Nasr Hamid Abu Zayd (arabe : نصر حامد ابو زيد), né le 7 octobre (ou 10 juillet) 1943 à Qufahan (Égypte) et mort le 5 juillet 2010 au Caire en Égypte, est un professeur d'études islamiques.
Il figure parmi les théologiens libéraux les plus connus de l'islam. Son œuvre cherche à interpréter le Coran par une herméneutique humaniste.
1957-1960 : Tanta Technical College.
1960-1972 : il a travaillé comme technicien dans l’électronique à l’Organisation de communication nationale au Caire.
1968-1972 : B.A. des études arabes (université du Caire)
1972 : nommé conférencier dans le Département de langue arabe et la littérature à l’Université du Caire.
1976-1987 : enseigne l’arabe aux étrangers au centre pour les diplomates au ministère de l'Éducation nationale.
1977 : M.A. des études arabes et islamiques (université du Caire). Enseigne la langue et la littérature arabes à l’université du Caire.
1981 : Doctorat en études arabes et islamiques (université du Caire)
1982 : nommé professeur des études arabes à l’université du Caire.
1987 : nommé professeur associé dans le même département
1995 : Titularisation dans le même département
1995-2010 : Professeur d'études islamiques à l'université de Leyde, aux Pays-Bas.
Nasr Hamid Abu Zayd est né à Qufahan près de Tanta, en Égypte le 10 juillet 1943. À l'âge de 12 ans, il fut emprisonné à cause de ses sympathies supposées avec les frères musulmans. Après avoir reçu une formation technique en électronique, il travailla pour l'Organisation des Télécommunications au Caire. Il publie des poèmes dans la revue al-Adab, co-fondée par Amin al-Khuli. En même temps, il commença à étudier à l'université du Caire, où il obtint son Bachelor of Arts en étude de l'arabe, plus tard il obtint le Master of Arts en 1977 et le PhD en 1981 en études islamiques, avec des travaux concernant l'interprétation du Coran. Son mémoire de maîtrise porte sur ce sujet : « Rationalisme dans l'exégèse, une étude de la question de la métaphore dans le Coran selon les mutazilites. » Et sa thèse de doctorat sur l'interprétation du Coran par Ibn Arabi. Il fut nommé conférencier, puis, en 1982, assistant professeur et professeur associé en 1987 dans le département de littérature et langue arabe de l'Université du Caire. En 1992, il épouse Ibtihal Younes.
En 1972, il occupe la Chaire d’études coraniques du Département de Langue et Littérature Arabe, vacante depuis la mutation forcée d'Amin al-Khuli. Il fait l’objet de persécution religieuse pour ses opinions sur le Coran. En 1995, il est difficilement promu professeur titulaire, et une polémique sur ses écrits enfle et mène à l'annulation de son mariage pour apostasie, dans un procès fondé sur la hisba. Après la décision de la Cour Égyptienne, et sous la menace de mort de groupes fondamentalistes, il s'enfuit aux Pays-Bas, où il est resté jusqu’à son décès.
L'affaire Nasr Abu Zayd commença par un simple refus de titularisation pour le poste de professeur. En mai 1992, le Dr Abu Zayd présenta ses publications académiques au Comité permanent chargé de la titularisation et de la promotion, 13 travaux en arabe et dans d'autres langues, parmi lesquels Imam Shafei et la fondation de l'idéologie médiévale ainsi que Critique du discours religieux. Le Comité fit trois rapports, deux étaient en faveur de la promotion du Dr Abu Zayd. Mais le troisième, écrit par Abdel-Sabour Shahin, un professeur en linguistique arabe et membre du Comité accusa Abu Zayd d'affronts directs à la foi musulmane et rejetait la promotion. Il avait dénoncé la posture de certains ulémas qui, en raison de l'interdit coranique de la riba (usure ou intérêt), ont favorisé la mise en place de sociétés d'investissement islamiques dont la faillite a été au cœur d'un scandale en 1988. Or Shahin avait des liens avec l'une de ces sociétés.
Malgré les deux rapports positifs, le Comité vota contre la promotion (sept voix contre six), arguant du fait que les travaux de Abu Zayd ne justifiaient pas de promotion. Le Conseil du Département Arabe se prononça contre la décision du Comité permanent et le Conseil de la Faculté des Lettres critiqua le rapport du Comité permanent. Malgré cela, le Conseil de l'Université du Caire confirma la décision du Comité permanent le 18 mars 1993.
Un procès basé sur la Hisba, l'annulation du mariage