Ce Jour-là

Olaf Ludwig

Coureur cycliste allemand

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Olaf Ludwig (né le 13 avril 1960 à Gera-Thieschits) fut l'un des meilleurs cyclistes allemands durant les années 1980 et 1990. Ces principaux succès en tant qu'amateur furent deux victoires finales sur la Course de la Paix (1982 et 1986), dont il détient le record d'étapes (38 succès) et la médaille d'or de la course en ligne des Jeux olympiques de 1988. Durant sa carrière professionnelle, il gagna trois étapes du Tour de France, ainsi que le maillot vert du classement par points. En 1992, il remporta le classement final de la Coupe du monde. L'année suivante, il prit la troisième place de la course en ligne aux championnats du monde sur route. À la fin de sa carrière, il créa la société Olaf Ludwig Cycling GmbH, qui géra l'équipe T-Mobile jusqu'au 31 octobre 2006. Il exerça également diverses fonctions à la fédération allemande de cyclisme, au sein de l'équipe T-Mobile, et à l'Union cycliste internationale.

Les parents d'Olaf Ludwig étaient Rolf, machiniste († 1977), et Sieglinde Ludwig. À partir de 1967, la famille habita à Thieschitz, sur la commune de Gera, un petit faubourg au caractère rural. Olaf Ludwig se passionna tôt dans son enfance pour le sport – il jouait au football et pratiquait l'athlétisme. Dans ces deux sports, il disposait d'après ses entraineurs d'un talent certain.

En mai 1972, Gera accueillit une étape de la Course de la Paix. Cet événement fut si impressionnant pour le jeune Olaf Ludwig (12 ans) qu'il commença le cyclisme à la Sportgemeinschaft Dynamo Gera Mitte. Son talent y fut vite remarqué. À peine un an plus tard, le jeune garçon devait être confié à un club berlinois, conformément au programme de détection sportif de la RDA. Cela impliquait de l'envoyer dans un internat. Ses parents s'y opposèrent, et Olaf resta à Gera. À partir de 1972, il fut entraîné au SG Wismut, qui était lié à la Sportgemeinschaft Dynamo, par l'ancien coureur cycliste Werner Marschner qui le fit progresser. Après avoir pris la troisième place de l'Internationalen Junioren-Sternfahrt à Neugersdorf, il fut sélectionné dans l'équipe nationale junior.

1977 fut une année riche de succès pour le jeune Olaf Ludwig. Aux Championnats de la jeunesse de l'amitié (Jugendwettkämpfen der Freundschaft) de La Havane, il remporta avec Thomas Barth, Falk Boden et Andreas Kluge le contre-la-montre par équipe. Quelques semaines plus tard, cette équipe fut médaillée d'or aux championnats du monde junior à Stockerau en Autriche. En août, il rencontra en discothèque Heike Födisch, qui devint sa femme. Cette année réussie pour Olaf Ludwig fut néanmoins assombrie en novembre par la mort de son père Rolf.

L'équipe est-allemande conserva son titre aux championnats du monde junior à Washington en 1978. À la fin de l'année suivante, son amie Heike lui annonça qu'elle était enceinte. Ludwig, qui préparait déjà sa participation aux Jeux olympiques, dut informer alors l’Union sportive et gymnique allemande (Deutscher Turn- und Sportbund, DTSB) qu'ils désiraient se marier après les Jeux. Deux raisons à cela : d'une part le gouvernement faisait en sorte que ses sportifs paraissent des hommes intègres et de bons pères de famille, d'autre part les sportifs ayant une attache familiale avaient moins de risque de profiter d'un de leurs voyages à l'étranger pour fuir vers l'ouest. À l'été 1979, il passa son Abitur à Gera avec Thomas Barth. À côte de sa carrière de coureur cycliste, il entreprit des études pour devenir professeur de sport. Il n'exerça cependant jamais cette profession.

En 1980, il participa pour la première fois à la Course de la Paix, et fit sensation en remportant d'emblée la première étape et en portant le maillot jaune durant les deux étapes suivantes. À Berlin, il gagna la sixième étape, sous les yeux du gouvernement de la RDA, siégeant sur la tribune devant la ligne d'arrivée. Il s'imposa également sur la huitième étape et, finalement, sur le contre-la-montre en côte à Solenice en Tchécoslovaquie. Il acheva ainsi sa première Course de la Paix à la troisième place du classement général.

La même année, il participa à ses premiers Jeux olympiques à Moscou. En contre-la-montre par équipe, il remporta la médaille d'argent avec Hans-Joachim Hartnick, Bernd Drogan et Falk Boden, mais ne termina qu'à la vingt-troisième place de la course individuelle. De retour en Allemagne, il se maria avec Heike, après la naissance de leur fille Madlen le 7 juillet.

En 1981, il triompha au Tour de Basse-Saxe, et remporta cinq étapes de la Course de la Paix, dont il prit la quatrième place. En 1982, il fêta sa première victoire finale sur la Course de la Paix, après avoir acquis le maillot jaune sur le prologue, et l'avoir perdu puis repris le lendemain et le surlendemain. Sur les conséquences de ces victoires, il écrivit dans son autobiographie Höllenritt auf der Himmelsleiter :

« La course triomphante dans un océan de drapeaux se dissipa vite, mais l'enthousiasme des gens demeura. Durant des semaines, l'employée de la poste de Thieschitz du acheminer tant de kilos de lettres et de cartes, qu'après quelques jours, épuisée, elle tenait les opérations de ventes devant notre clôture. […] C'était incroyable. J'ai alors pris conscience de la responsabilité que l'on a en tant que sportif, lorsque l'on fait la course en tête et rencontre le succès. Qu'on le veuille ou non : chacun s'approprie notre personnalité, nous observe, et nous élève au rang de célébrité et d'exemple. […] Et pourtant cette vague d'intérêt m'a donné beaucoup de force. Le souhait de ne pas décevoir mes nombreux fans et amis m'a poursuivi lors se chaque course ou entraînement autour du globe.»

(« Die Triumphfahrt im Fahnenmeer war schnell verrauscht, aber die Begeisterung der Menschen hielt an. Wochenlang musste unsere Postfrau in Thieschitz Briefe und Karten kiloweise heranschleppen, nach ein paar Tagen hing sie entnervt nur noch die Einkaufstaschen voller Post an unseren Gartenzaun. […] Es war unglaublich. Damals ist mir wirklich bewußt geworden, welche Verantwortung man als Sportler auf sich lädt, wenn man vornwegfährt und Erfolg hat. Ob man will oder nicht: Man wird von jedermann vereinnahmt, auf Schritt und Tritt beobachtet, zur gesellschaftlichen Person und zum Vorbild ernannt. […] Und doch hat mir diese Woge der Aufmerksamkeit viel Kraft gegeben. Der Vorsatz, die vielen Fans und Freunde in der Heimat nicht zu enttäuschen, hat mich bei allen meinen Rennen als Rückhalt und Antrieb rund um den Globus verfolgt. »)

En septembre 1982, il gagna avec l'équipe nationale de RDA le classement par équipes du Tour de l'Avenir. En 1983, il fut le vainqueur final de cette épreuve. Il devint père pour la deuxième fois cette même année, à la naissance de Steven le 3 octobre.

En 1984, il ne put se rendre aux Jeux olympiques de Los Angeles, à cause de leur boycott par les pays socialistes. À la place, il participa au Triangle de Schleiz (Schleizer Dreieck), alors nommé Internationalen Wettkämpfe der Freundschaft. Une victoire lors de cette compétition, à laquelle concouraient 33 coureurs de onze pays, était considérée par le DTSB comme une victoire olympique. Bien qu'il fût de la région, Olaf Ludwig dut se contenter de la huitième place.

En 1985, il dut pour la première fois renoncer à prendre le départ de la Course de la Paix à cause d'un coup de froid. Il fut néanmoins le vainqueur final du Tour de Rhénanie-Palatinat peu après.

Sa deuxième victoire finale sur la Course de la Paix vint en 1986. L'épreuve partit de Kiev le 7 mai, seulement deux semaines après l'explosion du réacteur de Tchernobyl. En raison de la proximité du réacteur, les coureurs occidentaux déclarèrent forfait, à l'exception des Français et des Finlandais. Conformément aux instructions du gouvernement, l'équipe de la RDA prit le départ, et Olaf Ludwig en sortit grand vainqueur. Il se vit décerner pour ce succès le titre de sportif est-allemand de l'année.

La Course de la Paix 1987 vit la première participation de l'Ouzbek Djamolidine Abdoujaparov. Il devint durant les années suivantes le plus sérieux rival d'Olaf Ludwig. Leur duel au sprint devint légendaire.

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