Michel de Nostredame, dit Nostradamus, né le 14 décembre 1503 à Saint-Rémy-de-Provence et mort le 2 juillet 1566 à Salon-de-Provence, est un apothicaire et auteur français. Pratiquant l'astrologie, il est surtout connu pour son ouvrage intitulé Les Prophéties dans lequel certains croient lire des prédictions avérées. Selon plusieurs sources, il était également médecin.
Michel de Nostredame, fils de Jaume de Nostredame (1470-1536) et de Reynière (ou Renée) de Saint-Rémy, est né à Saint-Rémy-de-Provence le 14 décembre 1503 vers midi.
Jaume était l'aîné des six (certains disent dix-huit) enfants du couple Pierre de Nostredame et Blanche de Sainte-Marie. Son épouse, Renée de Saint-Rémy, était la fille de René de Saint-Rémy et de Béatrice Torrelli, et la petite-fille de Jean de Saint-Rémy (1428-1504), médecin et trésorier de la cour royale de Saint-Rémy[précision nécessaire] entre 1481 et 1504, date probable de sa mort. Jean de Saint-Rémy a confortablement doté sa petite-fille et a aidé son mari, initialement marchand de céréales et copiste, à devenir notaire, ce dernier étant occasionnellement prêteur sur gages. Michel de Nostredame est né dans la maison de son bisaïeul, rue des Barri, à Saint-Rémy-de-Provence.
Le nom de Nostredame vient de son grand-père juif, Guy de Gassonet (fils d'Arnauton de Velorges), qui choisit le nom de Pierre de Nostredame lors de sa conversion au catholicisme, probablement vers 1455. Selon les archives d'Avignon, et selon les archives de Carpentras qui parlent souvent de juifs des autres régions, il est suggéré que le nom Nostredame fut imposé par le cardinal-archevêque d'Arles, Pierre de Foix. Le grand-père de Nostredame, Pierre de Nostredame, était si convaincu de sa foi qu'il a répudié sa femme d'alors (Benastruge Gassonet) qui ne voulait pas quitter le judaïsme. La dissolution du mariage fut prononcée en vertu du privilège paulin à Orange le 14 juin 1463, ce qui lui a permis finalement d'épouser Blanche, fille de Pierre de Sainte-Marie, médecin, savant hébraïsant et helléniste.
Nostredame part très jeune à Avignon pour y obtenir son diplôme de bachelier des arts à l'université d'Avignon. Il loge alors chez sa tante Marguerite, mariée à un certain Pierre Joannis, teinturier qu'il doit probablement aider en ses moments de loisir : la préparation de produits colorants n'est pas éloignée de l'alchimie. On le dit doué d'une mémoire presque divine, d'un caractère enjoué, plaisant, peut-être un peu moqueur « laetus, facetus est que mordax. » Ses camarades l'auraient appelé « le jeune astrologue », parce « qu'il leur signalait et leur expliquait les phénomènes célestes », mystérieux alors pour beaucoup : les étoiles filantes, les météores, les astres, les brouillards, etc. Il doit apprendre aussi la grammaire, la rhétorique et la philosophie. Mais il doit quitter l'université après un an seulement, et donc sans diplôme, à cause de l'arrivée de la peste (fin 1520).
Ayant pratiqué comme apothicaire (profession non diplômée), il s'inscrit le 3 octobre 1529 à la faculté de Montpellier pour essayer d'y gagner son doctorat en médecine. Il se fait connaître grâce aux remèdes qu'il a mis au point en tant qu'apothicaire. Mais il est bientôt expulsé pour avoir exercé ce métier « manuel » interdit par les statuts de la faculté.
Son inscription de 1529 et sa radiation sont les seules traces de son passage à Montpellier, et on ne connaît pas de document attestant qu'il ait été docteur d'une autre université. Mais, sans être affirmatifs, la plupart des érudits du vingtième siècle pensent qu'il n'est pas impossible que l'expulsion de Nostredame ait été temporaire, qu'il se soit réinscrit le 23 octobre 1529 et qu'il soit devenu quand même diplômé de l'université de Montpellier en 1533 (comme le prétendaient aussi, en ajoutant des détails supplémentaires peu crédibles, certains commentateurs très tardifs comme Guynaud et Astruc), bien qu'il lui ait manqué le premier diplôme nécessaire pour accéder au doctorat, car les noms de plusieurs des diplômés connus de cette université sont absents, eux aussi, de ses registres — à moins que ceux-ci n'en aient pas été de vrais diplômés non plus (le phénomène du « faux docteur » étant très connu à l'époque)[pas clair].
Vers 1533, il s'établit à Agen, où il pratique la médecine de soins à domicile. Il s'y lie d'amitié avec Jules César Scaliger. Cet Italien, installé à Toulouse, érudit de la Renaissance, est « un personnage incomparable, sinon à un Plutarque » selon Nostradamus ; il écrit sur tout. Impertinent, il s'attaque à tout le monde, s'intéresse à la botanique et fabrique des pommades et des onguents. Mais le jeune « imposteur » inquiète les autorités religieuses par ses idées un peu trop progressistes pour l'époque.
La durée précise de son séjour à Agen est inconnue ; peut-être trois ans, peut-être cinq ans. Les points de repère manquent et l'on ne peut offrir que des dates approximatives. Vers 1534, Nostredame s'y choisit une femme, Henriette d'Encausse, avec qui il aurait eu deux enfants : un garçon et une fille. L'épouse et les deux enfants meurent, très rapidement semble-t-il, à l'occasion de quelque épidémie, la peste vraisemblablement.
D'après certains commentateurs catholiques des Prophéties — Barrere, l'abbé Torne-Chavigny notamment — Nostredame aurait dit en 1534 à un « frère » qui coulait une statue de Notre-Dame dans un moule d'étain qu'en faisant de pareilles images il ne faisait que des diableries. D'aucuns pensent que ses relations avec un certain Philibert Sarrasin, mécréant de l'époque, de la région d'Agen, avaient rendu Nostredame plutôt suspect à la Sainte Inquisition. Celle-ci l'aurait même invité à se présenter devant son tribunal de Toulouse pour « y être jugé du crime d'hérésie ; mais il se garda bien de répondre à cette citation ».
Après la mort de sa première femme, Nostredame se serait remis à voyager. On l'aurait trouvé à Port-Sainte-Marie, puis à Bordeaux, vers l'an 1539. Les commentateurs tardifs Moura et Louvet se le représentent en la compagnie de savants renommés de l'époque et du cru : l'apothicaire Léonard Baudon, Johannes Tarraga, Carolus Seninus et Jean Treilles, avocat.
Nostredame accomplit de 1540 à 1545 un tour de France qui l'amène à rencontrer de nombreuses personnalités, savants et médecins. La légende signale le passage du futur prophète à Bar-le-Duc. Nostredame y aurait soigné, d'après Étienne Jaubert, plusieurs personnes et notamment une célèbre (?) Mademoiselle Terry qui l'aurait souvent entendu « exhorter les catholiques à tenir ferme contre les Luthériens et à ne permettre qu'ils entrassent dans la ville ».
Une tradition très douteuse affirme qu'il a séjourné un temps à l'abbaye d'Orval, qui dépendait de l'Ordre cistercien, située alors au diocèse de Trêves, à deux lieues de Montmédy, un séjour que Pagliani, après plusieurs autres, date de 1543. On ne sait s'il faut y ajouter foi, même si, avec Torne-Chavigny et Napoléon lui-même, beaucoup de gens lui attribuent les fameuses prophéties d'Orval, Prévisions d'un solitaire, ainsi que celles d'un certain Olivarius. On les aurait « trouvées » à l'abbaye d'Orval en 1792, date approximative de leur style même. La première (de style tardif, elle aussi) serait datée de 1542, antérieure donc de treize ans, comme on le verra plus loin, à la préface des premières Centuries[pas clair]. Mais il semble plus probable que toutes les deux aient été composées au XIXe siècle à la gloire de Napoléon.
Après cette première série de voyages qui l'a mené du Sud-Ouest au Nord-Est de la France, Nostredame commence une seconde phase de déplacements qui va le rapprocher de la Provence et le pousser jusqu'en l'Italie, berceau de la Renaissance.
Les premières étapes de ce périple sont probablement Vienne, puis « Valence des Allobroges », dont parle Nostradamus dans son Traité des fardemens et confitures à propos des célébrités qu'il s'honora d'y avoir rencontrées : « A Vienne, je vis d'aucuns personnages dignes d'une supprême collaudation ; dont l'un estoit Hieronymus, homme digne de louange, et Franciscus Marins, jeune homme d'une expectative de bonne foy. Devers nous, ne avons que Francisons Valeriola pour sa singulière humanité, pour son sçavoir prompt et mémoire ténacissime… Je ne sçays si le soleil, à trente lieues à la ronde, voit ung homme plus plein de sçavoir que luy. »