L'Observatoire de la laïcité était une commission consultative française chargée de conseiller et d'assister le Gouvernement quant au respect et à la promotion du principe de laïcité, qui a existé entre le 4 avril 2013 et le 5 juin 2021. Elle était composée de 23 membres, dont des parlementaires de la majorité et de l'opposition, des hauts fonctionnaires et des personnalités qualifiées. Administrativement rattaché au Premier ministre, l'Observatoire était cependant autonome dans ses travaux.
Il est créé le 25 mars 2007 par le président de la République Jacques Chirac et le Premier ministre Dominique de Villepin et a été installé le 8 avril 2013 au palais de l’Élysée par le président de la République François Hollande et le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Après la remise de son cinquième rapport annuel au président de la République Emmanuel Macron, sa mission est reconduite pour 5 ans par décret du Premier ministre Édouard Philippe du 12 octobre 2017.
Outre son rôle de conseil via l'adoption d'avis officiels, consultatifs pour le Gouvernement et le Parlement, les membres de cette instance organisent, co-organisent et délivrent chaque semaine des formations à la laïcité et à la gestion des faits religieux partout en France et dans différents secteurs, notamment dans la fonction publique, l'éducation populaire, le médico-social, le socio-éducatif, les entreprises privées, l'éducation nationale et le sport.
Ses avis sont parfois jugés trop laxistes par certains intervenants dans le débat public, notamment sur des sujets sensibles liés à la question de l'islam en France, quand d'autres[Qui ?] les estiment au contraire parfaitement « juridiques ». Cette opposition fait l'objet de vifs débats de la part d'intellectuels, de droite comme de gauche.
La ministre déléguée chargée de la Citoyenneté Marlène Schiappa annonce la suppression de l'Observatoire de la laïcité le 31 mars 2021 devant le Sénat, le mandat de son président Jean-Louis Bianco prenant fin le 4 avril suivant. Finalement, le Premier ministre Jean Castex met un terme aux missions de l'Observatoire de la laïcité le 5 juin 2021 par le décret créant un « comité interministériel de la laïcité », dont le secrétariat est désormais assuré par le ministre de l'Intérieur.
Le 9 juin, Jean-Louis Bianco et plusieurs personnalités, sociologues, historiens et juristes annoncent la création d'un « organisme indépendant » et citoyen dénommé « Vigie de la laïcité ».
Le 17 décembre 2003, le président de la République Jacques Chirac annonce dans un discours sur la laïcité la création d'un futur « Observatoire de la laïcité » rattaché au Premier ministre. Il est finalement créé par décret le 25 mars 2007 et effectivement institué auprès du Premier ministre.
L'Observatoire est composé d'un président, d'un rapporteur général et de 21 membres, dont sept hauts fonctionnaires (représentant les administrations concernées), deux députés et deux sénateurs (deux parlementaires de la majorité et deux de l'opposition), ainsi que « dix personnalités désignées en raison de leurs compétences et de leur expérience ». Mis à part les membres de droit et le rapporteur général, ses membres sont nommés pour une durée de quatre ans.
Sous les présidences de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, les membres ne sont pas nommés. L'Observatoire de la laïcité est cependant renouvelé pour une durée de cinq ans (durée légale des commissions consultatives, renouvelable), à compter du 5 avril 2013, par décret du Premier ministre Jean-Marc Ayrault du 3 avril 2013 et les premiers membres de l'Observatoire de la laïcité sont nommés par un arrêté du Premier ministre du 5 avril 2013. Jean-Louis Bianco, ancien ministre, ancien secrétaire général de l’Élysée, ancien député, ancien élu local et par ailleurs conseiller d’État en prend alors la présidence. Le 8 avril 2013, l'Observatoire de la laïcité est officiellement installé au palais de l'Élysée par le président de la République, François Hollande et le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, en présence du ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon et du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, à la suite des décret et arrêté publiés au Journal officiel le 5 avril 2013.
La création de l'Observatoire de la laïcité s'inscrit dans une stratégie d' « apaisement » vis-à-vis des questions liées à la montée des revendications communautaristes observée depuis le début des années 2000. Cette stratégie a été choisie par le président François Hollande après son élection. Certes, cette création donne un gage à une frange de la gauche inquiète des atteintes à la neutralité religieuse; cependant la stratégie d'apaisement et de dédramatisation de ces questions affichée délibérément par son président Jean-Louis Bianco est l'image d'une tendance moins radicale de la conception laïque à gauche.
L'Observatoire de la laïcité absorbe les prérogatives précédemment attribuées au Haut Conseil à l'intégration, instance de réflexion et de propositions créée en 1989 par le gouvernement de Michel Rocard. Sa mission était d'élaborer un rapport annuel et d'émettre des avis consultatifs à la demande du gouvernement sur « l’intégration des résidents étrangers ou d’origine étrangère ». Une « mission laïcité » a été créée en 2010 au sein du HCI. Entre fin 2010 (groupe de réflexion) et fin 2012, cette mission a rendu trois avis, sur « la neutralité en entreprise »», sur « la laïcité dans la fonction publique » et sur « la pédagogie de la laïcité à l'école ». Au mois d'août 2013, le quotidien Le Monde publie « l'ultime rapport » de la mission laïcité du HCI, consacré à la neutralité religieuse dans l'enseignement supérieur. Sur un ton alarmiste, le rapport préconise, entre autres, d'interdire le port de signes religieux dans les salles de cours à l'université. Selon le quotidien, cette approche déplaît à Matignon et au président de l'Observatoire de la laïcité, Jean-Louis Bianco, lequel « s'est notamment donné pour mission d'accompagner la volonté d'apaisement du gouvernement sur ces questions». François Hollande fait le choix de laisser s'éteindre le Haut Conseil à l'intégration en ne renouvelant pas son décret qui arrive à échéance en septembre 2013 et le gouvernement Ayrault refuse d'autoriser la publication du rapport sur la neutralité religieuse dans l'enseignement supérieur par la Documentation française, ce qui est pourtant la coutume.
Deux anciens membres du Haut Conseil à l'intégration considèrent que l'extinction de cette instance et son remplacement par l'Observatoire de la laïcité est liée à ses positions favorables à une laïcité intransigeante. Jean-Philippe Moinet observe par surcroît qu'il était « trop marqué « sarkozyste » – son Président, Patrick Gaubert, ayant eu un mandat électif européen sous bannière UMP». L'essayiste Malika Sorel estime que « la création de cet Observatoire avait pour objectif de faire disparaître la mission laïcité du Haut Conseil à l'Intégration, dont les rapports gênaient très fortement le pouvoir socialiste». Elle critique l'orientation de l'Observatoire, dont un certain nombre de positions iraient à l'encontre de la défense du principe de laïcité. Malika Sorel rapproche ce positionnement d'une publication de la fondation Terra Nova, proche du Parti socialiste, expliquant que la classe ouvrière s'est détournée du Parti socialiste et que la majorité électorale pour l'élection de 2012 doit être recherchée notamment parmi « les minorités et les quartiers populaires », « la France de la diversité », « les jeunes ouvriers d’origine étrangère (maghrébine) ».
En décembre 2015, au nom du Comité Laïcité République, trois membres de l’Observatoire de la laïcité à savoir Jean Glavany, député des Hautes Pyrénées, Patrick Kessel, Président du Comité Laïcité République et Françoise Laborde, sénatrice de Haute Garonne, publient un communiqué commun critiquant le positionnement de l’Observatoire de la laïcité, ce dernier considérant qu'il n'existe « pas de problème de laïcité dans l’enseignement supérieur ». Dans la société civile, Hanan Ben Rhouma, rédactrice en chef de Saphirnews, observe que l’Observatoire de la laïcité souhaite rendre « aimable » le concept de laïcité auprès des Français, concept « sans cesse brandi en vue de restreindre des libertés individuelles ». Il éloigne notamment la perspective d’une nouvelle loi contre les signes religieux dans les crèches privées. Le philosophe Alain Finkielkraut estime pour sa part « qu'à l'intérieur de la gauche le courant "utopiste" de Jean-Louis Bianco a triomphé face aux partisans d'une laïcité plus ferme : Élisabeth Badinter, Manuel Valls. Ce courant ne veut pas voir qu'il y a des problèmes avec l'islam en France et il laisse la voie libre à Marine Le Pen qui apparaît comme la seule à défendre la laïcité ». À l'inverse, le sociologue de la laïcité, Jean Baubérot, considère qu'il « ne faut surtout pas aller dans ce sens et au contraire avoir une laïcité la plus inclusive possible ». Il parle du risque d'une « laïcité identitaire » qui permettrait le « deux poids deux mesures en ne soumettant pas aux mêmes critères » les différentes religions. Pour Jean Baubérot, Marine Le Pen défendrait désormais cette même « laïcité identitaire ».