Ce Jour-là

Nauru

État insulaire de Micronésie, Océanie indépendant depuis 1968

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Nauru (/na.u.ʁu/), en forme longue la république de Nauru (en nauruan : Naoero et Repubrikin Naoero ; en anglais : Republic of Naoero), est un État insulaire d'Océanie situé en Micronésie, dont la population est estimée à 9 811 habitants en 2022. C'est l'un des plus petits États du monde et, à partir de 1968, la plus petite république du monde.

Située à 42 km au sud de l'équateur, l'île a une superficie de 21,3 km2 et est formée d'un plateau central peu élevé culminant à 71 m au Command Ridge, ceinturé par une étroite plaine côtière. Sur cette plaine se concentrent les logements et les infrastructures industrielles, agricoles, publiques et de transport, l'intérieur des terres a été presque entièrement dévolu à l'extraction du minerai de phosphate qui a constitué la seule richesse naturelle de Nauru. La terre la plus proche est l'île de Banaba, dans les Kiribati, dont la capitale, Tarawa-Sud, se situe à 705 kilomètres de Nauru. Le pays n'a pas de capitale officielle ; toutefois, Yaren est désigné de facto comme capitale car le district abrite le Parlement.

L'île, alors peuplée de quelques centaines de Nauruans aux origines micronésiennes et mélanésiennes, est approchée par le navigateur britannique John Fearn en 1798. Elle accède à l'indépendance le 31 janvier 1968. Entre ces deux dates, elle est successivement colonie allemande de 1888 à 1914 puis australienne de 1914 à 1968 avec une période d'occupation japonaise entre 1942 et 1945. Son histoire économique est centrée sur le phosphate. Son extraction et son exportation débutent en 1906. Cette ressource, d'abord exploitée au bénéfice des nations colonisatrices de l'île, permet à la population de Nauru d'accéder à un très haut niveau de vie à partir de l'indépendance en 1968. En 1974, son produit intérieur brut par habitant est le deuxième le plus élevé au monde, ce qui a permis d'y créer « un modèle d’État-providence exempt d’impôts, où l’éducation, les transports, les services de santé, et même le logement sont entièrement pris en charge par l’État, sans aucuns frais pour ses citoyens ». Cependant, dès les années 1990, l'épuisement des réserves minières, une mauvaise gestion des finances publiques et la dégradation de la santé publique caractérisée par l'apparition de maladies liées à une mauvaise hygiène de vie entraînent une paupérisation de la population et de l'État, aboutissant à une faillite générale.

La population de Nauru est très fortement marquée dans sa structure et sa culture par la colonisation : majoritairement de religion protestante, elle est principalement composée de Nauruans, mais comporte une minorité chinoise et quelques Européens et Océaniens. Le nauruan, bien que seule langue officielle de l'île, est supplanté par l'anglais dans les relations formelles, largement employé dans le commerce, l'administration et les études supérieures. Le dollar australien est resté la monnaie du pays à son indépendance, et le sport national est le football australien.

L'étymologie de « Nauru » est incertaine. L'Allemand Paul Hambruch, qui visite l'île au début du XXe siècle, indique que Naoero peut être interprété comme la contraction de la phrase a-nuau-a-a-ororo, qui s'écrirait aujourd'hui A nuaw ea arourõ, signifiant « je vais à la plage ». Anáoero entre en 1920 dans le dictionnaire colonial allemand.

L'Alsacien Alois Kayser, qui séjourne plus de trente ans sur Nauru au début du XXe siècle et étudie le nauruan, rejette l'explication de Paul Hambruch pour le motif qu'il manque le verbe de mouvement rodu, associé au mot « plage ». En effet, les Nauruans considèrent la plage comme le lieu le plus bas géographiquement aussi bien en ce qui concerne la terre que la mer. Ainsi, selon lui, l'absence de ce verbe dans la traduction de Paul Hambruch l'invalide, de même que l'étymologie de Naoero et par la même occasion de « Nauru ».

L'île a pris différents noms suivant les époques et les empires coloniaux en possession de ce territoire : les premiers colons britanniques l'ont appelée Pleasant Island (« Île Agréable ») ou encore Shank Island, tandis que les colons allemands l'ont nommée Nawodo ou Onawero. Finalement, le nom actuel « Nauru » est créé afin qu'Européens et Nord-Américains aient une appellation commune, tandis qu'en nauruan, la langue parlée par les Nauruans, le pays est nommé Naoero.

À partir de janvier 2026, un projet de loi constitutionnelle est discuté pour changer la dénomination de Nauru en Naoero. Le 12 mai, après l'approbation du parlement, le président du parlement Marcus Stephen valide ce projet de loi constitutionnelle. Un référendum est alors annoncé sur la question. Invoquant le fait que le nom Naoero n'a pas disparu des usages, et qu'après délibération du Parlement, cette étape n'était pas nécessaire, le gouvernement renonce à organiser un référendum sur la question. Il informe l'ONU du processus le 26 juin et le changement est annoncé comme effectif par le gouvernement, dans la nuit du 29 juillet.

Les événements antérieurs à la colonisation de Nauru à la fin du XIXe siècle sont peu connus faute de sources scripturales et en la quasi-absence de données archéologiques.

Possiblement peuplée à l'origine de Mélanésiens et de Micronésiens, il existe des preuves d'une éventuelle influence polynésienne.

L'île connaît l'arrivée d'une seconde vague de migration venant des littoraux chinois via les Philippines, aux alentours de 1200 av. J.-C.. La société nauruane s'organise alors en douze tribus (qui sont représentées par l'étoile à douze branches sur le drapeau du pays), parlant chacune un dialecte différent du nauruan, la langue originaire de l'île. Ces douze tribus initiales sont : Deiboe, Eamwidara, Eamwit, Eamwitmwit, Eano, Eaoru, Emangum, Emea, Irutsi, Iruwa, Iwi, et Ranibok.

La population cultive des noix de cocos, bananes, pandanus et takamakas, et pratique la pisciculture des poissons-lait dans deux lagunes de l'île, notamment la lagune Buada.

Période coloniale, occupations et mandats

Nauru est approchée par les Européens le 8 novembre 1798 par le capitaine britannique John Fearn. L'île sert alors de refuge à des déserteurs et des contrebandiers. À partir de 1872, des commerçants allemands ainsi que des missionnaires protestants de Brême s'installent à Nauru. Des missionnaires catholiques de Hambourg arrivent en 1875. En 1878, une guerre civile tribale se déclenche chez les Nauruans au cours de laquelle un tiers de la population disparaît. Le conflit prend fin le 16 avril 1888 lorsque l'Empire allemand annexe Nauru sous prétexte de rétablir la paix.

Les Allemands développent tout d'abord la culture du cocotier dont ils exportent le coprah mais la véritable mise en valeur de l'île prend ses sources en 1900 lorsque d'énormes gisements de phosphate sont découverts. L'extraction commence en 1906 ; différentes compagnies minières se succèdent au fil du temps sur l'île. Elles y font venir de nombreux ouvriers étrangers, chinois et océaniens. Dans le même temps, des missionnaires s'installent sur l'île, évangélisent, instruisent et occidentalisent la population.

En 1914, Nauru est confisquée par les Alliés, comme le reste des colonies allemandes, lorsque l'Australie prend possession de l'île le 6 novembre 1914.

Le statut de Nauru sera un point d'achoppement entre négociateurs de l'Empire britannique. Nauru est revendiquée avec véhémence tant par le gouvernement australien que par celui de Nouvelle-Zélande, au point que l'on sera forcé en mai 1919 de trouver une solution de compromis, faisant du mandat sur cette petite île le seul directement attribué à l'Empire britannique dans le Pacifique par le traité de Versailles. Dans les faits, seule l'Australie administre la colonie. L'extraction du phosphate se poursuit tout au long de la Première Guerre mondiale mais c'est durant l'entre-deux-guerres que la production décolle, la demande des agriculteurs australiens et néo-zélandais s'accroissant.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, en décembre 1940, Nauru subit des attaques de la marine allemande. Les infrastructures servant à l'exportation du phosphate sont bombardées et cinq minéraliers sont coulés. À partir d'août 1942, l'île, partiellement évacuée par les Occidentaux, est occupée par les Japonais après le succès de l'opération RY. Ils la fortifient et font construire par des travailleurs forcés une piste d'atterrissage qui sera la base de l'actuel aéroport international de Nauru. Courant 1943, les Américains bombardent l'île dans le cadre de leur reconquête des îles du Pacifique, mais n'y débarquent pas. Les habitants et occupants de Nauru, coupés des lignes d'approvisionnement japonaises, commencent alors à manquer de ravitaillement. Les Japonais décident en conséquence de déporter 1 200 Nauruans dans les îles Truk où ils sont astreints à des travaux forcés. Ceux qui restent sur l'île survivent dans des conditions très précaires. Le 13 septembre 1945, onze jours après la signature des actes de capitulation du Japon, la garnison de Nauru signe sa reddition. L'île repasse alors dans le giron australien. Les derniers déportés des îles Truk, qui ne sont plus que 737, sont rapatriés sur Nauru le 31 janvier 1946.

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