L’offensive du sud du Yémen de 2025-2026 débute le 2 décembre 2025, pendant la guerre civile yéménite en cours, lorsque le Conseil de transition du Sud (STC) (une faction sécessionniste soutenue par les Émirats arabes unis) lance une offensive militaire à grande échelle à travers le sud du Yémen, mettant fin à des années d'impasse militaire dans le conflit. L'opération débute dans le gouvernorat de l'Hadramaout, qui est alors sous le contrôle du gouvernement du Yémen, reconnu internationalement et soutenu par l'Arabie saoudite.
Le STC progresse rapidement, s'emparant de plusieurs zones contrôlées par le gouvernement dans le nord du Wadi Hadramaout, y compris les villes de Say'un et Tarim. L'offensive s'étend ensuite au gouvernorat voisin de Mahra et à d'autres régions adjacentes. Baptisée opération Avenir prometteur, la campagne connaît des gains territoriaux rapides, et le 9 décembre, le STC a pris le contrôle de la plupart des zones couvrant les six gouvernorats de l'ancien Yémen du Sud.
Le 30 décembre, la Force aérienne royale saoudienne mène des frappes aériennes sur la ville portuaire d'Al Moukalla, contrôlée par le STC, visant ce qu'elle qualifie de cargaison d'armes arrivée des Émirats arabes unis. Les Émirats arabes unis nient que les cargaisons contiennent des armes. Peu après, le gouvernement yéménite, reconnu internationalement, ordonne à toutes les forces émiraties de quitter le territoire yéménite dans les 24 heures, annonce un blocus aérien, terrestre et maritime de 72 heures, et déclare l'état d'urgence de 90 jours. Plus tard dans la journée, les Émirats arabes unis annoncent qu'ils retireront volontairement leurs forces restantes du Yémen à la suite des frappes saoudiennes.
Le 2 janvier, les forces gouvernementales yéménites, soutenues par des frappes aériennes saoudiennes, lancent une offensive pour reprendre le Wadi Hadramaout au STC. Le STC annonce ensuite son intention d'organiser un référendum sur l'indépendance dans un délai de deux ans. Soutenues par l'Arabie saoudite, les forces gouvernementales avancent rapidement, capturant Say'un le 3 janvier et Al Moukalla le lendemain, inversant les gains du STC. Le 4 janvier, le STC déclare être prêt à entamer des pourparlers de paix avec le gouvernement yéménite et l'Arabie saoudite, saluant un appel saoudien au dialogue. Le 7 janvier, les forces gouvernementales commencent à pénétrer dans la capitale du STC, Aden, au milieu de l'effondrement de la résistance du STC. Par la suite, le chef du STC Aïdarous al-Zoubaïdi est démis de ses fonctions au Conseil présidentiel yéménite, accusé de trahison, puis s'enfuit aux Émirats arabes unis.
Le 9 janvier, le secrétaire général Abdulrahman Jalal al-Subaihi annonce la dissolution du mouvement à la suite de la perte de tous les territoires qu'il contrôlait.
Le Yémen est plongé dans une guerre civile à plusieurs facettes depuis 2014. Pour lutter contre les Houthis, qui contrôlent la majeure partie du nord du Yémen, dont la capitale Sanaa, le gouvernement reconnu internationalement, avec la coalition dirigée par l'Arabie saoudite, s'associe au Mouvement du Sud, sécessionniste. Celui-ci, depuis 2017, est dominé par le Conseil de transition du Sud (STC). Bien qu'officiellement une composante du gouvernement, le STC, qui bénéficie du considérable soutien et financement des Émirats arabes unis, contrôle et administre de manière indépendante la majeure partie du sud du Yémen et exprime toujours son intention de créer un « État d'Arabie du Sud » fédéral.
Hadramaout est le plus grand gouvernorat du Yémen : il couvre environ un tiers du pays et contient près de 80 % de ses réserves pétrolières et d'autres minéraux. Le contrôle du territoire a auparavant été partagé entre le STC sur la côte sud et le gouvernement yéménite plus au nord, dans une zone connue sous le nom de Wadi Hadramaout (vallée du Hadramaout). Selon le STC, le Wadi Hadramaout subit des opérations de contrebande au profit des Houthis, ainsi que des groupes islamistes locaux.
Les tensions montent à Hadramaout depuis novembre 2025 entre le STC et l'Alliance tribale de l'Hadramaout (en), un groupe soutenu par l'Arabie saoudite et dirigé par Amr bin Habrish. Le 29 novembre, les Forces de protection de Hadramaout, la branche militaire de l'alliance tribale, se déploient autour des champs pétrolifères de Masila à Hadramaout, appartenant à PetroMasila, la plus grande compagnie pétrolière du Yémen, afin de « défendre les ressources nationales contre toute agression potentielle ou ingérence extérieure », selon Habrish. En réponse, le STC commence à renforcer sa présence militaire à Hadramaout.
Le 2 décembre, une grande partie des troupes du Mouvement du Sud commencent à avancer vers le nord à travers le district de Sah (en) et, à la fin de la journée, elles se trouvent à quelques dizaines de kilomètres de Say'un.
L'offensive est lancée par les Forces armées du Sud du STC le 3 décembre 2025, dirigées par les Forces d'élite Hadhrami (en). À Say'un, les forces STC se positionnent dans la zone de Jathma puis bombardent le quartier général de la 1re Région militaire situé en ville. De brefs affrontements sont signalés entre le STC et les troupes de la 1re région militaire (en) de l'armée yéménite, notamment au palais présidentiel et à l'aéroport international. Quelques heures après les combats, les forces du STC prennent plusieurs positions et des installations de l'État dans la 1re région militaire, ce qui conduit le gouvernement à retirer ses troupes. De là, les forces du STC peuvent facilement prendre Say'un et se disperser dans le Wadi Hadramaout, où elles investissent plusieurs autres villes et des bases militaires. À la fin de la journée, les forces du STC ont pris presque toutes les zones stratégiquement significatives du Wadi Hadramaout, telles que Say'un, y compris son aéroport et le quartier général de la 1re région militaire, Tarim, Al-Qatn (en), Hawra' (en), Al-Raddood et Al-Khasha'a (en).
Le 3 décembre, dans le district d'Arma, dans le gouvernorat de Chabwa, les forces du STC affirment avoir pris le contrôle d'« un camp appartenant aux Frères musulmans » dans le désert d'Arin. Le 8 décembre, les forces du sud prennent le contrôle du champ pétrolifère d'Al-Uqlah dans le gouvernorat. Les forces du STC seraient équipées de véhicules blindés émiratis et d'obusiers chinois AH-4 (en) de 155 mm, que les Émirats arabes unis fournissent à d'autres mandataires[pas clair]. Quatre morts sont signalés parmi les combattants du STC, au sein de la 14e brigade Lightning, de la 5e brigade de soutien et de renfort, et de la brigade Barshid. L'armée régulière aurait aussi subi des pertes.
Aux premières heures du 4 décembre, les forces du STC investissent l'installation de PetroMasila et les positions militaires de l'Alliance tribale du Hadramaout. L'Alliance se retire de la région dans le cadre d'un accord soutenu par l'Arabie saoudite, bien que le STC signale la mort de quatre de ses soldats lors d'affrontements mineurs dans la région. Dans l'Hadramaout, les forces du sud annoncent la capture de la 23e brigade mécanisée dans la zone d'Al-Abr du Wadi Hadramaout et de la 11e brigade de gardes-frontières au camp de Ramah. Au final, le contrôle du camp d'Al-Abr est confié aux Forces du Bouclier national soutenues par l'Arabie saoudite.
Le 4 décembre, les forces sudistes s'emparent sans combat de la capitale du gouvernorat de Mahra, Al Ghaydah, ainsi que du port de Nishtun. Le 5 décembre, les forces du Bouclier national reçoivent également le contrôle de l'aéroport d'Al-Ghaydah et du port de Nishtun.
Le 5 décembre, les forces du Bouclier national tentent également de reprendre Say'un mais sont empêchées par les forces du Sud.
Le 6 décembre, les forces d'élite hadrami capturent le camp de Thamud (en) dans le nord du Hadramaout. Pendant ce temps, le poste de contrôle de Ramah à proximité est capturé par les tribus Al-Manahil après une attaque. Quatre membres de la Brigade des géants sont tués lorsqu'un engin explosif improvisé cible leur convoi dans la province de l'Hadramaout.