Ce Jour-là

Nativité

Naissance de Jésus

Anúncio

La Nativité est la naissance de Jésus de Nazareth à Bethléem, en Judée. La date de cette naissance a été retenue comme le début de l'ère chrétienne dans le calendrier grégorien. La Nativité est célébrée sous le nom de « fête de Noël » le 25 décembre par l'Église catholique, l'Église orthodoxe et les Églises protestantes.

Le mot « nativité » vient du latin nativitas, qui signifie « naissance ». Dans l'art religieux, une « Nativité » est une représentation de la naissance de Jésus sous forme de peintures, sculptures, vitraux et musique sacrée.

Simon Claude Mimouni souligne le fait que, aux Ier et IIe siècles, « les récits de Matthieu 1-2, et de Luc 1-2 ne devaient pas être reconnus comme authentiques par tous ». De plus, comme à cette époque, « on ne savait rien de précis sur les origines de Jésus », cette lacune a rendu possible une grande « diversité dans la représentation de la conception et de la naissance de Jésus » dont les apocryphes chrétiens ont gardé la trace. Le même auteur rappelle « l'extrême efflorescence dans la pensée chrétienne quant à l'origine de Jésus », « avant que l'orthodoxie ne vienne unifier ces traditions par la canonisation » des quatre évangiles du Nouveau Testament.

Dans l'Évangile selon Luc, Joseph, accompagné de son épouse Marie, qui était sur le point d'accoucher, est venu à Bethléem afin de s'y faire recenser. N'ayant pas trouvé de place à l'auberge, ils s'installent dans une étable, dans laquelle Jésus serait né. Marie y place son bébé dans une mangeoire à bestiaux.

« En ces jours-là, parut un édit de l'empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre — ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. — Et chacun allait se faire inscrire dans sa ville d'origine. Joseph, lui aussi, quitta la ville de Nazareth en Galilée, pour monter en Judée, à la ville de David, appelée Bethléem, car il était de la maison et de la descendance de David. Il venait se faire inscrire avec Marie, son épouse, qui était enceinte. Or, pendant qu'ils étaient là, arrivèrent les jours où elle devait enfanter. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n'y avait pas de place pour eux dans la salle commune. »

Dans l'Évangile selon Matthieu, les mages guidés par l'Étoile de Bethléem rendent visite à la Sainte Famille et adorent l’enfant à Bethléem.

« Jésus était né à Bethléhem en Judée, sous le règne du roi Hérode. Or, des mages venant de l'Orient arrivèrent à Jérusalem. Ils demandaient : où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile, et nous sommes venus lui rendre hommage. Quand le roi Hérode apprit la nouvelle, il en fut profondément troublé, et tout Jérusalem avec lui. Il convoqua tous les chefs des prêtres et les spécialistes de la Loi que comptait son peuple et il leur demanda où devait naître le Messie. À Bethléhem en Judée, lui répondirent-ils, car voici ce que le prophète a écrit : et toi, Bethléhem, village de Judée, tu n'es certes pas le plus insignifiant

des chefs-lieux de Juda, car c'est de toi que sortira le chef qui, comme un berger, conduira Israël mon peuple. Là-dessus, Hérode fit appeler secrètement les mages et se fit préciser à quel moment l'étoile leur était apparue. »

— Évangile selon Matthieu 2,1-7

S'il est communément admis que Jésus est un Juif galiléen dont la famille est originaire de Nazareth, le lieu de sa naissance n'est pas connu avec certitude. Les récits des Évangiles de l'enfance relèvent surtout de théologoumènes (affirmations théologiques présentées dans les récits fictifs bibliques comme des faits historiques) de la part des auteurs bibliques qui ont plus une visée doctrinale qu'un souci historique.

Pour la ville natale de Jésus, les historiens hésitent entre le berceau familial de Nazareth, où il passera toute sa jeunesse, le village de Capharnaüm qui apparaît dans les évangiles comme le centre de sa mission, voire la bourgade de Chorazeïn. Le témoignage de Luc et Matthieu sur la ville natale de Bethléem en Judée est contesté car ces deux auteurs évangéliques l'ont probablement choisie pour des raisons théologiques, Bethléem étant la ville du roi David de la lignée duquel le Messie attendu par les Juifs doit descendre, selon la prophétie de Michée.

L'histoire de la naissance et de l'enfance de Jésus est absente de l'Évangile selon Marc, qui est le plus ancien des quatre évangiles canoniques (écrit vers 70), et de celui de Jean, qui est le plus récent (écrit vers 90-110).

Elle figure, sous des formes différentes, dans les évangiles selon Matthieu et selon Luc, rédigés indépendamment l'un de l'autre dans les années 80.

D'après l'Évangile selon Luc, Jésus est né dans une étable car ses parents n'ont pas trouvé un espace approprié dans la καταλυματι (kataluma, « salle haute, salle de séjour »), terme qui ne se traduit pas par « hôtellerie », « auberge » ou « relais de caravansérail » mais désigne plus probablement la chambre prévue pour les hôtes, ce qui suggère que la Sainte Famille logeait chez des proches. L'évangile utilise le terme grec φάτνῃ, phatnê, traduit en latin dans la Vulgate par praesepium qui désigne l'étable à l'étage inférieur d'une maison israélite ou en plein air dans sa cour (une famille de condition moyenne y abritant la nuit un âne, une vache ou quelques moutons), mais aussi la stalle d'une étable, le râtelier ou la mangeoire selon le principe du pars pro toto. Marie a placé Jésus dans cet endroit probablement attenant à la kataluma sans que l'évangile précise s'il s'agit d'une auge de pierre surmontée d'un râtelier de bois destiné à porter le fourrage des bestiaux comme l'évoquent souvent les scènes de la Nativité. Tout au plus peut-on considérer que l'étable fournissait chaleur et discrétion nécessaires pour un accouchement alors que la chambre d'hôte était pleine ou trop petite. La mangeoire pour les animaux est désignée par le francique *krippia, le latin cripia, d'où est issu le mot « crèche » qui désigne spécifiquement à partir du XIIIe siècle la mangeoire dans laquelle le Christ a été déposé à sa naissance.

L’Évangile selon Matthieu (Mt 2,11) raconte que les mages adorent l’enfant à Bethléem même, dans une oikos (« maisonnée », domus de la Vulgate).

Le récit de la crèche, de l'Annonce aux bergers, de l'Adoration des bergers et des mages ne doit pas faire l'objet d'une lecture littéraliste mais appartient au registre littéraire du merveilleux et à la théologie métaphorique. En effet, les récits de l'enfance de Jésus de Matthieu et Luc « posent de nombreux problèmes littéraires et historiques, tant leur écriture apparaît tardive, relevant plutôt du merveilleux à la manière des récits d'enfance du monde judéo-hellénistique ». De plus, la triple mention de l'enfant « couché dans une crèche » (verset 7, 12 et 16) est un effet littéraire. Outre ce merveilleux, le symbolisme de la crèche ou de la grotte est un rappel du dépouillement et de l'humble cadre du lieu de naissance du Christ, reprenant le motif théologique de la kénose. Enfin, si la Nativité a une dimension festive et joyeuse pour les chrétiens, les évangélistes ont introduit dans ce récit des symboles de la mort prédestinée du Christ : la myrrhe, aromate servant à embaumer les cadavres, désigne l'homme mortel ; l'astre, une conjonction planétaire ou une comète, est souvent perçu comme annonciateur de la mort d'un personnage illustre ; les bergers gardant leurs moutons évoquent l'agneau sacrificiel.

Des récits de la nativité de Jésus se trouvent notamment dans le Protévangile de Jacques, dans l'Ascension d'Isaïe et dans l'Apocalypse d'Adam.

Le thème légendaire de la naissance dans une grotte se développe au IIe siècle, dans le Dialogue avec Tryphon 78,5 de l'apologète et philosophe chrétien Justin de Naplouse, composé vers 160, et dans un évangile apocryphe, le Protévangile de Jacques, également composé au IIe siècle. Selon cette tradition fixée par écrit quelques décennies après la rédaction des évangiles canoniques, au cours du voyage de la Sainte famille de Nazareth à Bethléem, Marie enceinte descend de l'âne pour se reposer auprès d'un point d'eau, dans le village actuel de Bir-el Quadismu (nom arabe signifiant « puits du repos »). Elle n'a pas le temps d'atteindre Bethléem et se rend dans une grotte où Jésus apparaît miraculeusement. Les maisons à flanc de colline pouvaient en effet abriter une étable dans une grotte.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Nativité | World in Stories