Isabelle Fortier, dite Nelly Arcan, née le 5 mars 1973 à Lac-Mégantic et décédée le 24 septembre 2009 à Montréal, est une écrivaine québécoise.
Isabelle Fortier naît le 5 mars 1973 à Lac-Mégantic. Ses parents sont Jacinthe Mercier et Germain Fortier. Elle a un frère, Erik Fortier (1969-2023).
Elle s'intéresse à la littérature dès son adolescence. Elle est, à l'époque, une fervente lectrice des romans de Stephen King. Au fil du temps, elle se tourne vers des œuvres littéraires plus variées ainsi que vers la philosophie. Parmi les figures qui la fascinent se trouvent le philosophe Friedrich Nietzsche et le poète Lautréamont.
En 1994, après des études en sciences humaines au Cégep de Sherbrooke, elle quitte Lac-Mégantic pour entreprendre des études littéraires à Montréal ; elle s'inscrit à l’université du Québec à Montréal. Après son baccalauréat, elle entame une maîtrise sous la direction d'Anne Élaine Cliche. Son mémoire s'intitule « Le poids des mots, ou la matérialité du langage dans Les Mémoires d'un névropathe de Daniel Paul Schreber ».
En 2001, elle publie Putain aux éditions du Seuil, une autofiction qui lui vaut une sélection pour les prix Médicis et Femina. Son deuxième roman, Folle (2004), lui vaut une autre sélection pour le Femina. Elle publie également des nouvelles entre 2003 et 2006.
En septembre 2007, elle fait un passage remarqué dans l'émission de grande écoute Tout le monde en parle, où elle témoigne qu'elle s’est prostituée durant ses études. Elle y présente notamment son troisième et dernier roman, À ciel ouvert (2007).
En 2008, Arcan collabore avec la chorégraphe Manon Oligny en tant qu'autrice en direct[Quoi ?] pour la chorégraphie de danse contemporaine intitulée L'Écurie. Elle travaille aussi à la rédaction des dialogues du film Nathalie... d'Anne Fontaine et publie des chroniques dans l'hebdomadaire Ici Montréal.
Le 24 septembre 2009, Nelly Arcan est retrouvée morte dans son appartement du Plateau Mont-Royal, à Montréal. Son suicide par pendaison crée une onde de choc dans le milieu littéraire et culturel.
Moins de deux mois après sa mort, le roman qu'elle venait d'achever est publié. Il s'agit d'un roman de fiction, contrairement à ses œuvres précédentes qui, bien que cataloguées comme romans par son éditeur, relevaient de l'autofiction. Paradis, clef en main raconte l'histoire d'une jeune femme devenue paraplégique à la suite d'une tentative de suicide ratée et son désir retrouvé pour la vie.
En 2011, les éditions du Seuil publient un recueil posthume intitulé Burqa de chair. Ce recueil contient deux récits inédits, La Robe et La Honte, une version allongée de L'Enfant dans le miroir, les réflexions de l'écrivaine sur le speed dating et sa chronique Se tuer peut nuire à la santé. Dans la nouvelle La Honte, Arcan écrit qu'elle a vécu cette expérience[Quoi ?] comme une humiliation. La romancière Nancy Huston dénonce pour sa part « le traitement que les médias ont réservé à Nelly Arcan » et range l'écrivaine parmi « l'école nihiliste qu'elle a sévèrement critiquée dans son essai Professeurs de désespoir ».
Son œuvre aborde la dénonciation du diktat du paraître et celui de la séduction, conduisant, pour les femmes, à une compétition entre elles, à se façonner une image désirable, avec, comme conséquences, la peur du vieillissement, le désir de plaire à tout prix, la sexualité, la prostitution et la marchandisation du corps ainsi que le suicide.
Dans une réflexion nihiliste, Arcan dévoile un vécu d'escort girl dans les deux autofictions que sont Putain et Folle. Son troisième ouvrage, À ciel ouvert, est en revanche un roman et aborde la compétition entre femmes rivales.
Dans une entrevue accordée à l'écrivaine et amie Mélikah Abdelmoumen en 2007, Arcan s'exprime sur les changements stylistiques présents dans son œuvre :
« À ciel ouvert marque une coupure par rapport à Putain et Folle. C'est un roman et non un récit d'autofiction, d'abord ; ensuite, étant écrit à la troisième personne, les thèmes qui me "travaillent", notamment l'aliénation des femmes à une marche à suivre commandée par une promotion massive de leur corps, l'énigme du désir sexuel des hommes perçu comme inépuisable et rejetant, et la rencontre de ces deux réalités dans un monde où la sexualité, surinvestie, est ouvertement marchandée — bref, tous ces thèmes ne sont pas pris en charge par un monologue narré à la première personne mais par trois personnages principaux qui les incarnent à travers leurs motivations, et les événements qui les font bouger. »
2001 : Putain, éditions du Seuil (ISBN 978-2020557177)
2004 : Folle, éditions du Seuil (ISBN 978-2020837903)
2006 : Cocaïne et Chihuahuas (nouvelle) ; Saoule (nouvelle)
2007 : L'Enfant dans le miroir, éditions Marchand de feuilles (ISBN 978-2922944365)