Nick Heidfeld, né le 10 mai 1977 à Mönchengladbach, est un pilote automobile allemand. De 2000 à 2011, il participe à 183 Grands Prix de Formule 1, pour treize podiums inscrits.
Nick Heidfeld fait ses débuts en karting dans le milieu des années 1980. Repéré par l'ADAC, il remporte plusieurs titres et passe à la monoplace en 1994. Vainqueur de la catégorie 1 600 cm3 du championnat d'Allemagne de Formule Ford, puis de la catégorie 1 800 cm3 l'année suivante, Heidfeld termine troisième du championnat d'Allemagne de Formule 3 en 1996, avant d'être sacré champion l'année suivante. Pris sous l'aile de Mercedes, il intègre la Formule 3000 en 1998. Manquant le titre de justesse pour sa première année, il est sacré en 1999. Dans cette même période, il effectue ses premiers tests en Formule 1.
Nick Heidfeld fait ses débuts en Formule 1 en 2000 chez Prost Grand Prix, où il ne marque aucun point. Transféré chez Sauber, il se révèle en montant sur son premier podium. Snobé par McLaren qui lui préfère Kimi Räikkönen, Heidfeld reste chez Sauber, mais semble s'enliser dans le ventre mou du peloton, ne remontant plus sur le podium. Il rejoint Jordan, en pleine crise, pour la saison 2004 et marque quelques points. En 2005, l'Allemand signe avec BMW-Williams et parvient à décrocher trois podiums, sans pour autant gagner. En 2006, il rejoint BMW Sauber et réalise quelques places d'honneur, dont un podium. En 2007, Heidfeld se classe cinquième du classement général, notamment grâce à sa régularité à obtenir des points. L'année suivante est assez similaire avec une sixième place finale et quatre podiums récoltés, sans aucune victoire toutefois.
En 2009, l'écurie est sur le déclin et Heidfeld ne décroche qu'un seul podium, stagnant en milieu de tableau la plupart du temps. En 2010, l'Allemand décide de quitter l'équipe pour rejoindre Mercedes en tant que pilote de réserve, avant de passer chez Pirelli pour le développement des pneumatiques. Vers la fin de l'année, Sauber l'appelle pour les dernières courses de la saison, ce qui le fait gagner quelques points, chez une écurie qui n'est plus que l'ombre de celle qu'elle était précédemment. En 2011, Lotus Renault le recrute en tant que titulaire : malgré un podium, il est remercié à mi-saison. C'est la dernière saison du pilote allemand en Formule 1.
En 2012, Heidfeld se reconvertit en endurance et dans son championnat du monde avec Rebellion Racing, en participant à plusieurs manches de la saison. En 2013, malgré des moyens plus limités que ceux des constructeurs, Heidfeld termine huitième et vice-champion des American Le Mans Series. En 2014, Heidfeld termine dixième du championnat des Pilotes, tout en décrochant un podium en Formule E avec Venturi.
Débuts en compétition automobile (1977-1999)
Premiers sacres en karting et en monoplace (1977-1997)
Né à Mönchengladbach en 1977, le jeune Nick Heidfeld fait une course de moto-cross à l'âge de cinq ans avec ses frères Tim et Sven, mais est victime d'un grave accident, au niveau du mollet, ce qui pousse ses parents à interdire tout contact entre leur fils et le sport automobile. Après un voyage au Nürburgring en 1984, le jeune Nick convainc ses parents de lever leur interdiction, et de faire ses débuts en karting. Affilié au club de karting de Kerpen-Mannheim, aux côtés de Michael et Ralf Schumacher, en 1990, l'espoir allemand remporte la Ligue de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, championnat régional de karting. En 1991, Heidfeld rejoint l'ADAC, par le biais de son équipe de karting junior ; troisième du trophée ADAC, le jeune Allemand se qualifie pour les championnats d'Europe et du monde de karting. Cinquième du championnat d'Allemagne de karting junior, il fait ses débuts en championnat du monde en 1993, lors d'une course à Laval.
En 1994, Nick Heidfeld décide d'arrêter le karting pour commencer la monoplace, débutant dans le championnat d'Allemagne de Formule Ford : engagé dans la catégorie 1 600 cm3, Heidfeld se montre sans partage, remportant huit des neuf courses de la saison, remportant ainsi sa catégorie. L'année suivante, dans la catégorie 1 800 cm3, Nick Heidfeld remporte quatre victoires et termine sur le podium les autres courses, ce qui lui permet de dominer sa catégorie, et de terminer vice-champion de la Formule Ford allemande toutes catégories. En 1996, Heidfeld rejoint Bertram Schäfer Racing au championnat d'Allemagne de Formule 3, dans lequel il termine troisième avec trois victoires, tout en finissant troisième des Masters de Formule 3. En 1997, Nick Heidfeld, toujours avec Bertram Schäfer Racing, se montre impérial toute la saison, qui commence avec une victoire aux 100 miles d'Hockenheim. Il remporte ensuite le Grand Prix de Monaco de Formule 3 avec un coup du chapeau (victoire, pole position, meilleur tour). Toujours engagé en Formule 3 allemande, Heidfeld est sacré champion avec cinq victoires en dix-huit courses, pour seulement quelques points devant Timo Scheider. Ces performances suscitent l'intérêt de Mercedes qui le prend sous son aile et lui offre ses premiers tests au volant d'une Formule 1 de McLaren-Mercedes.
Titre en Formule 3000 et pilote d'essais en Formule 1 (1998-1999)
En 1998, Heidfeld rejoint la Formule 3000 chez le West Junior Team, écurie junior de McLaren-Mercedes, qui le conserve comme pilote d'essais pour la saison ; en lutte avec Juan Pablo Montoya durant toute la saison, l'Allemand doit s'incliner dans la dernière course, après une erreur de son équipe qui ne lui met pas assez d'essence pour les qualifications : avec trois victoires, Heidfeld est vice-champion. Mais en 1999, parallèlement à ses activités de pilote essayeur pour le compte de McLaren-Mercedes en Formule 1, Heidfeld se montre d'entrée, remportant la première course de la saison de Formule 3000 à Monza. Alors qu'une pénalité lui enlève sa victoire lors de la deuxième course, le protégé de Mercedes prend sa revanche à Barcelone en s'imposant. Au cours de l'année, Heidfeld participe avec Mercedes, aux 24 Heures du Mans 1999 : septième des qualifications, Heidfeld peut légitimement espérer un bon résultat mais lors de la course, le prototype, piloté par son coéquipier Peter Dumbreck, s'envole à plus de 300 km/h avant de terminer sa course folle dans un rail de sécurité.
Malgré cette déception aux 24 Heures du Mans, les très satisfaisantes performances en Formule 3000 font espérer à Heidfeld un volant de titulaire pour la saison 2000 de Formule 1. Sa troisième victoire de la saison, à Magny-Cours, le fait prendre le large encore un peu plus au championnat. Début juillet, Heidfeld se trouve en négociations avancées pour remplacer Damon Hill chez Jordan Grand Prix pour le reste de la saison 1999, en cas de retraite du champion du monde. Peu après, Ron Dennis confirme ces discussions et annonce qu'il est prêt à libérer son jeune pilote pour qu'il aille chez Jordan. Finalement, Damon Hill décide de rester chez l'écurie irlandaise pour le reste de la saison, mettant un terme aux espoirs du protégé de Mercedes. En rien déstabilisé par cette nouvelle, l'Allemand se rapproche du titre en Formule 3000, avec une nouvelle victoire à Spielberg. Sur l'Hungaroring, Heidfeld parvient à terminer sur le podium, ce qui lui assure, à deux courses de la fin du championnat, le titre de champion intercontinental de Formule 3000. Ce titre attire la convoitise de Prost Grand Prix qui lui propose des tests sur le circuit de Silverstone. Une semaine après ces tests concluants, Nick Heidfeld signe chez l'écurie française pour la saison 2000. En Formule 3000, Nick Heidfeld remporte le championnat avec quatre victoires en neuf courses, et quasiment le double de points que son dauphin Jason Watt (59 contre 30). En plus de ce titre en Formule 3000, Nick Heidfeld bénéficie d'une grande expérience des Formule 1, ayant effectué environ 10 000 km avec des McLaren de 1997 à 1999, lors d'essais privés, loin de la pression médiatique. En décembre, il participe aux essais d'après-saison de Formule 1 avec Prost Grand Prix et effectue le deuxième temps, devançant son coéquipier Jean Alesi de plus d'une seconde.