Odilo Globocnik, né le 21 avril 1904 à Trieste et mort le 31 mai 1945 à Paternion, est un criminel génocidaire nazi, autrichien puis allemand, qui atteint le grade de SS-Gruppenführer und Generalleutnant der Polizei. Il participe à l’Anschluss. Il est ensuite Gauleiter à Vienne, puis SS- und Polizeiführer (SSPf) du district de Lublin, où il joue un rôle essentiel dans l'extermination des Juifs polonais et la création des centres d'extermination nazis. Durant l'été 1943, il est muté à Trieste à la limite de l’Istrie, zone particulièrement dangereuse en raison des durs combats avec les partisans yougoslaves. En fuite à la fin de la guerre, il est retrouvé rapidement par les troupes britanniques, à la suite de quoi il se suicide.
Issu d'une famille germanisée d'origine slovène du côté paternel et serbo-croate du côté maternel, Globocnik est né en 1904 à Trieste, alors capitale de la province du Littoral autrichien.
Il entre début 1914 dans une école militaire afin de marcher dans les pas de son père, officier dans l'armée austro-hongroise, mais sa formation est interrompue par le déclenchement de la Première Guerre mondiale et il se réoriente dans l'ingénierie du bâtiment.
Après l'éclatement de l'Autriche-Hongrie, sa famille opte pour la nationalité autrichienne et s'installe à Klagenfurt. Pour soutenir financièrement sa famille, il devient à l'adolescence porteur de valises dans une gare. Il s'engage en parallèle dans les milices de volontaires pro-autrichiens qui affrontent en Carinthie les milices pro-slovènes de l'automne 1918 à l'été 1919, et fait de la propagande pour la cause autrichienne lors du plébiscite de Carinthie en 1920.
En 1922, il s'inscrit au parti nazi, où il s'occupe de la propagande et est chargé de mettre sur pied un réseau chargé de transférer des fonds depuis le Reich vers l'Autriche ; il est traduit à cinq reprises devant des tribunaux autrichiens pour trahison. En août 1932, il est arrêté pour être entré en contact avec des nazis incarcérés dans la prison de Klagenfurt.
Malgré son ascendance yougoslave trahie par son nom de famille et moquée par les autres nazis, Himmler défend Globocnik en expliquant que ses ancêtres auraient été des aryens slavisés puis regermanisés.
Le Troisième Reich et l'Anschluss
En juin 1933, il participe à un attentat mortel contre un bijoutier juif à Vienne et l'année suivante, en 1934, il entre dans la SS. Il dirige un parti nazi en province et joue un rôle décisif dans la prise du pouvoir par les nazis en Autriche au moment de l'Anschluss.
Le 24 mai 1938, Adolf Hitler le nomme Gauleiter du Bas-Danube (Vienne). En octobre, il organise avec Adolf Eichmann le regroupement à Vienne de 10 000 Juifs de la banlieue de la capitale autrichienne, en vue de leur expulsion hors du Reich. Il pratique également une politique de déchristianisation violente de l'Autriche, en confisquant de nombreux biens de l'Eglise catholique et en envoyant des prêtres à Dachau, ce qui lui vaut une forte résistance de la population autrichienne.
Impliqué dans un trafic de devises étrangères, il est démis de ses fonctions le 30 janvier 1939 et devient volontaire dans une unité combattante SS au sein de laquelle il fait la campagne de Pologne avec le grade de caporal. Le caractère impitoyable de Globocnik, très apprécié par Himmler, lui vaut ensuite une ascension rapide dans la SS.
Responsable allemand dans le Gouvernement général de Pologne
Le 9 novembre 1939, Himmler le promeut SS-Brigadeführer et le nomme SSPf (chef de la SS et de la Police) du district de Lublin dans le Gouvernement général de Pologne, sous les ordres du HSSPf Friedrich-Wilhelm Krüger.
Dans le cadre de ses nouvelles fonctions de responsable d'un district frontalier, il suggère à Himmler la réalisation d'un ensemble défensif le long de la frontière soviétique : pour la réalisation de ses ouvrages de défense, il emploie la main d’œuvre juive préalablement rassemblée dans le ghetto de Lublin.
Durant les premiers mois de ses fonctions, il rencontre fréquemment Himmler, venu s'enquérir des transferts de populations dans le Gouvernement général.
Cordialement détesté par Frank, gouverneur général de Pologne, et par son représentant à Lublin, Ernst Zörner, il se montre extrêmement corrompu ; Zörner s'oppose par exemple à ses tentatives pour soutirer des fonds au conseil juif du ghetto de Lublin. Il entretient avec Frank et son subordonné sur place des rapports empreints de mépris et de méfiance, cherchant toujours à s'appuyer sur Himmler et Hitler : il cherche fréquemment à court-circuiter l'administration civile au profit de sa propre administration, souhaitant par exemple exercer lui-même le contrôle de l'exploitation au profit du Reich des Juifs résidant dans son district, s'opposant en cela à l'action des structures mises en place par le gouverneur général et son administration, menant sa propre politique, sans tenir compte des directives de Frank.
Défendant la dimension raciale de la politique menée en Pologne, il mène, dans le district dans lequel il est compétent, une brutale politique de génocide et d'épuration ethnique, dans le cadre de l’action Zamosc, entreprise de colonisation à l'échelle du cercle du même nom, situé dans le Sud du district de Lublin.
Au début de l'année 1943, à l'issue d'une confrontation entre Hans Frank et Heinrich Himmler et en plus de sa récente promotion au rang de SS-Gruppenführer, il est nommé gouverneur du district de Lublin, cumulant les fonctions civiles, dévolues aux subordonnées de Hans Frank, et les fonctions policières et raciales, confiées à la SS.
À ces fonctions de responsable territorial SS, il ajoute des fonctions policières, ayant notamment la charge de la répression des mouvements de résistance dans son district. Ainsi, face à la recrudescence des actions de la résistance polonaise dans le district de Zamosc à partir du mois de décembre 1942, il planifie, pour les mois juin et en juillet 1943, les opérations Werwolf I et II dans l'arrondissement de Zamosc.