Ce Jour-là

Nintendo Entertainment System

Console de jeux vidéo de salon de troisième génération

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La Nintendo Entertainment System, par abréviation NES, également couramment appelée Nintendo en France, est une console de jeux vidéo de génération 8 bits fabriquée par l'entreprise japonaise Nintendo et distribuée à partir de 1985 (1987 en Europe). Son équivalent japonais est la Family Computer (ファミリーコンピュータ, Famirī Konpyūta), ou Famicom (ファミコン, Famikon), sortie quelques années avant, en 1983. En Corée du Sud, la NES porte le nom de Hyundai Comboy (컴보이) et en Inde, celui de Tata Famicom.

La console connut un succès mondial, ce qui aida à redynamiser l'industrie du jeu vidéo après le krach du jeu vidéo de 1983, et ce qui fixa les normes pour les consoles suivantes, du game design aux procédures de gestion. Il s'agit de la 13e console de jeux vidéo la plus vendue avec 62 millions d'unités vendues. Super Mario Bros. est le jeu le plus vendu sur la console ; son succès fut tel que ce jeu justifiait bien souvent l'achat de la console à lui tout seul, devenant ainsi un killer game.

L'histoire de la NES commence au Japon en 1981. Sa longévité est la plus importante de toutes les consoles (devant l'Atari 2600 et la PlayStation). Au total, 1 251 jeux ont été développés pour la console, toutes régions confondues.

Après avoir rencontré le succès avec une série de jeux d'arcade au début des années 1980, Nintendo planifia dès novembre 1981 la production d'une console de salon à cartouches interchangeables, un dispositif non inclus sur les Color TV Game. Par souci d'économie, la première Famicom était rouge car le plastique rouge était le moins cher de tous à l'époque. Sa conception commence en 1981 sous le nom de code Young Computer (Ordinateur Jeune). À cette époque, le président Hiroshi Yamauchi déclare à ses employés qu'il voulait une console dont les performances seront telles que la concurrence ne pourrait ni la copier, ni l'égaler avant au moins trois ans. De plus, elle devrait coûter moins de 10 000 ¥. Masayuki Uemura et son équipe conçoivent le système en faisant preuve d'ingéniosité et en économisant sur le moindre détail pour arriver aux exigences du président.

Après deux ans de travail, elle sort au Japon le 15 juillet 1983 pour 14 800 ¥(environ 18 490 ¥ en 2021), accompagnée de trois ports de jeux d'arcade à succès de Nintendo : Donkey Kong, Donkey Kong Jr. et Popeye. Bien que la barre des 10 000 ¥ soit dépassée, la Famicom (abréviation de Family Computer) reste la machine la moins chère de l'époque, et en prime la plus puissante du marché. Les débuts de la Famicom sont plutôt difficiles : pendant les premières semaines, beaucoup ont critiqué la console en la jugeant peu fiable, sujette à des anomalies de fonctionnement et à de gros ralentissements. Après le rappel du produit et sa réédition avec une nouvelle carte mère, la popularité de la Famicom grimpe. Contre toute attente, elle est vendue à 500 000 exemplaires en deux mois, devenant la console la mieux vendue au Japon vers la fin de l'année 1984. Encouragé par ce succès, Nintendo tourne bientôt son attention vers le marché nord-américain. En parallèle, à la fin des années 1980, un foyer japonais sur trois est équipé de la Famicom, et Nintendo est l'entreprise japonaise la plus rentable, devant Toyota. Afin de rendre la console plus abordable, Nintendo vendait la Famicom à un prix inférieur au coût de sa production. Tous leurs bénéfices provenaient donc des jeux. En 2010, la console compte 39 titres dépassant le million d'exemplaires vendus.

Nintendo ne se sentant pas de taille pour concurrencer Atari, à une époque où Atari et jeu vidéo étaient pour ainsi dire synonymes, fait appel à eux pour la distribution de la console en Amérique, et commence les négociations, notamment pour la nommer « Nintendo Video Gaming System ».[réf. nécessaire] Atari refuse l'affaire[source insuffisante], ayant déjà engagé le développement de la future Atari 7800 qui succédera à l'Atari 2600.

En 1983 survient le krach du jeu vidéo aux États-Unis. Les consoles attirent alors beaucoup moins, le public se tournant vers les ordinateurs familiaux. Dans ce contexte morose, Nintendo pense alors ajouter à sa console un clavier, un enregistreur de cassettes, une manette de jeu sans fil, un joystick, ainsi qu'une cartouche spéciale BASIC. Le tout est rebaptisé « Nintendo Advanced Video System ». Bien qu'ayant été officiellement présentés au CES de 1984, ces ajouts seront abandonnés.

Finalement, Nintendo dévoila sa version américaine de la Famicom en juin 1985 au Summer Consumer Electronics Show (CES) à Las Vegas. Avec un aspect plus « tendance » et un nouveau nom, la Nintendo Entertainment System (NES) s'est avérée aussi populaire en Amérique que la Famicom au Japon. Au départ, seuls 50 000 exemplaires sont mis en vente, uniquement à New York, et se vendent rapidement. Devant le succès de ce test, la compagnie approvisionne de nouveaux stocks dans tout le pays. La NES joua un rôle majeur dans la redynamisation de l'industrie du jeu vidéo, affaiblie par le krach de 1983. Nintendo commence le 18 octobre 1985 à vendre en dehors des États-Unis, et en février de l'année suivante, c'est tout le nord de l'Amérique qui est approvisionné. Nintendo sort simultanément dix-huit titres de lancement : 10-Yard Fight, Baseball, Clu Clu Land, Donkey Kong Jr. Math, Duck Hunt, Excitebike, Golf, Gyromite, Hogan's Alley, Ice Climber, Kung Fu, Mach Rider, Pinball, Stack-Up, Super Mario Bros., Tennis, Wild Gunman, et Wrecking Crew.

Pour le restant de la décennie, Nintendo devint le leader incontesté des marchés américains et japonais du jeu vidéo, et ses jeux établirent de nouveaux records de vente. Cependant, la console n'était pas encore implantée dans le reste du monde occidental. Ainsi, en Europe et en Australie, elle sortit dans deux régions séparées de vente, la « A » et la « B ». La distribution dans la région « B », se composant de la majeure partie du continent européen, est le travail de différentes compagnies, Nintendo étant responsable de la plupart des sorties de cartouches. La console sort en 1986 pour la région « B ». Mattel se charge de la distribution pour la région « A », comprenant le Royaume-Uni, l'Irlande, l'Italie, l'Australie et la Nouvelle-Zélande, à partir de 1987. À partir de 1990, une branche européenne de Nintendo assure la distribution dans l'ensemble de l'Europe. Au même moment, Sega concurrence la console de Nintendo avec sa Master System dans de nombreux pays du monde. En dépit de cette dernière, la NES est devenue en 1990 la console la plus populaire de l'histoire du jeu vidéo, Nintendo estimant en avoir vendu 62 millions d'exemplaires, et 500 millions de jeux à travers le monde. La NES n'est pas disponible en Union soviétique.

La NES devait initialement être commercialisée en septembre 1987 en même temps que le Master System mais la livraison par bateau venant du Japon prit du retard. Elle ne sera ainsi commercialisée que vers la fin octobre 1987 et distribuée par ASD. La France reçoit du Japon 40 000 consoles pour son lancement, mais il ne s'en écoulera que 10 000 en cette fin d'année 1987. La console sort en deux bundles : le "Control Deck" à 1 490 francs avec Super Mario Bros. et le "Deluxe set" à 1 790 francs avec Gyromite et son Robot ainsi que Duck Hunt et son Zapper gris. 27 jeux accompagnent le lancement et un total d'une trentaine seront disponibles d'ici Noël 1987. Elle est vendue en France à 1 490 francs, ce qui est un peu plus cher que les 199,99 $ affichés aux États-Unis en 1985 (sachant que 1 $ est environ égal à 0,80 € en 1986, 199,99 $ font environ 160 €, soit 1 050 francs en 1987). La différence de prix entre la NES et la Famicom est due aux coûts d'exportation et aux différences matérielles des deux consoles.

Le premier article de presse français pour la NES française se trouve dans le Science et Vie Micro de juillet-août 1987. La première publicité télévisée pour la NES en France date de décembre 1987. En janvier 1988, Bandaï reprend la distribution à ASD, qu'elle aurait dû avoir dès avril 1987. ASD aura fait perdre un temps précieux à Nintendo pour implanter sa NES en France face à sa concurrente le Master System de Sega : lancement en octobre au lieu d'avril et faibles ventes (entre 10 000 et 40 000). Bandaï en profite pour lancer une dizaine de nouveaux jeux et faire passer le prix du bundle avec Super Mario Bros. de 1190 FF à 990 FF. En 1988, il ne se vendra que 33 000 consoles et 45 000 jeux. La base installée de la NES est donc de 43 000 à la fin 1988. Le jeu le plus attendu de l'histoire de la NES en France sera, et de loin, d'après la hotline de Nintendo, Zelda II: The Adventure of Link, qui bénéficiera ainsi de la plus grosse campagne publicitaire pour un jeu NES en France, suivi par Super Mario Bros. 3 et TMNT. Super Mario Bros. 3 sera l'un des plus gros succès de la NES en France.

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