La Nouvelle-Zemble (en russe : Но́вая Земля́, Novaïa Zemlia, signifiant « Nouvelle Terre ») est un archipel russe des mers de Kara (pour les deux plus grandes îles) et de Barents (pour l'île Mejdoucharski et l'île Pankrat'yeva) situé au-delà du 70e parallèle nord dans le prolongement de l'Oural. Il est composé de deux îles principales — l'île du Nord (Severny) et l'île du Sud (Ioujny) — séparées par un détroit, auxquelles s'ajoutent d’autres îles plus petites. L'archipel a une superficie de 90 650 km2 — supérieure à celle du Benelux — et un relief montagneux, culminant à 1 547 mètres.
L'archipel a été le lieu des essais nucléaires soviétiques puis russes des années 1950 aux années 1990.
L'archipel de Nouvelle-Zemble est composé principalement de l'île du Nord (Severny) et de l'île du Sud (Ioujny), séparées par le détroit de Matotchkine, très étroit : la distance entre les rives opposées varie de 1,2 kilomètre dans la partie centrale du détroit à 3,5 kilomètres près du débouché oriental. L'archipel est séparé de l'île côtière Vaïgatch par le détroit de Kara, large de cinquante et un kilomètres. Les deux îles principales sont en mer de Kara, une troisième, l'île Mejdoucharski, se trouve en mer de Barents au sud-sud-ouest de l'archipel. La superficie totale des terres émergées est d’environ 90 650 km2, l'équivalent du territoire métropolitain portugais.
La Nouvelle-Zemble étant un prolongement de l'Oural, les îles sont très montagneuses et culminent à 1 547 m d'altitude. Severny est recouverte de nombreux glaciers, notamment la calotte glaciaire de l'île Severny, qui couvre 20% de l'île (20 000 km2) et qui serait le plus vaste glacier d'Europe. L'île Ioujny offre quant à elle un paysage de toundra. Les côtes de Nouvelle Zemble sont très découpées, c’est l'endroit de Russie qui compte le plus grand nombre de fjords.
L'archipel possède de nombreuses réserves de cuivre, de plomb et de zinc. D'un point de vue administratif, il constitue une subdivision de l'oblast d’Arkhangelsk dont le centre administratif est Belouchia Gouba (« la baie du Béluga »), situé dans le Sud-Ouest de l'île sud, comprenant un peu moins de 3 000 habitants.
Malié Karmakouly, où des relevés météo sont faits depuis longtemps, a un climat de type ET (polaire de toundra) avec comme record de chaleur 29 °C le 24 juillet 1977 et comme record de froid −39 °C le 9 février, le 12 février et le 1er mars 1979. La température moyenne annuelle est de −5,1 °C.
La nouvelle Zemble du Sud est peuplée d’oies, lemmings, renards polaires et cygnes. Les ours blancs y sont nombreux. Le réchauffement climatique, réduisant la glace de mer, force les ours à se déplacer vers l’intérieur des terres pour trouver de la nourriture. En 2019, un groupe d'une cinquantaine d'ours en migration vers le nord de l'île se sont établis aux portes de Belouchia Gouba, perturbant la sécurité des habitants. Selon le Ministère de la défense russe, plus de 400 anciens bâtiments militaires désaffectés ont été démolis dans la région car des ours s'y étaient installés.
Les morses occupent certains caps et plages ; phoques et colonies d’oiseaux sont en nombre. Les eaux environnantes attirent les baleines à bosse et rorquals, ainsi que des bélugas et narvals, ces derniers étant l’emblème du parc national de l’Arctique russe qui est composé de ces terres ainsi que la Terre François Joseph, plus au nord.
Les Nénètses forment la population d’origine de l’archipel de Nouvelle-Zemble. Les îles sont connues depuis les XIe ou XIIe siècles par les Russes, lorsque des marchands de Novgorod visitèrent la région. La recherche du passage du Nord-Est par les Européens conduisit à son exploration au XVIe siècle par le Britannique Hugh Willoughby en 1553, par Arthur Pet et Charles Jackman en 1580, puis en 1596 par le Néerlandais Willem Barentsz, qui contourna la pointe nord de Serverny, passa l’hiver sur la côte est et cartographia la côte ouest de l'archipel.
Willem de Vlamingh, en 1664, explore les côtes nord et nord-est de la Nouvelle-Zemble et atteint 82° 10' de latitude mais ne débarque pas.
De 1832 à 1835 Piotr Pakhtoussov, en compagnie de Avgust Tsivolko, mène la première étude cartographique approfondie de la Nouvelle-Zemble. Avgust Tsivolko poursuit ses travaux mais y meurt du scorbut en mars 1839. Stepan Andreïevitch Moïsseïev reprend alors la direction de l'expédition.
En 1877, une station de sauvetage permanente est créée. Six familles Samoyèdes s'installent sur la côte ouest.
La Nouvelle-Zemble est ensuite explorée par le prince Boris Galitzine (1896) puis par Alexandre Borissov
Après la Seconde Guerre mondiale
Immersion de déchets nucléaires
Les rivages de Nouvelle-Zemble dans l'océan Arctique sont l'une des zones où les déchets nucléaires de l'ère soviétique ont été envoyés par le fond.
La Nouvelle-Zemble fut vidée de sa population en 1955 pour accueillir les expérimentations nucléaires soviétiques. Trois sites d'essais furent construits :
le « site A », dans la baie Tchernaïa ou Chernaya (70,7° N — 54,6° E), qui fut utilisé essentiellement de 1955 à 1962 ;