Ce Jour-là

Nestor Makhno

Révolutionnaire communiste libertaire ukrainien

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Nestor Ivanovitch Makhno (ukrainien : Нестор Іванович Махно), né le 7 novembre 1888 (26 octobre 1888 dans le calendrier julien) à Gouliaï Polié (ou Houliaïpole) — ville de l'ouïezd d'Oleksandrivsk du gouvernement de Iekaterinoslav, alors située dans l'Empire russe — et mort le 25 juillet 1934 dans le 20e arrondissement de Paris (France), est un communiste libertaire d'origine cosaque zaporogue, fondateur de l'Armée révolutionnaire insurrectionnelle ukrainienne, qui, après la révolution d'Octobre 1917 et jusqu'en 1921, combat à la fois les « Armées blanches » tsaristes contre-révolutionnaires et l'Armée rouge bolchévique.

En 1898, à l'âge de dix ans, il est obligé de quitter l'école pour aller travailler chez un paysan puis dans une fonderie. Il y apprend l'injustice, l'humiliation puis la révolte.

En 1906, à l'âge de dix-sept ans, et à la faveur de la révolution russe de 1905, Makhno rejoint un groupe anarchiste local et s'implique dans des activités d'« expropriations » au cours desquelles un gendarme est tué. Il est arrêté, puis condamné à mort en 1910. En raison de son jeune âge, sa peine est commuée en peine à perpétuité. Il est également condamné aux travaux forcés puis est transféré à la prison pour prisonniers politiques de la Boutyrka à Moscou.

Libéré après la révolution de Février 1917 il rentre à Gouliaï Polié et participe à l'organisation des comités autonomes de paysans et d’ouvriers (soviets) et appelle à la collectivisation des terres et des usines.

En 1918, les armées austro-hongroise et allemande, puis nationaliste ukrainienne et enfin l’armée blanche des généraux Dénikine et Wrangel se livrent, successivement, au saccage de la région, voulant établir leur propre pouvoir et rétablir les anciens propriétaires. Makhno et ses compagnons, parmi lesquels Maria Nikiforova, organisent alors un mouvement de résistance armée. Cet élan révolutionnaire est brisé en mars 1918 par la signature du traité de Brest-Litovsk qui cède l'Ukraine à l'Allemagne et à l'Autriche qui l'occupent jusqu'à leur effondrement fin 1918.

En 1919, les groupes de guérilla de Makhno se transforment en une véritable armée, l'armée révolutionnaire insurrectionnelle ukrainienne (dite « Makhnovchtchina »), qui compte jusqu'à plus de 50 000 hommes et sauva Moscou en septembre 1919. Pour combattre les Armées blanches, celle-ci s'allie à l'Armée rouge dirigée par Trotsky, qui se retourne finalement contre elle en 1920.

En 1921, son armée vaincue, Makhno fuit la Russie. Expulsé successivement de plusieurs pays européens, il s'installe finalement à Paris en 1925, où il travaille comme ouvrier chez Renault à Boulogne-Billancourt.

En 1926, cherchant à tirer les leçons de la défaite, il rédige avec cinq autres anarchistes russes en exil un projet de « Plate-forme organisationnelle de l’union générale des anarchistes » d'inspiration communiste libertaire. Voline et Sébastien Faure s'y opposent et proposent, en réponse, la synthèse anarchiste.

Il meurt en juillet 1934 et est incinéré au columbarium du Père-Lachaise en présence de centaines de personnes, dont Voline, qui prononce son éloge funèbre.

De l'enfance aux premiers combats

Né à Gouliaï Polié, Nestor Makhno est le cinquième fils d’une famille d'anciens serfs, paysans pauvres d'Ukraine orientale, berceau des cosaques zaporogues. Son père meurt alors qu'il n'a que dix mois. Son enfance est marquée par une grande misère. Dès l'âge de sept ans, il travaille comme berger. À huit ans, il va à l'école l'hiver et travaille l'été. Il quitte définitivement l'école à douze ans et est ouvrier agricole à plein temps sur les terres de la noblesse et dans les fermes des koulaks, les paysans riches, souvent des colons allemands.

Il prend rapidement conscience de l'injustice dont les siens sont victimes. À l'âge de treize ans, il assiste à une correction musclée donnée par ses jeunes maîtres à un garçon d'écurie. Il court alors chercher de l'aide auprès du premier garçon d'écurie, Batko Ivan, qui se rue sur les deux hommes. Tous les employés demandent alors leur compte auprès du propriétaire qui prend peur. Cette première révolte marque profondément le jeune Makhno.

À l'âge de dix-sept ans, il travaille, d'abord comme apprenti peintre, puis comme ouvrier dans une fonderie.

Illégalisme révolutionnaire et condamnation à mort

Pendant la Révolution russe de 1905, il est actif localement à Houliaïpole (Gouliaï-Polié), où le régime envoie un détachement de gendarmes à cheval, qui réprime les rassemblements populaires, fouette ceux qui sont pris dans les rues et bat les prisonniers à coups de crosse.

À 16 ans, il rejoint l'« union des laboureurs pauvres », un groupe de jeunes révolutionnaires qui se réclame du communisme libertaire et s'oppose par l'action directe à la terreur gouvernementale, notamment aux moyens des « expropriations » et de la redistribution de biens confisqués aux riches. Comme nombre d'anarchistes de l'Empire russe, ils veulent répondre à la répression tsariste par la « Terreur noire ». Ce groupe est animé par Waldemar Antoni. D'origine tchèque, membre du « groupe des anarchistes-communistes d'Ekatérinoslav », il arrive à Gouliaï-Polié après le « dimanche sanglant » du 9 janvier 1905, en apportant à ces jeunes faiblement cultivés les livres de Bakounine, Kropotkine et Proudhon ainsi que des livres de culture générale, dont l'astronomie qui les passionne. En réaction aux succès de ce groupe, les koulaks et les pomiechtchiks (grands propriétaires fonciers) créent leur propre mouvement l'« Union des russes véritables », sous la direction du commissaire de police de la Russie tsariste. Ils se trouvent un bouc émissaire et guidés par leur slogan « Tue le youpin, sauve la Russie » organisent des pogroms. l'Union des laboureurs pauvres combat ce mouvement et le détruit, « ce fut notre première victoire » note Makhno dans ses Mémoires.

À la fin 1906 et en 1907, la répression s'abat sur le groupe. Makhno est arrêté et accusé d'assassinats politiques, mais libéré faute de preuves. En 1908, à la suite de la dénonciation d'un informateur infiltré dans le groupe par la police, il est arrêté et incarcéré.

En mars 1910, Makhno et treize de ses camarades sont jugés par un tribunal militaire. Il est condamné à la peine de mort par pendaison. En raison de son jeune âge et des efforts de sa mère, la peine est commuée en réclusion à perpétuité assortie de travaux forcés.

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