Ce Jour-là

Nicholas Hilliard

Peintre anglais

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Nicholas Hilliard (Exeter, vers 1547 - Londres, 7 janvier 1619) est un orfèvre et un enlumineur anglais plus connu comme portraitiste en miniatures à la cour d'Élisabeth Ire d'Angleterre et de Jacques Ier d'Angleterre.

Il est réputé pour ses miniatures ovales bien qu'il ait parfois utilisé des formats plus importants, jusqu'à 25 centimètres. Pendant quarante-cinq ans, il a connu un indéniable succès artistique mais des problèmes financiers continus.

Ses portraits d'Élisabeth Ire illustrent encore les différences qui le démarquent des autres peintres du reste de l'Europe au cours du XVIe siècle. Il introduit un arrière-plan caractérisé par la présence d'un rideau plissé en velours au lieu du traditionnel fond bleu exécuté à l'aquarelle.

Très traditionnelles techniquement et suivant les standards en usage en Europe, ses peintures sont superbement exécutées et ont une fraîcheur et un charme qui ont fait dire qu'il « occupe une position centrale dans l'art de la période élisabéthaine et qu'il est le seul peintre dont les travaux reflètent, dans leur délicat microcosme, l'univers shakespearien. »

On ne connaît pas avec précision la date de naissance de Nicholas Hilliard. On pense qu'il aurait vu le jour vers 1547. Il est le fils de Richard Hilliard (1519-1594), un orfèvre protestant de la ville d'Exeter dans le Devon, qui est également le shérif de la ville et du comté en 1560. Sa mère s'appelle Laurence. Elle est la fille de John Wall, un orfèvre londonien.

Hilliard est peut-être un proche parent de Grace Hiller (Hilliar), première épouse de Theophilus Eaton (1590-1657), le cofondateur de la Colonie de New Haven en Amérique du Nord.

Il semble qu'il se soit joint très jeune à la maisonnée d'un des grands marchands à Exeter, John Bodley, père de Thomas Bodley qui créa la librairie qui porte son nom à Oxford. John Bodley s'exile lorsque la reine catholique Marie Ire accède au trône. Le 8 mai 1557, Hilliard, alors âgé de dix ans, est vu à Genève comme faisant partie de l'un des onze membres de la famille Bodley lors d'un service calviniste présidé par John Knox. Si le calvinisme ne semble pas avoir marqué Hilliard, le français qu'il acquiert à cette occasion lui sera d'une grande utilité ultérieurement. Thomas Bodley, de deux ans son aîné, poursuit, à la tête des érudits genevois, une éducation plutôt rigide, mais il n'est pas attesté qu'Hilliard ait suivi de telles études.

En 1560, Hilliard réalise un autoportrait. Il est alors âgé de treize ans. On dit qu'il aurait peint un portrait de Marie Ire d'Écosse, reine d'Écosse, à l'âge de 18 ans, ce qui est peu probable.

Hilliard entre en apprentissage chez Robert Brandon, joaillier de la reine, qui est également orfèvre et chambellan de Londres. Sir Roy Strong, conservateur et ancien directeur du V&A et de la National Portrait Gallery, émet l'hypothèse qu'Hilliard ait pu être initié à l'enluminure par Levina Teerlinc à cette époque. Cette dernière est la fille de Simon Bening le dernier grand maître Flamand de l'enluminure traditionnelle de manuscrits qui devient peintre à la cour d'Henri VIII à la mort de Hans Holbein le Jeune. Après sept ans d'apprentissage, Hilliard est promu citoyen d'honneur de la Vénérable Compagnie des Orfèvres en 1559. Il ouvre une échoppe avec son frère John (un autre de ses frères est aussi orfèvre et le puîné, prêtre).

En 1576, il épouse Alice (1556-1611), la fille de son maître Brandon, laquelle lui donnera sept enfants.

Le miniaturiste de la Cour d'Angleterre

Hilliard termine son apprentissage à l'époque où l'on « cherchait désespérément » un peintre pour faire le portrait de Sa Majesté. À partir de 1571, il réalise plusieurs portraits pour Robert Dudley, Ier comte de Leicester et favori de la reine, devenant ainsi un personnage célèbre à la cour. Grâce à son patronage, il est donc probable que Hilliard ait pu attirer l'œil de la Reine. Deux portraits exécutés à l'huile sur panneau de bois lui sont attribués : le « Phoenix » et le « Pélican » datés vers 1575. Les portraits reprennent la miniature de la reine datée de 1572. Hilliard est nommé miniaturiste attitré auprès d'Élisabeth Ire à une date inconnue, sans doute à la même période. Dès 1573, sur son ordre, il bénéficie d'une pension « pour ses bons et loyaux services ».

Grâce à cette protection, Hilliard, fraîchement marié, est sans doute envoyé par la reine auprès du Duc d'Alençon et embarque à l'automne 1576 pour la France « avec, pour seule intention, d'améliorer ses connaissances par ce voyage, et surtout pour gagner quelque argent auprès des lords et ladies afin de réaliser de meilleures prestations à son retour en Angleterre », comme le rapporte Sir Amyas Paulet, ambassadeur de Londres à Paris, auprès duquel Hilliard a séjourné la plupart du temps durant son séjour en France. Au cours de son voyage parisien, Hilliard peint le portrait en miniature de Francis Bacon, l'attaché d'ambassade.

Hilliard reste en France jusqu'en 1578-1579, pénétrant les milieux artistiques qui gravitent autour de la Cour, devenant l'ami de Blaise de Vigenère de George de Ghent, peintre de la Reine Louise de Lorraine. Dans son traité sur la miniature, il affirme avoir rencontré le poète Ronsard qui lui aurait dit : « Les îles [anglaises] ne permettent que rarement à un homme rusé d'aller de l'avant, mais, quand cela arrive, c'est toujours parfait. »

Son nom paraît dans les registres de François duc d'Anjou et d'Alençon, un prétendant de la reine Élisabeth, en tant que valet de chambre appointé en 1577 à 200 livres sous le nom de « Nicolas Belliart, peintre anglois ». Il apparaît également dans la liste des valets de la garde-robe du duc dans une liste publiée dans les Mémoires du Duc de Nevers, datée du 5 août 1576 et où il est payé 600 livres. La miniature dite de Marguerite de Valois ou de madame de Sourdis est datée de 1577, année où elle devient demoiselle d'honneur à la cour de France.

Une gestion financière hasardeuse

L'argent est un problème récurrent chez Hilliard. 5 £ pour une miniature semble être le prix habituel pratiqué par le miniaturiste. Il faut le comparer aux prix pratiqués par Cornelis Ketel dans les années 1570 et qui sont de 1 £ pour un portrait et 5 pour une représentation en pied. En 1599, la reine assure à Hilliard une pension annuelle de 40 £, ce qui est tout à fait normal. En 1617, le miniaturiste s'arrange pour obtenir l'exclusivité de la production de miniatures et de gravures représentant Jacques Ier, ce que la reine Élisabeth lui a refusé en 1584.

Quoi qu'il en soit, Hilliard est brièvement incarcéré à la prison de Ludgate en tant que caution pour la dette d'un autre et incapable de payer la somme demandée. Son beau-père accorde, d'évidence, peu de confiance à son sens des affaires. Le testament qu'il fait en 1591 assure à sa fille un revenu administré par la Compagnie des Orfèvres. Cette même année, la reine lui fait don de 400 £ (une somme considérable) eu égard au fait qu'une de ses annuités a été omise. Il regrette encore amèrement, quelque 25 ans plus tard, d'avoir investi de l'argent, après son retour de France (en 1578), dans un projet (ou, peut être, s'agissait-il d'une escroquerie) concernant une mine d'or en Écosse.

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Nicholas Hilliard | World in Stories