Napoléon François Joseph Charles Bonaparte, né le 20 mars 1811 à Paris et mort le 22 juillet 1832 à Vienne, est le fils et l'héritier de Napoléon Ier, empereur des Français, et de sa seconde épouse, Marie-Louise d'Autriche.
Prince impérial de France, il est titré roi de Rome à sa naissance.
En 1814, il est évincé par le Sénat à la suite de la prise de Paris par les armées coalisées et de la première abdication de son père. En 1815, à la fin des Cent-Jours, âgé de 4 ans et se trouvant alors en Autriche, il est reconnu par son père et les parlementaires comme successeur légitime sous le nom de Napoléon II, en tant qu'héritier impérial, lors de la seconde abdication de Napoléon Ier. Cependant, la Chambre des représentants comme la commission censée régner en son nom, s'abstiennent de le proclamer officiellement empereur. Le « règne » théorique de Napoléon II s'achève au bout de 16 jours lorsque Louis XVIII, soutenu par les armées coalisées, entre dans Paris.
Il porte ensuite le titre de prince de Parme, et enfin celui de duc de Reichstadt qui lui est donné par son grand-père l'empereur d'Autriche.
L'ex-Napoléon II passe le reste de sa vie en Autriche : jusqu'à sa mort à l'âge de 21 ans, il est reconnu par les bonapartistes comme l'héritier du trône impérial.
Son surnom de « l'Aiglon » lui a été attribué à titre posthume, et a été popularisé par la pièce de théâtre d'Edmond Rostand L'Aiglon, le rôle-titre étant créé le 15 mars 1900 par la tragédienne Sarah Bernhardt.
Roi de Rome, prince impérial et héritier de l'Empire français (1811-1814)
Le 20 mars 1811, les vœux de Napoléon sont comblés : Marie-Louise d'Autriche lui donne l'héritier qu'il a tant désiré, car c’est pour l'avoir qu’il a divorcé de Joséphine de Beauharnais. Après l'accouchement difficile de Marie-Louise d'Autriche, sa naissance au palais des Tuileries est annoncée par 101 coups de canon dans Paris, comme convenu dans le cas de la naissance d'un garçon (et 21 s'il s'était agi d'une fille).
Son acte de naissance figurant dans un registre spécial indique : « Sa Majesté l'Empereur et Roi nous a déclaré que son intention était que le roi de Rome reçût les prénoms de Napoléon, François, Joseph, Charles. »
Napoléon est le prénom de son père, François celui de son grand-père maternel et Charles celui de son grand-père paternel ; quant à Joseph, il peut évoquer Joseph Bonaparte, parrain de l'enfant avec le grand-duc de Wurtzbourg. Les prénoms de François, Joseph et Charles sont communs au répertoire anthroponymique des deux familles Bonaparte et Habsbourg-Lorraine.
Le fils de l'empereur Napoléon Ier est aussi, par sa mère, doublement l'arrière-petit-cousin premier de la reine Marie-Antoinette et du roi Louis XVI. Marie-Louise a en effet pour grand-mère maternelle Marie-Caroline d'Autriche, sœur de Marie-Antoinette, reine consort de Naples et épouse de Ferdinand de Bourbon, petit-fils du roi d'Espagne Philippe V, lui-même petit-fils du roi Louis XIV, et pour grand-père paternel l'empereur Léopold II, frère de la reine Marie-Antoinette.
La maison du roi de Rome a été organisée avant sa naissance. Le choix de la gouvernante se porte, le 22 octobre 1810, sur Louise Charlotte Le Tellier de Louvois-Courtanvaux de Montmirail, qui a épousé en 1780 le baron puis comte de Montesquiou-Fezensac. Dans le but de préparer le décret et le brevet de nomination de la comtesse de Montesquiou comme gouvernante des enfants de France, on reprend les lettres patentes du 9 avril 1722 nommant Anne Julie Adélaïde de Melun, princesse de Soubise, gouvernante des enfants et petits-enfants de France. La comtesse de Montesquiou gouvernera la maison constituée de sous-gouvernantes, berceuses, nourrices, garçons et filles de garde-robes, écuyers, huissiers, maîtres d'hôtels…
La Constitution du 28 floréal an XII (18 mai 1804) octroie le titre de « prince impérial » au fils aîné de l'empereur et celui de « prince français » aux autres princes dynastes.
Le jeune prince reçoit, dès sa naissance, le titre de roi de Rome, en vertu de l'article 7 du sénatus-consulte du 17 février 1810, dont le titre premier est intitulé « de la réunion des États de Rome à l'Empire ». Il rappelle le titre de l'héritier du défunt Saint-Empire romain germanique, mais aussi au pape Pie VII que Rome n'est plus que le chef-lieu de l'un des 130 départements français. L'article 10 du sénatus-consulte prévoit que les empereurs des Français, après avoir été couronnés à Notre-Dame de Paris, le seraient également dans Saint-Pierre de Rome, « avant la dixième année de leur règne ». Ce qui peut laisser entendre que l'Empereur prévoit peut-être pour lui-même une telle cérémonie par analogie avec le couronnement de Charlemagne en 800, cérémonie à laquelle il pourrait associer son fils. L'Empereur a envisagé de faire couronner son fils roi de Rome par le pape, mais la dégradation de ses relations avec ce dernier et la chute de l'Empire français empêchent la réalisation de ce projet.
Napoléon Ier décide de donner la plus grande solennité au baptême de son fils, dont le cérémonial est repris de celui ayant servi pour le baptême de Louis Joseph, premier dauphin de France de Louis XVI. Le baptême a lieu le 9 juin 1811 en la cathédrale Notre-Dame de Paris. L'enfant a pour marraines sa grand-mère paternelle « Madame mère », et sa tante paternelle Hortense de Beauharnais, ex reine de Hollande, et pour parrains, son grand-père maternel François 1er, empereur d'Autriche, représenté par son frère Ferdinand Ier, grand-duc de Wurtzbourg, et son oncle paternel Joseph Bonaparte, roi d'Espagne. Il n'est pas étonnant qu'ait pu paraître en 1811 un ouvrage intitulé : Recherches sur le couronnement des fils aînés des rois, héritiers du trône français et la prestation de fidélité du vivant de leur père.
Le titre de roi de Rome implique en outre que l'on s'adresse à l'enfant en l'appelant Sire ou Votre Majesté.
En outre, Napoléon capte ainsi l'héritage du Saint-Empire romain germanique : en effet, les électeurs ont la possibilité de désigner un successeur du vivant de l'empereur, et cet héritier reçoit le titre de roi des Romains.
Napoléon décide de donner à Rome le statut officiel de seconde ville de l'Empire français, et elle apparaît comme telle sur la médaille des bonnes villes de l'Empire.