Ce Jour-là

Ninive

Ancienne ville de l'Assyrie

Anúncio

Ninive (en akkadien Ninu(w)a ; en arabe نينوه, Naynuwa ; en araméen ܢܝܢܘܐ ; en hébreu נינוה, Nīnwē) est une ancienne ville de l'Assyrie, dans le Nord de la Mésopotamie. Elle se situait sur la rive est (gauche) du Tigre, au confluent du Khosr (ou Khoser, Koussour), à un emplacement aujourd'hui localisé dans les faubourgs de la ville moderne de Mossoul, en Irak, dont le centre se trouve de l'autre côté du fleuve. Les deux sites principaux de la cité sont les collines (les « tells ») de Kuyunjik et de Nebī Yūnus.

Ninive est l'une des plus anciennes cités de Mésopotamie. Elle était un important carrefour de routes commerciales traversant le Tigre. Elle occupait une position stratégique sur la grande route entre la mer Méditerranée et le plateau Iranien, ce qui lui a apporté la prospérité, de sorte qu'elle est devenue l'une des plus grandes cités de toute la région. Elle doit sa plus grande expansion urbaine au choix du roi assyrien Sennacherib d'en faire la capitale de son grand empire au début du VIIe siècle av. J.-C. Ninive est alors entourée de remparts de briques sur une longueur de 12 km. L'espace total de la cité couvrait 750 hectares à son apogée. L'ensemble de ce vaste espace est aujourd'hui une superposition de ruines recouvertes à certains endroits par les nouvelles banlieues actuelles de la ville de Mossoul. Depuis 2014 et la prise de contrôle de Mossoul par l'organisation terroriste État islamique, les ruines de Ninive ont fait l'objet d'importantes destructions.

Le site de Kuyunjik occupe une place importante dans la redécouverte du Proche-Orient ancien au milieu du XIXe siècle par les archéologues qui mettent au jour ses palais et leurs bas-reliefs, ainsi que par les milliers de tablettes cunéiformes qui y ont été exhumées dès les premiers chantiers de fouilles et ont permis la naissance de la discipline assyriologique. Ce même tell présente la séquence archéologique la plus longue de la Mésopotamie, depuis les premières traces d'habitations au VIe millénaire av. J.-C. jusqu'aux dernières vers les XIIIe – XIVe siècles apr. J.-C. Les fouilles de Ninive ont donc livré une partie substantielle des sources des connaissances actuelles sur l'Empire assyrien et, plus largement, sur la culture de la Mésopotamie antique.

Sur le confluent du grand fleuve le Tigre (assyrien Idiglat), et du Khosr (Huṣur), Ninive est située au sud de l'actuel Kurdistan, dans une vallée fertile où l'agriculture sèche est possible, ainsi que l'élevage. Sa situation est suffisamment en retrait des montagnes pour la protéger des incursions de peuples montagnards, tout en la plaçant à proximité de deux routes commerciales importantes dès les temps les plus anciens : une première qui suit sur un axe nord-sud le cours du Tigre et relie le Taurus et la plaine mésopotamienne, et une seconde de direction est-ouest qui traverse le Tigre à proximité de Ninive et poursuit sa route vers l'ouest en direction du cours moyen de l'Euphrate, puis vers la Mer Méditerranée.

Le site de Ninive, qui couvrait plus de 750 hectares entourés par une muraille à son apogée au VIIe siècle av. J.-C., est coupé en deux par le Khosr d'est en ouest, alors que le Tigre coule à l'ouest en dehors de l'espace urbain. Le tell le plus important du site, Kuyunjik, se situe au nord du Khosr qu'il surplombe et qui effectue une boucle sur son flanc oriental. L'autre tell, Nebi Yunus, est plus petit, et est situé un peu plus d'un kilomètre au sud. L'extension de la ville aux époques historiques se poursuit en contrebas, dans la ville basse, qui s'étend vers l'est des deux tells.

Premiers chantiers à Kuyunjik au milieu du XIXe siècle

Le site du tell de Kuyunjik, situé juste en face de la ville actuelle de Mossoul, est depuis longtemps connu pour être l'emplacement probable de l'antique Ninive. C'est pour cette raison que lorsque l'explorateur anglais Claudius James Rich se rendit en Irak à la recherche des anciens sites de la Mésopotamie en 1820, il fit une halte en ce lieu, dont il dressa les plans, découvrant au passage quelques sculptures. C'est le premier Européen à avoir retrouvé les traces de Ninive, sans faire alors de fouilles. Les premières prospections dans Kuyunjik furent peu fructueuses et il fallut du temps avant de confirmer l'identification de ce tell comme étant l'acropole de l'ancienne grande capitale assyrienne. La redécouverte de Ninive fut l'objectif principal des pionniers de l'archéologie du Proche-Orient ancien lorsqu'ils commencèrent à fouiller les sites de l'ancienne Assyrie, en raison de son prestige et de celui des grands rois assyriens dont les noms étaient encore connus par une grande partie de la population de pays comme la Grande-Bretagne ou la France, en raison du poids important de la culture biblique, ce qui explique pourquoi leurs découvertes furent très suivies. Proches de la grande ville de Mossoul et situés dans un lieu nommé « Ninuwa » par la population locale qui gardait le souvenir de l'ancienne capitale assyrienne, les tells de Nebi Yunus (site qu'il s'avéra impossible de fouiller en raison de son caractère sacré) puis de Kuyunjik furent logiquement, en 1842, la première destination du consul français local, Paul-Émile Botta, lorsqu'il tenta de retrouver Ninive. Alors qu'il se trouvait au bon emplacement, ses trouvailles furent maigres et il douta d'être dans le site désiré ; il se déplaça donc de quelques kilomètres plus au nord, à Khorsabad, où les ruines étaient plus apparentes. Il dégagea des monuments dont il pensa quelque temps qu'il s'agissait bien des ruines de Ninive, avant de mettre en évidence le fait qu'il s’agissait de Dur-Sharrukin.

Peu de temps après, en 1847, le britannique A. H. Layard, qui travaillait déjà dans le site de Nimrud, qu'il pensait de son côté être Ninive et qui était en réalité Kalkhu, supervisa les fouilles de Kuyunjik après ses résultats concluants dans son premier site. Après avoir révélé à Londres ses premières découvertes (effectuées surtout à Nimrud), il revint en 1849 à Kuyunjik pour y effectuer des fouilles plus ambitieuses, avec son assistant Hormuzd Rassam. Ils découvrirent le palais de Sennacherib et des centaines de mètres de reliefs sculptés, notamment ceux relatant la prise de Lakish, et une campagne d'Assurbanipal en Élam, ainsi que le premier lot de tablettes cunéiformes de Ninive, comprenant une partie de la « Bibliothèque d'Assurbanipal » et des archives des rois assyriens. Ces trouvailles furent envoyées au British Museum, où elles se trouvent actuellement. Avec ces découvertes, il devint progressivement évident que le site de Kuyunjik correspondait à l'antique Ninive, les autres capitales assyriennes ayant également été identifiées dans ces mêmes années grâce au début du déchiffrement de l'akkadien cunéiforme.

La poursuite des fouilles par les Britanniques

Layard quitta par la suite les chantiers de fouilles de Mésopotamie pour se lancer dans une carrière de diplomate, et Henry Rawlinson pris les commandes des expéditions britanniques dans la région. Ce dernier laissa les Français explorer la partie nord du tell de Kuyunjik, alors que le reste était attribué à Rassam, qui s'accommodait peu de cette situation. Il fouilla en secret la partie nord du tell en décembre 1853 et trouva une partie du palais nord d'Assurbanipal, où furent mis au jour de nouveaux bas-reliefs, notamment les scènes de chasse au lion de ce roi, ses campagnes contre l'Elam et les Arabes, puis la deuxième partie des tablettes de la Bibliothèque d'Assurbanipal et des archives royales. Ces trouvailles furent donc envoyées à Londres au nez et à la barbe des archéologues français, qui en gardèrent une profonde rancœur contre Rassam. En 1854, le chantier britannique fut fermé faute de crédits. William Kenneth Loftus reprit ensuite les fouilles du palais d'Assurbanipal d'où les Français avaient été évincés à la suite des découvertes de Rassam et trouva d'autres bas-reliefs. Ses fouilles sont mal connues car elles ont été publiées plus d'un siècle plus tard. Les bas-reliefs découverts à ce moment, ainsi que d'autres bas-reliefs de Ninive laissés par Rawlinson aux Français ou vendus au musée de Berlin furent perdus lors d'un naufrage sur le Chatt-el-Arab en mai 1855, accident qui survint à la suite d'une attaque d'un convoi fluvial dirigé par les Français qui y transportaient aussi une grande partie de sculptures provenant de Khorsabad (naufrage de Gournah).

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Ninive | World in Stories