Ce Jour-là

Odette Malossane

Infirmière résistante française

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Odette Malossane, dite Etty, née le 27 juillet 1919 à Clérieux et morte le 25 mars 1945 au camp de concentration de Ravensbrück, est une infirmière et résistante française.

Infirmière major de l'hôpital clandestin du maquis du Vercors, elle continue de prodiguer des soins aux blessés réfugiés dans la grotte de la Luire jusqu'à la découverte du refuge par la Wehrmacht. Arrêtée, déportée en Allemagne puis envoyée dans plusieurs kommandos disciplinaires, elle meurt d'épuisement au printemps 1945.

Odette Malossane est la fille unique de deux instituteurs, Gaston Augustin Malossane (1883-1925) et Élise Garde, née en 1885. Sa famille est originaire de Chatuzange-le-Goubet. Protestante, elle fréquente la paroisse de Romans.

Après l'obtention de son brevet, elle suit une formation dans un établissement américain de Normandie, où elle obtient un diplôme de puéricultrice, avant de décrocher à Paris son diplôme d'État d'infirmière. En 1943, elle étudie la psychologie infantile à Lyon et exerce comme assistante sociale auprès du tribunal de Valence.

En décembre 1943, Odette Malossane est appelée pour secourir des soldats allemands grièvement brûlés dans un train que la Résistance venait de faire dérailler à Vercheny ; elle les soigne sans considération d'appartenance. Cet épisode marque son entrée dans la clandestinité.

Suivant l'engagement de son oncle Benjamin Malossane (1886-1970), elle rejoint à son tour le maquis. Le 10 juin 1944, elle gagne l'hôpital installé par les maquisards à Saint-Martin-en-Vercors, où elle est nommée infirmière major et bientôt surnommée « Etty » par ses compagnes.

Le 14 juillet 1944, après le parachutage allié sur Vassieux, l'aviation allemande bombarde Vassieux et les villages voisins. Odette Malossane organise l'accueil des blessés, assiste les chirurgiens durant toute la nuit et repart au travail dès le lendemain, ne s'accordant quasiment aucun repos.

Face à l'offensive allemande sur le Vercors à partir du 21 juillet 1944, l'hôpital de campagne de Saint-Martin, soit 122 personnes entre blessés, malades et soignants, doit se replier vers le sud. Le convoi tente de gagner Die, mais les troupes allemandes remontent la vallée de la Drôme ; il fait alors demi-tour et dissimule tout le monde dans la grotte de la Luire, sur la commune de Saint-Agnan-en-Vercors.

Les blessés sont hissés de nuit à flanc de montagne et installés sous le porche de la grotte, dans des conditions précaires. Avec les autres infirmières, Odette Malossane y soigne aussi bien les maquisards français que les prisonniers allemands.

Le 27 juillet 1944, jour de ses 25 ans, un détachement de la Wehrmacht découvre le refuge, signalé par une croix rouge. Les blessés sont fusillés sur leurs civières, deux Américains seulement étant épargnés ; le personnel soignant est, lui, emmené en captivité.

Conduite à Grenoble, puis incarcérée à la prison Montluc de Lyon, Odette Malossane fait partie des 7 infirmières de la Luire déportées.

Le 11 août 1944, elle quitte la gare de Lyon-Perrache dans le convoi no 14 166 à destination de l'Allemagne. Après un long parcours ferroviaire — Mâcon, Chalon-sur-Saône, Vittel, Épinal, Belfort —, le train traverse l'Alsace annexée de fait, où il est scindé : les wagons transportant environ 350 Juifs sont dirigés vers Auschwitz, tandis que 222 hommes non juifs sont débarqués à Rothau pour rejoindre le camp de concentration de Natzweiler-Struthof. Le 18 août 1944, le convoi franchit la frontière au pont de Kehl.

Les infirmières parviennent au camp de Ravensbrück le 22 août 1944, au terme de 11 jours de voyage. Affectée à l'usine de munitions de Torgau, Odette Malossane refuse, avec ses compagnes, de participer à la production de guerre ; cette insubordination lui vaut d'être renvoyée à Ravensbrück, puis transférée au kommando disciplinaire du Petit-Koenigsberg, en Poméranie, où elle participe, par un froid extrême, au terrassement d'un terrain d'aviation.

En février 1945, devant l'avance de l'Armée rouge, les gardiens SS évacuent le kommando vers Ravensbrück au cours d'une marche de la mort. Épuisée et réduite à l'état de squelette, Odette Malossane meurt le 25 mars 1945, d'après le Livre-Mémorial. Une version un temps avancée, puis écartée, la disait abattue le 5 février 1945 lors du transfert depuis le Petit-Koenigsberg.

La tombe d'Odette Malossane se trouve à Beaumont-lès-Valence où une rue porte son nom ainsi qu'à Romans-sur-Isère et Saint-Vallier. Une plaque à sa mémoire signale l'entrée de la grotte de la Luire. À Clérieux, la salle de réunion de la mairie, ancienne école publique où elle est née, porte son nom.

Elle est reconnue « déportée résistante » et « morte pour la France ».

Chevalière de la Légion d'honneur par décret du 25 avril 1946.

Médaille de la Résistance française par décret du 24 avril 1946.

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