Nicolas Bedos, né le 21 avril 1979 à Neuilly-sur-Seine, est un dramaturge, metteur en scène, scénariste, réalisateur, acteur et humoriste français.
Fils de l'humoriste Guy Bedos et de la scénariste et autrice Joëlle Bercot, il se fait connaître à partir de 2004 dans le milieu du théâtre en écrivant quatre pièces. Auteur de plusieurs livres à succès, il écrit également des scénarios pour la télévision.
Après un passage à la radio sur Oui FM, il tient une chronique humoristique intitulée La Semaine mythomane dans l'émission Semaine critique ! de Franz-Olivier Giesbert à la rentrée 2010, puis intègre On n'est pas couché de Laurent Ruquier en 2013.
En 2017, son premier film en tant que réalisateur, Monsieur et Madame Adelman, sort dans les salles, film dont il est également le co-scénariste et l'acteur principal. Son deuxième film, La Belle Époque, sort en 2019. Nommé à onze reprises aux César 2020, Nicolas Bedos reçoit celui du meilleur scénario original.
Il réalise ensuite OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire sorti en 2021, puis Mascarade en 2022.
En octobre 2024, il est condamné à un an de prison, dont 6 mois avec sursis, pour des agressions sexuelles.
Né le 21 avril 1979 à Neuilly-sur-Seine, Nicolas Bedos est le fils de Guy Bedos (1934-2020), humoriste, acteur, artiste de music-hall et scénariste français, pied-noir, père de deux filles issues de mariages précédents. Sa mère, Joëlle Bercot, est une ancienne danseuse classique et mannequin d'ascendance bretonne. Très discrète dans les médias, elle n'y apparaît qu'à de rares occasions. Ses parents se sont mariés en 1978 et ont un écart d'âge significatif.
Il a une sœur cadette, Victoria (née en 1983), femme de lettres, comédienne et chanteuse ; ils sont élevés dans un milieu aisé habitant dans les villes de Vaucresson, Garches et Neuilly-sur-Seine dans les Hauts-de-Seine. Sa marraine est l'avocate et militante féministe Gisèle Halimi (1927-2020) et son parrain est l'homme de lettres Jean-Loup Dabadie (1938-2020). Durant son enfance, il déclare avoir « sauté sur les genoux » de Françoise Sagan et de Barbara, et croisé dans le salon familial Serge Gainsbourg et Pierre Desproges.
Durant sa scolarité, il est élève à l'école internationale bilingue, puis au lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine et arrête l'école très vite où il est qualifié de « glandeur », déclarant que son patronyme n'était pas évident à porter auprès de ses camarades ; il n'a aucun diplôme. Afin de compenser ses « piètres résultats », il se met au dessin, au piano et à l'écriture. Il signe son premier scénario à douze ans pour « épater [s]es parents » ; il le juge aujourd'hui « épouvantable ». Durant sa jeunesse et son adolescence, ses lectures sont principalement les ouvrages de Sartre, Maupassant, Camus et Sagan et son « premier choc » littéraire est La Confession d'un enfant du siècle d'Alfred de Musset.
En juin 1998, il fait sa première apparition à la télévision en participant à une émission spéciale consacrée à son père Du côté de chez Bedos ; il y joue du piano. S'il révélera à Catherine Ceylac dans son émission Thé ou Café avoir fait une « dépression très très grave » à cause de la drogue et tenté de se suicider à l'âge de vingt ans, il assure aujourd'hui ne plus jamais s'être drogué et indique s'être servi de l'écriture comme thérapie, pour soigner sa dépression. Il déclare que cette dernière a opéré comme une autodépréciation virant à la haine de soi et qu'elle l'a rendu « totalement exsangue » et « quasi mutique ». Il ajoute qu'il est allé sur « un plateau télé pour surmonter la peur de parler en public ».
Nicolas Bedos est engagé par Alain De Greef, directeur des programmes de Canal+, à l'âge de dix-huit ans comme lecteur et conseiller artistique. Il collabore à l'écriture de divers programmes et réalise On vous rappellera, une série de fictions courtes. Il déclare que c'était une très mauvaise expérience : « J’avais une secrétaire ! Tout le monde pensait que j'étais pistonné ». En 2000, il co-écrit plusieurs sketchs avec son père pour son spectacle d'abord joué à l'Olympia, et en tournée dans toute la France.
En octobre 2002, il participe au pré-générique de l'émission Bedos-Ardisson, on aura tout vu !, un sketch humoristique intitulé Le casting où il revient sur une dispute entre son père et Thierry Ardisson, fâchés pendant une dizaine d'années.
À 24 ans, Nicolas Bedos écrit sa première pièce intitulée Sortie de scène. Elle rassemble les comédiens Guy Bedos, Cyrille Eldin, Jean-Louis Tribes, Élisabeth Margoni et Gabrièle Valensi, et est mise en scène par Daniel Benoin. Sa première représentation a lieu au théâtre national de Nice en avril 2004, puis est jouée à partir de janvier 2005, au théâtre Hébertot dans le 17e arrondissement de Paris. Son père y joue le rôle d'un « vieil auteur acariâtre » qui « décide de torpiller son image lisse en publiant des textes où il fustige ses contemporains ». Des disputes ont lieu entre lui et ses gouvernante-secrétaire-infirmière, jusqu'à ce « qu'une jeune nièce bouscule ses certitudes ». Saluée par la presse, elle est nommée aux Molières 2005 dans la catégorie meilleure pièce de création et Élisabeth Margoni dans celle de la meilleure comédienne dans un second rôle. Cette pièce lui vaut une première exposition médiatique pour son travail ; il est notamment invité dans l'émission Tout le monde en parle de Thierry Ardisson aux côtés de son père.
Ensuite, il écrit Eva une pièce sur « une écrivaine à succès d'une cinquantaine d'années, [qui] est en train de mourir ». Mise en scène par Daniel Colas, elle est jouée, à partir de janvier 2007, au théâtre des Mathurins, où elle rassemble Niels Arestrup, Benjamin Bellecour, Linda Hardy et Brigitte Catillon. Cette dernière sera nommée aux Molières 2007 dans la catégorie la meilleure comédienne dans un second rôle. Malgré des critiques positives, cette pièce est un échec ; il déclare avoir fait un « bide » qui lui vaudra d'être mis au « placard » pendant une « période très ingrate où tout ce que j'écrivais était refusé ».
En octobre 2009, il met en scène sa pièce Le Voyage de Victor au théâtre de la Madeleine, avec Macha Méril et Guy Bedos dans les rôles principaux. Elle raconte l'histoire d'un père qui devient amnésique à la suite d'un accident de voiture ; un drame familial sous forme de rapport « parents-enfant, couple qui se déchire et se retrouve ». Les critiques sont partagées, voire majoritairement négatives.
Sa quatrième pièce, Promenade de santé, dont il signe également la mise en scène, est jouée à partir de février 2010 au théâtre de la Pépinière ; une « mythomane nymphomane » qui rencontre dans le jardin d'une clinique psychiatrique un « érotomane bipolaire ». Avec Mélanie Laurent et Jérôme Kircher en têtes d'affiche, leur tandem est salué par la presse ainsi que la pièce. La comédienne, pour qui Nicolas Bedos avait spécialement écrit la pièce afin qu'elle monte une première fois sur scène, est nommée aux Molières 2010 dans la catégorie meilleure révélation théâtrale féminine.
Parfois qualifié de « talentueux metteur en scène » ayant des « dons d'écriture », il fait l'objet de « quatre démolissages » de Jérôme Garcin dans l'émission Le Masque et la Plume sur France Inter, et d'Éric Naulleau dans On n'est pas couché en juin 2011, qui lui suggère de travailler ses prochaines pièces « pour qu’elles soient meilleures ». Deux ans plus tard, Aymeric Caron saluera quant à lui l'écriture de Nicolas Bedos et ses « fulgurances littéraires ».
Le 2 juin 2014, Nicolas Bedos présente la 26e cérémonie de la Nuit des Molières, diffusée sur France 2 en deuxième partie de soirée. Après deux ans d'absence à la télévision, elle réunit 1,14 million de téléspectateurs soit 8,2 % de part d'audience ; ce qui est qualifié de « score correct ». L'année suivante, il présente la 27e cérémonie, qui rassemble 1,36 million de téléspectateurs, soit 11,5 % du public. En 2017, il est de retour pour présenter la 29e cérémonie des Molières ; elle réunit 1,09 million de téléspectateurs, soit 10,9 % du public.