Ce Jour-là

Nouvel An chinois

Célébration traditionnelle chinoise du premier jour du calendrier lunaire

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Le Nouvel An chinois, Nouvel An du calendrier chinois ou Nouvel An luni-solaire (chinois simplifié : 农历新年 ; chinois traditionnel : 農曆新年 ; pinyin : nónglì xīnnián) ou « passage de l’année » (过年 / 過年, guònián) est le premier jour du premier mois du calendrier chinois. La fête du printemps (春节 / 春節, chūnjié) marque le début des festivités qui se déroulent sur quinze jours et qui s’achèvent avec la fête des lanternes (元宵节 / 元宵節, yuánxiāojié).

Le calendrier chinois étant un calendrier luni-solaire, la date du Nouvel An chinois dans le calendrier grégorien varie d'une année sur l'autre : celle-ci tombe toujours entre le 21 janvier et le 21 février du calendrier grégorien, ce qui correspond à la deuxième nouvelle lune depuis le solstice d'hiver quand le soleil se trouve dans le signe du Verseau. C’est, comme tous les commencements de mois lunaires chinois, le premier jour d'une nouvelle lune. Par convention, l'alignement astronomique qui signale la nouvelle lune est déterminé à l’observatoire de la Montagne Pourpre à Nankin.

Le Nouvel An est célébré officiellement en Chine continentale (sept jours de congés mais célébré entre 2 semaines et 1 mois) et à Taïwan (au moins cinq jours), à Hong Kong et Macao (trois jours), ainsi que dans certains pays asiatiques où l’influence de la culture chinoise est importante, ou ceux dont la population comprend une forte minorité de Chinois ethniques : Singapour et Malaisie (deux jours), Philippines (trois jours), Brunei et Indonésie (un jour), Thaïlande, Corée (Seollal, trois jours), Japon (Oshōgatsu, quatre jours, autrefois basé sur le calendrier chinois, mais depuis 1873, le Japon fonctionne sur le système du calendrier grégorien et le 1er janvier est devenu le jour officiel du Nouvel An au Japon, bien que toujours lié culturellement au Nouvel An lunaire) et Viêt Nam (Têt, trois jours, avec un jour de décalage avec la Chine tous les 22 ou 23 ans pour compenser le décalage horaire entre Pékin et Hanoï),

Les congés du Nouvel An, qui peuvent être prolongés par un week-end ou un pont, sont une période de migration intense, appelée Chunyun ("transports de printemps"), car nombreux sont ceux qui s’efforcent de rejoindre leur famille, depuis l’étranger parfois : embouteillages sur les routes et encombrements dans les gares et les aéroports sont la règle.

Il est observé individuellement partout dans le monde par les membres de la diaspora chinoise, et également par les Japonais (vieux premier mois 旧正月 (kyūshōgatsu)), les Coréens, les Hmongs, les Mongols, les Tibétains, les Népalais et les Bhoutanais. Toutefois, le Nouvel An tibétain, le Losar, tombe souvent un jour ou un mois plus tard que le Nouvel An chinois. Il est calculé, à peu de chose près, de la même manière que le Tsagaan Sar, le Nouvel An mongol.

À Singapour, Stephanie Nolte montre comment entre 1965 et 1985, le gouvernement a donné une plus grande force à la fête de Noël, en « l'industrialisant », et en limitant les festivités de la fête traditionnelle, de façon à distancier les pratiques culturelles de celles de la république populaire de Chine.

Les célébrations, coutumes et tabous de la fête de printemps varient dans les détails selon les régions ou les époques. La pratique générale veut qu'on s'efforce de repartir sur un nouveau pied après s'être débarrassé des mauvaises influences de l’an passé, accompagné de signes de bon augure. On a recours à des objets ou aliments présentant une homophonie avec un mot de sens auspicieux.

Le « passage de l’année » (过年 / 過年, guònián) s’effectue dans la nuit du dernier jour du douzième mois. Le mot signifiant année est considéré comme étant à l’origine le nom d'un monstre, Nian, qui venait autrefois rôder autour des villages une nuit par an, obligeant les habitants à se calfeutrer et à veiller jusqu’à son départ au petit matin. Les célébrations principales comportent un réveillon (年夜饭 / 年夜飯, niányèfàn) comprenant des plats aux noms auspicieux, suivi d’une nuit de veille (守岁 / 守歲) gage de longévité, que certains occupent à jouer au mah-jong, la distribution d’étrennes (压岁钱 / 壓歲錢, yāsuìqián) contenues dans des enveloppes rouges (hóngbāo), l’allumage de pétards à mèches pour chasser les mauvaises influences.

La semaine précédant le Nouvel An, traditionnellement le 23 ou le 24 du 12e mois, a lieu le « petit Nouvel An » (过小年 / 過小年, guòxiǎonián), une cérémonie d'adieu au Dieu du Foyer (灶王爷 / 灶王爺, Zàowángyé) dont l’effigie est collée dans la cuisine. D'après les croyances, il doit faire un long voyage pour rapporter, comme chaque année, les bonnes et mauvaises actions de la famille à l'Empereur de jade. Pour obtenir sa clémence, on dépose des aliments (plutôt collants, comme des bonbons) devant son image en espérant l'empêcher de dire du mal ; certains collent directement une sucrerie sur la bouche de son portrait. Celui-ci est brûlé, et le Génie s’envole avec la fumée. Un nouveau portrait sera affiché quelques jours plus tard, signalant son retour.

Le grand nettoyage de la maison est fait. Le dernier jour, on affiche un peu partout des souhaits écrits sur papier rouge, symbole de chance. Il s’agit de caractères auspicieux comme fú (福) bonheur, ou chūn (春) printemps, souvent collés à l’envers car renverser (倒, dào) est homophone d'arriver ( 到 dào). Un fu renversé signifie donc : « Le bonheur est arrivé. ». Traditionnellement, de chaque côté des montants de la porte d’entrée, on colle une bande de papier rouge sur laquelle est écrit un vers ; les deux vers se répondent et constituent une inscription parallèle (对联 / 對聯, duìlián) ; elles étaient autrefois toujours écrites à la main, de préférence par des personnes aux dons littéraires et calligraphiques. Bien sûr, les décorations et inscriptions de l’an passé ont été tout d’abord retirées.

Des provisions sont faites, préparation importante autrefois, car tous les commerces fermaient pendant les congés. Elles comprennent beaucoup de choses à grignoter en famille : graines de pastèque, fruits secs, bonbons, etc. Faire les courses en vue du Nouvel An se dit bàn niánhuò (办年货 / 辦年貨). On faisait aussi l’achat de vêtements neufs, particulièrement pour les enfants. C'était auparavant une occasion bienvenue de renouveler sa garde-robe, mais avec le développement de l’industrie du prêt-à-porter, cette coutume a un peu perdu de sa valeur.

Le repas du Nouvel An a souvent lieu au domicile des aînés de la famille. Dans les régions au mode de vie traditionnel, du fait de la coutume patriarcale, il s'agit de la famille paternelle.

À l'heure du réveillon, le dîner ne peut commencer que lorsque toute la famille est présente (des places vides sont réservées aux membres ne pouvant pas assister au repas). Il est généralement copieux et comporte souvent des plats symboliques pour assurer la santé, les études, etc. Ainsi le poisson (魚 yú), homophone de surplus (馀 yú), doit être présent à chaque repas de Nouvel An pour garantir qu’il y aura du surplus tous les ans (年年有馀 / 年年有餘, niánnián yǒuyú) et qu’on ne manquera jamais de rien ; certains prennent même soin de ne pas le finir, afin de rendre plus complètement son sens symbolique. Dans le nord de la Chine, on sert en principe un plat de raviolis (饺子 / 餃子, jiǎozi) car leur forme évoque celle des yuánbǎo (元宝 / 元寶), lingots anciens. A Canton et Shanghaï, le canard aux huit trésors est servi. Le dessert traditionnel est le niángāo (年糕), « gâteau de l'An » ; gāo, gâteau, est homophone de haut, et en manger constitue un gage de croissance dans tous les domaines souhaités.

Des enveloppes rouges (étrennes) contenant de l’argent sont offertes. Traditionnellement, elles étaient distribuées par les aînés aux enfants et aux jeunes non mariés, et avaient surtout la valeur symbolique de porter chance durant toute la nouvelle année. Lors des distributions solennelles par les aînés, la personne qui va recevoir l’enveloppe leur adresse un vœu ou « parole auspicieuse » (chinois : 吉祥話 ; pinyin : jíxiáng huà) ; le plus courant est « félicitations, et faites fortune » (恭喜发财 / 恭喜發財, gōngxǐ fācái). Beaucoup d’enveloppes rouges contiennent une somme modeste, en nombre pair de billets, mais il arrive que ce soit le moyen par lequel une personne professionnellement active remet à ses parents âgés ou à ses enfants toute une année d’argent de poche. Toutefois, dans une distribution massive d’enveloppes rouges (par exemple dans les temples, les institutions publiques, etc.), elles contiennent souvent une pièce de monnaie ronde avec la valeur « 1 »c(par ex. 1 €), pour symboliser « la répétition à recommencer par le début » (chinois : 一元復始 ; pinyin : yī yuán fù shǐ). Lors des visites à la famille et aux amis, dans les jours qui suivent, il est de coutume d’offrir une enveloppe aux enfants des visiteurs ou des visités ; beaucoup ont donc soin de s’approvisionner en petites coupures neuves avant la période de la fête.

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