Ce Jour-là

Octavia E. Butler

Écrivaine afro-américaine de romans de science fiction

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Octavia Butler, née le 22 juin 1947 à Pasadena en Californie et morte le 24 février 2006 à Lake Forest Park dans l'État de Washington, est une écrivaine de science-fiction féministe américaine. Elle est connue pour ses romans Liens de sang, La Parabole du semeur, Le Maître du réseau, et ceux de la trilogie Xenogenesis.

Orpheline de père à 7 ans, Octavia Estelle Butler, dite Junie, vit dans un quartier mixte, marqué par la pauvreté et le racisme. Élevée par sa mère et sa grand-mère, elle prend conscience que ces femmes sont maltraitées par leurs employeurs blancs. Leur courage pour assurer leur subsistance inspirera Butler. La lutte pour la survie est une thématique récurrente dans ses livres.

Passionnée de lecture, elle fréquente la bibliothèque de Pasadena et commence à écrire à 10 ans, inspirée par les contes de fées. Elle lit un grand nombre de magazines de science-fiction, de nouvelles et de bandes dessinées. À 12 ans, après avoir vu le film de science-fiction La Martienne diabolique, et malgré le scepticisme de sa grand-mère, elle se lance dans une ébauche de ce qui deviendra la série Patternist.

Diplômée de la John Muir High School en 1965, Octavia Butler enchaîne des petits boulots et prend des cours du soir au Pasadena City College. Elle remporte ses premiers concours de nouvelles (universitaire et Writer's digest). Admise à l'université de Californie à Los Angeles (UCLA), elle se rapproche de la Black Student Union et réfléchit au contexte historique de la soumission, qui sera chez elle un thème récurrent. Elle participe à l'atelier d'écriture des écrivains de science-fiction, le Clarion Workshop, et vend ses premières nouvelles.

En 1971, Crossover est publié dans l'anthologie d'Harlan Ellison. En 1974, elle travaille à sa série de cinq romans composant Patternist. En 1978, Octavia Butler peut vivre de sa plume. En 1979, Liens de sang (Kindred) la rend célèbre. Cet ouvrage devient un classique de la littérature américaine ; il est enseigné pour sensibiliser les élèves à la question du racisme et de l'histoire de l'esclavage aux États-Unis. Elle remporte plusieurs prix de science-fiction, dont le prix Hugo et le prix Nebula en 1984 et 1985. Après un voyage dans la forêt amazonienne et les Andes, elle publie la trilogie Xenogenesis de 1987 à 1989.

Dans les années 1990, elle écrit deux tomes des Paraboles. Elle renonce à rédiger leur suite. En 1995, elle est la première écrivaine de science-fiction à gagner le prix Genius de la Fondation MacArthur. En 1999, Butler s'installe à Lake Forest Park (Washington) et publie son dernier roman Fledgling en 2005, traduit en français en 2008 sous le titre Novice. Elle meurt le 24 février 2006.

Ses principaux thèmes dans son œuvre sont : la tendance humaine à la hiérarchisation qui mène à la domination d'une partie d'une population sur l'autre ; la célébration de la diversité pour contrecarrer cette domination hiérarchique ; la capacité de survie comme méthode héroïque de résistance ; la création de communautés alternatives d'espèces parfois hybrides.

Octavia Butler est une précurseure de l'afrofuturisme et une figure inspiratrice des Afrocyberféminismes, cycle de rencontres artistiques lancé en 2018.

Octavia Butler naît et grandit à Pasadena, Californie (États-Unis). Elle est la fille de Laurice James Butler et d'Octavia Margaret Guy Butler. Ses quatre frères n'ont pas survécu, sa mère devient très protectrice. Son père, cireur de chaussures, meurt alors qu'elle a trois ans ; elle est élevée par sa mère et sa grand-mère dans un environnement baptiste strict. Elle grandit à Pasadena dans un quartier racialement mixte, où la ségrégation est encore pratiquée. Son quartier Afro-Américain est marqué par la pauvreté et le racisme. Son entourage la surnomme Junie, (sans doute un dérivé de « junior », afin de la différencier de sa mère, également prénommée Octavia (1914-1996). Elle passe beaucoup de temps à rêver et prendre des notes dans un carnet rose ; des membres de sa propre famille la qualifient de retardée et lente.

Sa grand-mère, Estella Edna Haywood Guy (1893-1957) élève ses sept enfants dans une plantation de canne à sucre en Louisiane, dans des conditions proches de l'esclavage. Elle coupe les cannes à sucre dans les champs, fait bouillir le linge, nettoie, prépare à manger pour la famille blanche qui l'emploie et pour la sienne. Elle apprend à lire à sa fille, Octavia Margaret, (mère d'Octavia Butler) car il n'y a pas d'école pour les enfants noirs. Elle travaille dur, et économise ; elle déménage à Pasadena en 1920, lors de la grande migration afro-américaine, qui fuit le contexte oppressif des lois Jim Crow. Elle achète une terre entre les villes de Victorville et Barstow. Ses fils, les oncles d'Octavia, y construisent un ranch d'élevage de poulets. Ce ranch sera détruit par le feu en 1951 ; Octavia a quatre ans ; cette maison en flammes sera reprise plusieurs fois dans ses romans, notamment dans la série des Paraboles.

La mère d'Octavia Butler est de nature calme et profondément religieuse. Elle rêve d'une petite maison avec un jardin à cultiver. Elle travaille comme domestique auprès de femmes de la bourgeoisie blanche. Octavia Butler accompagne parfois sa mère sur son lieu de travail : elle voit la discrimination par ses employeurs blancs : par exemple, toujours entrer par la porte de service, à l'arrière de la maison, et n'être que des domestiques. Octavia abordera la résistance et le courage des esclaves et des employées domestique dans son roman Liens de sang (Kindred). Elle restera toujours reconnaissante à sa mère de ce qu'elle a enduré.

Octavia Butler est rêveuse, très timide et introvertie. Elle présente une légère dyslexie et elle est très grande pour son âge. Elle se décrit comme « ugly and stupid, clumsy, and socially hopeless » (« laide, maladroite et socialement inadaptée »). On la prend parfois pour un garçon.Elle passe beaucoup de temps à lire. Sa mère ne peut pas lui acheter des livres, mais lui apporte ceux dont ses employeurs ne veulent plus, et l'emmène à la bibliothèque de Pasadena. Octavia fréquente assidument cette bibliothèque, surtout la salle Peter Pan réservée aux enfants. Elle commence à écrire dans un grand cahier rose. Elle est attirée par les contes de fées et les histoires de chevaux, comme L'Étalon noir. La lecture de Bambi, l'histoire d'une vie dans les bois de Felix Salten la marque, parce que les animaux y sont décrits comme s'ils étaient humains.Elle se passionne pour la science-fiction, lit des magazines de science-fiction : Amazing Stories, Galaxy Science Fiction, et The Magazine of Fantasy & Science Fiction. La première histoire de science-fiction pour adulte qu'elle lit est Lorelei of the red mist de Ray Bradbury et Leigh Brackett, parue dans Planet Stories en 1946.

Elle lit des nouvelles de John Brunner, Zenna Henderson, et Theodore Sturgeon. Elle apprécie Ursula K. Le Guin, Dune de Frank Herbert et achète Pilgrimage de Zenna Henderson à ses amis ; elle se passionne pour les bandes dessinées, notamment les comics de Marvel.

À l'âge de dix ans, elle demande à sa mère de lui acheter une machine à écrire Remington ; elle y tape ses histoires avec deux doigts. Ses premiers écrits concernent des animaux, notamment des chevaux, qui peuvent changer d'apparence pour tromper ceux qui veulent les capturer.

Elle commence à écrire de la science-fiction dès douze ans, après avoir vu le film de SF de David MacDonald en 1954, La Martienne diabolique et s'être dit qu'elle pouvait faire mieux. Elle rédige une ébauche de ce qui deviendra la série Patternist. Ignorant les obstacles d'une écrivaine noire, elle entend sa tante Hazel dire : « Honey... Negroes can't be writers » (« Trésor....Les nègres ne peuvent pas être des écrivains »). Elle persévère et demande à son professeur de sciences au collège de dactylographier son premier manuscrit : elle le soumet à un magazine de science-fiction.

Octavia Butler obtient son diplôme à la John Muir High School en 1965, quelques semaines avant les Émeutes de Watts à Los Angeles. Elle constate les tensions raciales à Pasadena, car elle participe à la Black Student Union.

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