghis Khan, Che Guevara, Nicolas II de Russie, le capitaine Nemo, Saint Pierre en 2005, Jethro dans Les Dix Commandements de Robert Dornhelm en 2006, et dans nombre d'adaptations (de Joseph Kessel, James Hadley Chase, Jean-Paul Sartre, Fiodor Dostoïevski, Michael Crichton…), passant de l'Allemagne ou l'Italie à l'Inde, d'un genre à un autre, western, espionnage, comédie musicale ou non…

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