L’abbé Nicolas-Louis de Lacaille, aussi écrit La Caille, né le 15 mars 1713 à Rumigny (Ardennes) et mort le 21 mars 1762 à Paris, est l'un des principaux astronomes français du XVIIIe siècle, membre de l'Académie royale des sciences.
Nicolas-Louis est le fils de Charles Louis (1679-1731), gentilhomme de la Garde royale, et de Barbe Rebuy.
Il effectue ses humanités au collège jésuite de Mantes puis, à partir de 1729, sa rhétorique au collège de Lisieux, à Paris. Après trois ans de théologie au Collège de Navarre, il devient maître des arts puis bachelier en théologie.
En 1736, il devient l'élève de l'astronome Jacques Cassini à l'Observatoire de Paris ; il effectue ses premières observations astronomiques en mai 1737. En mai 1738, avec Giovanni Maraldi, il effectue une longue campagne de relevés de la côte atlantique, entre Nantes et Bayonne. En juillet 1739, il participe avec Cassini de Thury à la mesure du méridien dans les Pyrénées, à partir de Perpignan.
Professeur de mathématiques au collège Mazarin en novembre 1739, il entre à l'Académie des sciences, le 8 mai 1741, comme adjoint, et devient associé en 1745.
Il effectue une longue mission dans l'hémisphère austral, d'octobre 1750 à juin 1754, où il est envoyé pour mesurer l'arc du méridien. Il y fait peu d'observations dans le domaine de l'histoire naturelle mais en rapporte une collection considérable, notamment d'oiseaux, utilisée en particulier par Mathurin Jacques Brisson (1723-1806).
En revanche, après avoir construit un observatoire astronomique en Afrique du Sud au Cap, il effectue un nombre impressionnant d'observations astronomiques. Entre autres, il détermine la distance de la Terre à la Lune en collaboration avec Joseph Lalande en 1751. Il termine son séjour austral à l'Île-de-France puis à l'île Bourbon, aujourd'hui respectivement Îles Maurice et de La Réunion, de janvier 1753 à février 1754, période au cours de laquelle il effectue un relevé géodésique de l'Île-de-France. À son retour en France, ses observations sont cartographiées par son amie Anne-Louise Le Jeuneux.
Il était membre des Académies de Berlin, de Stockholm, de Bologne et de Göttingen et membre de la Royal Society depuis le 17 janvier 1760.
Il a dénommé 14 des 88 constellations et en a rebaptisé une autre la Mouche (en latin : Musca, abréviation : Mus). Elle est proche de la Croix du Sud (Crux, Cru).
Son rationalisme scientifique le conduit à nommer les quatorze constellations ainsi :
Machine pneumatique, Antlia, Ant
Table, Mensa, Men (du nom d'une montagne située à proximité du Cap)
Il découpe la très grande constellation Navire Argo pour en créer trois autres, la Carène, la Poupe et les Voiles.
Il découvre en 1752, l'amas ouvert NGC 4755, de la Croix du Sud, connu sous le nom de boîte à bijoux. Celui-ci renferme une centaine d'étoiles regroupées sur environ 20 années-lumière, à près de 7 500 années-lumière de la Terre.
Il supprime également la petite constellation du Chêne de Charles (Robur Carolinum), inventée par Edmond Halley en 1677, et située à proximité du Navire Argo.
De retour en France, il participe à la vérification de la base établie par Jean Picard près d'un siècle auparavant pour mesurer la longueur du méridien terrestre en 1756.
Eric G. Forbes et Jacques Gapaillard, « La correspondance astronomique entre l'abbé Nicolas-Louis de Lacaille et Tobias Mayer », dans Revue d'Histoire des Sciences, 49 (4):483–541 (1996) — Tobias Mayer est un mathématicien, cartographe et astronome allemand.
Plusieurs corps célestes ont été nommés en son honneur :