Nelson Piquet, né le 17 août 1952 à Rio de Janeiro au Brésil, est un pilote automobile brésilien. Il a notamment remporté le titre de champion du monde de Formule 1 à trois reprises en 1981, 1983 et 1987.
Fils de Estácio Gonçalves Souto Maior (un médecin qui sera plusieurs années député et même ministre de la santé en 1961-1962 sous la présidence de João Goulart), Nelson Souto Maior grandit à Brasilia, la moderne capitale administrative du Brésil. Exprimant le vœu de faire carrière dans le tennis, Nelson est envoyé par son père dans une académie aux États-Unis. C'est là qu'il découvre le sport automobile. Cette nouvelle passion n'est cependant pas du goût de son père. Le jeune Nelson décide de s'inscrire à ses premières épreuves de karting sous le nom de jeune fille de sa mère, d'origine française, Clotilde Piquet. Pour mieux conserver son anonymat, il va, un temps, orthographier son nom Piket.
Après avoir remporté deux couronnes nationales en karting et fait de brillants débuts en monoplace (champion du Brésil de Formule Vee en 1976), il décide de s'exiler en Angleterre, passage obligé pour accéder à la Formule 1. En 1978, il remporte aisément le titre de champion britannique de Formule 3, une domination qui lui ouvre les portes de la catégorie reine.
Parallèlement à sa saison victorieuse de Formule 3, Piquet débute en Formule 1 à l'occasion du Grand Prix d'Allemagne sur une modeste Ensign, puis dispute trois courses sur une McLaren M23 de l'équipe dirigée par Bob Sparshoot. Malgré un matériel peu performant, il réalise des prestations qui lui permettent d'être remarqué par Bernie Ecclestone, le patron de l'écurie Brabham Racing Organisation. C'est donc en tant que pilote Brabham, avec Niki Lauda et John Watson comme équipiers, que Piquet boucle la saison 1978.
En 1979, la première saison complète de Piquet est une suite de désillusions, en raison du fiasco que représente cette année-là la Brabham-Alfa Romeo. Aux côtés de Niki Lauda (dont la manière de gérer la course inspirera durablement Piquet), il apprend patiemment les ficelles du métier. Lassé par la compétition, Lauda prend sa première retraite fin 1979, ce qui fait de Piquet le nouveau leader de Brabham. Au volant d'une voiture enfin compétitive (Brabham a troqué le V12 Alfa Romeo pour un conventionnel V8 Cosworth), Piquet décroche ses premières victoires, et se bat pour le titre mondial avec Alan Jones, pilote Williams. Battu par l'Australien, il prend sa revanche l'année suivante en 1981 en s'imposant sur le fil face à l'Argentin Carlos Reutemann, l'autre pilote Williams, au terme d'un final à suspense dans les rues de Las Vegas.
En 1982, Piquet n'est pas en mesure de défendre son titre en raison de la mise au point laborieuse du moteur BMW turbo (auquel Piquet offre sa première victoire lors du Grand Prix du Canada). Mais dès 1983, il fait son retour au plus haut niveau, en décrochant un deuxième titre mondial à l'issue d'un duel de longue haleine avec Alain Prost. Piquet devient ainsi le premier pilote titré au volant d'une F1 équipée d'un moteur turbo. Ce titre est toutefois terni par des rumeurs disant que le carburant utilisé par l'écurie Brabham-BMW en fin de saison n'était probablement pas conforme au règlement en vigueur (on parlera notamment d'un taux d'octane trop élevé).
Les saisons 1984 et 1985 sont plus délicates pour Piquet, qui malgré trois nouvelles victoires souffre de la baisse de compétitivité du moteur BMW. À regret, il quitte Brabham, qu'il considérait comme une seconde famille, pour rejoindre l'écurie Williams-Honda, l'équipe en forme du moment : Ecclestone, patron de Brabham lui proposait un nouveau contrat de pilote équivalent à 1,5 million d'euros par an et 1 000 euros le point tandis que Williams offrait 3 millions pour la saison et 10 000 euros le point. Auréolé de son statut de double champion du monde, ce qui fait de lui le pilote le plus titré en activité, Piquet est pourtant bousculé en performances par son coéquipier Nigel Mansell, avec lequel il développe rapidement une profonde inimitié. En position de devenir champion du monde à quelques tours de la fin de l'ultime Grand Prix de la saison en Australie et à la suite du déchapage de Mansell, Piquet est contraint d'observer par sécurité un ultime arrêt aux stands, qui offre le titre mondial à Alain Prost.
Début 1987, Piquet est victime en début de saison d'un grave accident sur le tracé d'Imola (dans le même virage où Ayrton Senna trouvera la mort sept ans plus tard), qui lui laisse de profondes séquelles physiologiques pendant plusieurs mois (maux de tête, troubles du sommeil...). Bien que dominé en vitesse pure par Mansell, le Brésilien se montre cependant plus régulier que son équipier britannique. En tête du championnat depuis la mi-saison et sa victoire au Grand Prix d'Allemagne, il s'assure d'un troisième titre à l'occasion des qualifications du Grand Prix du Japon, avant-dernière manche de la saison, lorsque Nigel Mansell se brise une vertèbre contre un rail dans un ultime effort pour tenter de lui arracher la pole position.
Ses relations avec Williams et Mansell n'ayant eu de cesse de se détériorer, Piquet annonce dès le mois d'août 1987 son transfert chez Lotus pour la saison 1988, en remplacement d'Ayrton Senna. L'équipe Lotus est cependant en perte de vitesse et ne parvient pas à exploiter le moteur Honda, qui se montre pourtant très performant dans les McLaren. Régulièrement comparé à son compatriote Ayrton Senna, nouvelle idole du championnat, Piquet ne parvient pas à le faire oublier, à l'image de la domination moindre qu'il exerce sur son coéquipier Satoru Nakajima. Après une saison 1988 correcte puis une saison 1989 désastreuse avec le V8 Judd, ponctuée notamment d'une non-qualification au Grand Prix de Belgique, beaucoup s'interrogent sur sa motivation. Il se relance pourtant en 1990 en signant dans la jeune et dynamique écurie Benetton, dirigée par Flavio Briatore, lequel impose à Piquet une réduction drastique de son salaire, tout en le motivant par des primes à chaque point inscrit. Sur une Benetton B190 dessinée par Rory Byrne et retouchée par John Barnard, se montrant agile mais sous-motorisée par rapport à certaines de ses concurrentes, Piquet retrouve toute sa verve et achève sa saison en apothéose en remportant les deux dernières manches du championnat, mettant ainsi fin à plus de trois années sans victoire. Le Brésilien termine troisième du championnat du monde.
Fort de cette belle fin de saison 1990, Piquet aborde le championnat 1991 avec de grandes ambitions mais déchante rapidement, compte tenu du manque de compétitivité et de fiabilité de la Benetton B191 équipée de pneus Pirelli. Au Grand Prix du Canada, profitant d'une mésaventure restée fameuse survenue à son vieux rival Nigel Mansell en panne à moins d'un kilomètre de l'arrivée (l'Anglais aurait calé en ralentissant excessivement pour saluer le public, version niée par l'équipe Williams), il signe l'ultime victoire de sa carrière. Malgré ce succès chanceux, il ne tarde pas à se laisser gagner par la démotivation. L'arrivée du jeune Michael Schumacher à ses côtés en remplacement de Roberto Moreno à partir du Grand Prix d'Italie scelle définitivement son sort. Sans offre sérieuse pour la saison suivante (Piquet aurait contacté l'écurie Ligier, mais le salaire qu'il demandait était beaucoup trop élevé pour l'équipe française), il est contraint de mettre un terme à sa carrière en Formule 1.
Dès 1992, à 40 ans, Piquet se lance dans un nouvel objectif et décide de s'attaquer aux 500 Miles d'Indianapolis au sein de l'écurie du mécène John Menard sur une Lola-Buick. Mais alors que des rumeurs font état d'un possible retour en F1, Piquet se blesse grièvement lors des essais de la prestigieuse épreuve américaine sur l'Indianapolis Motor Speedway. Les jambes broyées, passant près de l'amputation, Piquet semble perdu pour le sport automobile, mais à l'issue d'une douloureuse convalescence, et pour prouver à tous qu'affronter un mur sur un ovale à 360 km/h ne lui fait pas peur, il fait son retour un an plus tard, aux 500 miles d'Indianapolis 1993 (participation qui se solde par un abandon précoce sur casse moteur).