Ce Jour-là

Nicolás Maduro

Homme d'État vénézuélien

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Nicolás Maduro Moros (/nikoˈlas maˈduɾo ˈmoɾos/ ), né le 23 novembre 1962 à Caracas, est un syndicaliste et homme d'État vénézuélien. Il est président de la république bolivarienne du Venezuela du 8 mars 2013 jusque de facto au 3 janvier 2026, à la suite de son enlèvement hors du pays par les États-Unis. La légitimité de sa réélection pour son troisième mandat le 29 juillet 2024 est mise en question par l'administration Trump, par ses opposants dans le pays et par une grande partie de la communauté internationale.

Ancien chauffeur de bus puis responsable syndical, il est membre du Mouvement Cinquième République (MVR). D'abord député (1999-2000), puis président de l'Assemblée nationale du Venezuela (2005-2006), il est ensuite ministre des Affaires étrangères (2006-2012) puis vice-président de la République (2012-2013). À la mort du président Hugo Chávez, il devient président de la République par intérim, puis remporte l'élection présidentielle anticipée avec 50,6 % des voix face à Henrique Capriles.

En 2014 et 2017, au cours d'une profonde crise économique provoquant notamment des pénuries alimentaires, Nicolás Maduro est confronté à des manifestations et à une opposition demandant sa démission. La répression du mouvement fait une centaine de morts et Maduro institue un régime autoritaire. Les élections législatives de 2015 voient l'opposition emporter la majorité à l'Assemblée nationale, ce qui constitue le point de départ d'une crise institutionnelle. Il est réélu en 2018 à l'issue d'un scrutin boycotté par l'opposition, suivi l'année suivante d'une grave crise présidentielle, lors de laquelle il est contesté par Juan Guaidó, qui échoue toutefois à prendre le pouvoir de manière effective, faute de soutien de l'armée.

En juillet 2024, il remporte l'élection présidentielle avec 51,20 % des suffrages exprimés selon les résultats officiels et est réélu pour un troisième mandat de six ans. Mais l'opposition, l'Union européenne, les États-Unis et d'autres pays dénoncent des fraudes électorales massives et un scrutin truqué ; l'opposition vénézuélienne accuse le pouvoir d'avoir mené une campagne d'intimidation. Sa présidence est aussi marquée par de fortes tensions avec le gouvernement américain, qui impose au Venezuela de lourdes sanctions économiques, notamment un embargo sur le pétrole.

Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026, le président des États-Unis, Donald Trump, ordonne des frappes militaires aériennes sur Caracas. Peu après, Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores sont annoncés comme ayant été « capturés et exfiltrés ». L'opération est controversée au regard du droit international.

Le père de Nicolás Maduro, de lointaine origine juive séfarade maure et dont les ancêtres se sont convertis au catholicisme lors de la Reconquista (XVe siècle), est chef syndicaliste. Cette origine a permis à Hugo Chávez, qui le fit ministre des Relations extérieures, de dissiper les tensions avec la communauté juive vénézuélienne. S'il y a pour Nicolás Maduro « une grande diversité de communautés religieuses dans le pays », lui-même a été élevé dans la religion catholique comme 73 % des Vénézuéliens. Il a en outre rendu publique son appartenance au mouvement du gourou indien Sathya Sai Baba.

Nicolás Maduro se marie en 1988 avec Adriana Guerra Angulo, avec qui il a un fils, Nicolás Maduro Guerra. En juillet 2013, il se remarie avec Cilia Flores, adepte elle aussi de Sathya Sai Baba.

Nicolás Maduro est né à Caracas, issu de la classe moyenne d'un quartier populaire du sud de cette ville.

Il milite dans la Ligue socialiste (es) (marxiste-léniniste) du lycée au début des années 1970. Selon un de ses amis, il s'est fait expulser de son établissement scolaire en 1977 pour propagande communiste.

Dans les années 1980, Nicolás Maduro devient garde du corps des candidats socialistes à la présidence José Vicente Rangel (1983) et David Nieves (1988), mais également de Pablo Milanés. À cette époque, il reçoit une formation à l'école des cadres du Parti communiste de Cuba destinée à former les futurs révolutionnaires d'Amérique latine. Il reçoit des cours de philosophie marxiste et d'économie politique, il apprend l'histoire de l'Amérique latine, des révolutions mexicaine et cubaine.

Après ses études au lycée José Avalos d'El Valle, il est embauché comme conducteur de bus à Caracas (Metrobus), de 1991 à 1998, et deviendra président du syndicat du métro de Caracas. C'est en tant que porte-parole des conducteurs qu'il commence à se faire un nom. Dirigeant syndicaliste à partir de 1990, il est l'un des fondateurs du nouveau syndicat du métro de Caracas (Sitrameca) et de la Force bolivarienne des travailleurs avant d'en devenir son coordinateur national. C'est aussi vers ce moment qu'il effectue en parallèle, à Cuba, des études de science politique. La BBC affirme que les Vénézuéliens apprécient l'histoire de son ascension.

Du syndicalisme, il arrive en politique. De 1994 à 1997, il est membre de la direction du MBR-200 que Chávez avait fondé en 1983, et qui était l'embryon du Mouvement Cinquième République (MVR) qui deviendra le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) à partir de 2007 avec d'autres partis de gauche. Il participe aux émeutes de Caracas en 1989.

Il épouse Cilia Flores, procureur générale de la République, avocate de formation, c'est elle qui a organisé la défense de Chávez lorsqu'il a été arrêté à la suite de l'échec de son coup d'État de 1992.

Responsabilités ministérielles

Nicolás Maduro participe à la fondation du MVR en 1997, avec Hugo Chávez. Il est également corédacteur de la nouvelle constitution bolivarienne et devient député du MVR, en 1999, puis président de l'Assemblée nationale, de 2005 à 2006.

Il est nommé ministre des Affaires étrangères en août 2006 et vice-président de la République le 13 octobre 2012, à la suite de la réélection d'Hugo Chávez à la présidence. Pendant cette période d'absence du président c'est donc Maduro qui a occupé les fonctions administratives et économiques.

À la tête de la diplomatie vénézuélienne, il se fait remarquer en soutenant le régime libyen de Mouammar Kadhafi jusqu'au bout, continuant par ailleurs à appuyer le Syrien Bachar el-Assad, qui combat une rébellion dans son pays. S'adaptant au style incendiaire de Chávez, il traite par exemple le sous-secrétaire d'État américain John Negroponte de « gratte-papier au passé criminel ». Également pragmatique, il accepte en 2010 la main tendue du président colombien Juan Manuel Santos, contre qui il vitupérait pourtant quelques semaines plus tôt.

Désigné « dauphin » du président Chávez, il est pour cela critiqué dans l'opposition, notamment par Henrique Capriles : « Nous ne sommes pas une monarchie ». Cette nomination aurait été poussée par Cuba, l'île communiste étant inquiète de la stabilité de son allié vénézuélien une fois que Chávez aurait disparu.

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