L'occupation russe de la république autonome de Crimée est en cours depuis 2014. Elle se caractérise par une occupation militaire de la Russie et un gouvernement de facto pour la Crimée, considérée par l'ONU et la majorité des pays comme un territoire appartenant à l'Ukraine.
À la suite d'un référendum d'annexion en Crimée conduit illégalement au regard du droit international par les forces d'occupation russes, la république de Crimée a été créée. Son territoire correspond au même que celui de l'entité ukrainienne de la république autonome de Crimée, dont le gouvernement est en exil à la suite de l'invasion et de l'annexion russe, considérées comme le début de la guerre russo-ukrainienne. Il comprend la péninsule de Crimée à l'exception de Sébastopol. La ville de Sébastopol, de jure une ville à statut spécial d'Ukraine, est déclarée ville fédérale de Russie (le même statut que Moscou et Saint-Pétersbourg) par la Russie après ce même référendum, et ne dépend donc pas de la république.
Ni l'Ukraine ni la majorité de la communauté internationale ne reconnaissent le statut de ces deux entités.
La république de Crimée est appelée en ukrainien Республіка Крим (Respoublika Krym), en tatar de Crimée Qırım Cumhuriyeti cyr. Къырым Джумхуриети et en russe Республика Крым (Respoublika Krym). Étymologiquement, Qırım signifie « ma colline » [qır « colline », ım « ma »].
Sous l'antiquité, les populations grecques donnent au territoire actuel de la Crimée le nom de Tauride, le territoire des Taures.
En 1954, Nikita Khrouchtchev transfère par décret l'oblast de Crimée de la république socialiste fédérative soviétique de Russie à la république socialiste soviétique d'Ukraine. La république socialiste fédérative soviétique de Russie et la république socialiste soviétique d'Ukraine sont alors deux républiques fédérées de l'Union des républiques socialistes soviétiques.
En 1991, lors de la dislocation de l'URSS, la Crimée se proclame « république autonome de Crimée », puis « république de Crimée » l'année suivante. Comprenant une importante population russophone, elle proclame son indépendance le 5 mai 1992, mais accepte finalement d'être rattachée à l'Ukraine à la suite d'un accord entre les deux Parlements et en échange d'une large autonomie au sein du pays, tandis que Sébastopol est placée sous un régime spécial. Cette république est reconnue par la Russie en 1997.
Le 21 octobre 1998, la Rada ukrainienne approuve une modification de la constitution de cette république de Crimée, faisant de celle-ci une entité administrativement et territorialement autonome sur le plan budgétaire à l'intérieur de l'Ukraine. Toute modification constitutionnelle doit être préalablement entérinée par la Rada de Crimée.
Invasion de la Crimée par la Russie
En 2014, en marge de l'Euromaïdan et de la révolution de février se déroule l'annexion de la Crimée. Elle atteint son paroxysme le 11 mars lorsque la Rada de Crimée proclame l'indépendance de la république autonome de Crimée, très vite rejointe par la municipalité de Sébastopol, par sécession de l'Ukraine. Ces deux entités administratives forment ainsi la république de Crimée qui couvre la totalité de la péninsule et dont la volonté exprimée par son gouvernement (et qui serait partagée par la majorité de la population, essentiellement russophone) est le rattachement à la Russie. Cette déclaration d'indépendance est prononcée par la Rada de la république autonome de Crimée par 78 voix sur 81 puis adoptée par le conseil municipal de Sébastopol qui rejoint ainsi formellement la nouvelle république. Ses dirigeants s'appuient notamment sur le précédent du Kosovo pour justifier leur décision au regard du droit international public.
Le 11 mars 2014, le ministère russe des Affaires étrangères déclare reconnaître la déclaration d'indépendance de la république de Crimée. Le nouvel État majoritairement non reconnu organise dans la foulée un référendum le 16 mars au cours duquel 96,6 % des votants s'expriment en faveur de l'option prorusse. Les électeurs devaient choisir entre un rattachement à la fédération de Russie et une autonomie accrue au sein de l'Ukraine. L'Union européenne et les États-Unis rejettent les résultats du vote, qui s'est déroulé en présence de milliers de militaires russes.
Le lendemain, prenant acte des résultats du référendum, les députés de la Rada de Crimée renouvellent la déclaration d'indépendance, font une demande officielle à la Russie pour son rattachement à la fédération et prennent les premières mesures en conséquence comme la nationalisation des biens ukrainiens se trouvant en Crimée, le changement de monnaie officielle avec le rouble à la place de la hryvnia, le changement d'heure avec l'adoption du fuseau horaire de Moscou le 30 mars et l'intégration des militaires ukrainiens qui prêtent allégeance au nouvel État ou leur retour en Ukraine pour les autres. Le jour-même, le gouvernement russe publie un décret reconnaissant la république de Crimée comme un « État souverain ».
Le lendemain, la Russie et la Crimée signent un traité confirmant le rattachement officiel de la république à la fédération de Russie. Le lendemain, la cour constitutionnelle russe reconnait à l'unanimité la conformité de ce traité à la constitution russe. Les deux chambres de l'Assemblée fédérale de la fédération de Russie, la Douma et le Conseil de la fédération, ratifient le traité, respectivement les 20 et 21 mars, entérinant l'entrée de la république de Crimée dans la fédération de Russie selon le droit russe.
Entretemps, la Rada de Crimée est devenue le Conseil d'État de Crimée selon le droit russe.
Le 11 avril 2014, une nouvelle constitution confirmant l'appartenance à la Russie est adoptée. Le 14 avril 2014, Sergueï Axionov est nommé chef de la république de Crimée par intérim par Vladimir Poutine.
Le 14 septembre 2014, des élections législatives sont organisées. Elles sont remportées par Russie unie, dont fait désormais partie Axionov. Celui-ci est alors confirmé dans ses fonctions par le Conseil d'État le 9 octobre 2014.
Invasion russe de l'Ukraine en 2022
Peu avant le début des négociations, le secrétaire de presse de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, lors d'une interview avec Reuters, a exposé les principales exigences pour l'Ukraine, parmi lesquelles figurait la reconnaissance de la Crimée en tant que territoire russe. Le président de l'Ukraine, Volodymyr Zelensky, a déclaré à la chaîne de télévision ABC qu'il était prêt à discuter des questions de Crimée et de Donbass, mais dans le cadre de l'Ukraine