Ce Jour-là

Nostra ætate

Déclaration catholique sur les relations de l'Église avec les religions non chrétiennes

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Nostra aetate est une déclaration du concile Vatican II sur les relations de l'Église catholique avec les religions non chrétiennes (judaïsme, islam, bouddhisme, hindouisme et autres religions). Elle est promulguée le 28 octobre 1965 par le pape Paul VI. « Nostra aetate » sont les premiers mots du texte latin, qui signifient « À notre époque ».

Nostra aetate, qui est le plus court des documents de Vatican II, est l'un des textes fondateurs du dialogue interreligieux mis en œuvre par l'Église catholique.

Au moment de Vatican II, l'un des principaux textes doctrinaux portant sur la question de la liberté religieuse était le Syllabus de Pie IX de 1864[réf. nécessaire].

Après la Seconde Guerre mondiale et en réaction à la tragédie de la Shoah, la conférence de Seelisberg a réuni en décembre 1947 des personnalités juives (dont l'historien Jules Isaac) et chrétiennes pour étudier les causes de l’antijudaïsme ou antisémitisme chrétien. Elle a débouché sur un Appel adressé aux Églises enjoignant aux chrétiens de rester fidèles « au message de Jésus-Christ sur la miséricorde de Dieu et l’amour du prochain », et sur les « dix points de Seelisberg ». Jules Isaac eut ensuite des entretiens avec Pie XII, et surtout en 1960 avec Jean XXIII, auxquels il remit un dossier plaidant pour des modifications positives dans l'enseignement chrétien concernant les Juifs. Le pape Jean XXIII confia au cardinal Augustin Bea la tâche de rédiger un texte sur les Juifs, dans le cadre de la préparation du concile Vatican II. Le texte fut élargi par la suite aux autres religions non chrétiennes.

Elle fut adoptée par 2 221 voix contre 88 et promulguée par Paul VI le 28 octobre 1965.

Anticipant l'esprit de globalisation du XXIe siècle la déclaration s'ouvre d'emblée sur :

« À notre époque où le genre humain devient de jour en jour plus étroitement uni… »

et rappelle l'origine commune de tous les hommes (Ac. 17:26) :

« Tous les peuples forment, en effet, une seule communauté ; ils ont une seule origine, puisque Dieu a fait habiter toute la race humaine sur la face de la terre ».

Les Pères du Concile reconnaissent que toutes les religions tentent de répondre aux questions fondamentales que se posent hommes et femmes sur la vie, le bien, le mal et la souffrance, le péché, le vrai bonheur, jugement et rétribution après la mort, entre autres.

L'Église catholique ne rejette pas ces religions, elle les respecte, même si la communauté chrétienne demeure tenue d'annoncer le Christ qui est « la voie, la vérité et la vie » ; c’est bien en lui que Dieu s’est réconcilié toutes choses, en lui que tous « doivent trouver la plénitude de la vie religieuse. »

Le document reconnaît la recherche de Dieu dans le désir de sagesse des religions orientales :

« Ainsi, dans l'hindouisme, les hommes scrutent le mystère divin et l'expriment par la fécondité inépuisable des mythes et par les efforts pénétrants de la philosophie ; ils cherchent la libération des angoisses de notre condition, soit par les formes de la vie ascétique, soit par la méditation profonde, soit par le refuge en Dieu avec amour et confiance. »

« Dans le bouddhisme, selon ses formes variées, l'insuffisance radicale de notre monde changeant est reconnue et on enseigne une voie par laquelle les hommes, avec un cœur dévot et confiant, pourront soit acquérir l'état de libération parfaite, soit atteindre l'illumination suprême par leurs propres efforts ou par un secours venu d'en haut. »

L'Église catholique dit son estime pour les musulmans « qui adorent le Dieu unique, qui a parlé aux hommes. ». Nostra aetate indique que la foi islamique se réfère à Abraham, sans toutefois mentionner le nom de Mahomet ni sa qualité de prophète de l'Islam.

« L’Église regarde aussi avec estime les musulmans, qui adorent le Dieu unique, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes. Ils cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, même s’ils sont cachés, comme s’est soumis à Dieu Abraham, auquel la foi islamique se réfère volontiers. »

« Bien qu’ils ne reconnaissent pas Jésus comme Dieu, ils le vénèrent comme prophète ; ils honorent sa Mère virginale, Marie, et parfois même l’invoquent avec piété. De plus, ils attendent le jour du jugement, où Dieu rétribuera tous les hommes après les avoir ressuscités. Aussi ont-ils en estime la vie morale et rendent-ils un culte à Dieu, surtout par la prière, l’aumône et le jeûne. »

La déclaration se poursuit par l'appel à oublier les conflits du passé et à promouvoir les valeurs de morale et de justice sociale, de paix et de liberté.

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