Namur (en néerlandais : Namen ; en wallon : Nameur) est une ville francophone de Belgique, capitale de la Wallonie depuis 1926, et chef-lieu de la province de Namur. La ville occupe une position centrale à 62,5 km au sud-est de Bruxelles, à 40 km à l'est de Charleroi et à 66 km à l'ouest de Liège. Sa position au confluent de la Meuse et de la Sambre en fait un nœud de communication important. Le territoire communal couvre une superficie de 175 km2 la plaçant au rang de septième ville belge selon ce critère alors que sa population au 1er janvier 2025 de 115 029 habitants la classe neuvième.
Occupé dès le Néolithique, le confluent de la Sambre et de la Meuse a vu naître la cité romaine au début de notre ère. Ancien fief des comtes de Namur rattaché successivement aux maisons de Flandre et de Hainaut, de Courtenay, de Luxembourg, puis de Dampierre, possession des ducs de Bourgogne puis de l'Empire habsbourgeois, la citadelle de Namur fut l'enjeu de nombreux sièges au cours des siècles. Malgré les dégâts subis par les conflits, la ville conserve un riche patrimoine. Elle est également le siège du diocèse qui porte son nom depuis sa création en 1559.
Aujourd'hui capitale régionale, la ville est le siège du Parlement de Wallonie, du Gouvernement wallon et du Service public de Wallonie. Sur le plan culturel, Namur est la ville hôte de plusieurs évènements internationaux tels que le Festival international du film francophone, du festival d'arts forains Namur en mai, du Verdur Rock et des Solidarités et du KIKK Festival ainsi que d'un marathon international. Elle accueille également plusieurs établissements d'enseignement supérieur dont une université.
En raison des différents projets urbanistiques (tels que le Pavillon sur les hauteurs de la citadelle, le NID sur la pointe du Grognon ou encore le hub créatif Trakk) réalisés depuis 2012 pour valoriser l'intelligence numérique à Namur, celle-ci reçoit une reconnaissance par l'Unesco qui l'intègre à son réseau des villes créatives.
Namur compte deux éléments inscrits au patrimoine de l’humanité par l’UNESCO : le beffroi de Namur (patrimoine de l’humanité) et les joutes sur échasses de Namur (patrimoine culturel immatériel de l’humanité). Il s'agit également d'une ville reconnue par la Fédération Wallonie-Bruxelles pour son action en faveur de la langue wallonne.
Située au confluent de la Sambre et de la Meuse, Namur se trouve à environ 62,5 km au sud-est de Bruxelles, aux confins de la Hesbaye, du Condroz, et de l'Entre-Sambre-et-Meuse. Le centre de la ville actuelle est implanté dans la plaine alluviale du confluent, en rive gauche de la Meuse.
La superficie totale de la commune, depuis la fusion des communes de 1977, est de 17 569 hectares.
L'ensemble du territoire de Namur relève du bassin de la Meuse, laquelle traverse la commune en s'écoulant du sud vers le nord. La Meuse reçoit à Namur, en rive gauche, l'un de ses principaux affluents, la Sambre, ainsi que la modeste contribution du Houyoux (dont le cours est voûté tout au long de sa traversée, excepté dans le quartier de Saint-Servais). À l'exception de ces deux rivières, le territoire de la commune ne compte aucun cours d'eau d'importance notable, une particularité due à son sous-sol calcaire.
l'île de Dave, se situe sur le territoire de la Ville de Namur. Il s'agit d'un Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB) tout comme l'île Vas-t'y-Frotte située quelques kilomètres en aval.
Le cours de la Meuse moyenne s'est développé dans une vallée en auge, bordée par de hautes falaises calcaires, nettement visibles en amont (Dave) et en aval (Marche-les-Dames) de Namur. La Sambre paresse quant à elle dans des plaines au relief plus faiblement marqué, y décrivant de larges boucles. Au confluent des deux cours d'eau, la ville s'est développée au pied d'un massif rocheux et dans la plaine alluviale entre Sambre et Houyoux (pour la partie "dans les murs), à l'extrémité de la course de ceux-ci. Les zones de maraichage (hors les murs) s'établissant du côté de Salzinnes et de Jambes. L'altitude moyenne varie de 85 m dans la vallée de la Meuse à 260 m à la Marlagne (au sud-ouest de la ville).
Namur se trouve par ailleurs à l'extrémité ouest d'une interruption du sillon houiller reliant Liège à Valenciennes par le Borinage. Les rares couches de houille maigre se situent à faible profondeur à Namur, affleurant par endroits, s'enfonçant vers l'ouest, ce qui favorise l'exploitation par des groupes d'ouvrier aux capitaux limités. Si la qualité est limitée, la proximité réduit les coûts de transports à une époque où la charrette à bœufs est la principale option. Quelques concessions - ainsi que des exploitations non déclarées - sont attestées dès le XVIIe siècle à la Marlagne, à Géronsart et même sur les flancs de la citadelle où un puits reste actif jusqu'en 1954. Le développement s'accélère ensuite, pour alimenter le chauffage domestique ou les machines à feu dont celle de la mine de Vedrin.
Un plan-relief de la ville de Namur a été établi entre 1747 et 1748 par l'ingénieur Larcher d'Aubencourt. Il se trouve au sous-sol du musée des beaux-arts de la ville de Lille, alors qu'une capture numérique a été réalisée en vue d'un partage en ligne. Il est composé de 12 tables en bois pour un total de 7,7 × 6,5 m à une échelle de 1/600e. Une copie récente de taille réduite se trouve au Centre du Visiteur Terra Nova à la Citadelle de Namur.
Namur jouit globalement d'un climat tempéré d'influence océanique. Toutefois, sa topographie génère d'importants écarts de température entre le sommet de la Citadelle (boisé, exposé au nord-ouest) et le quartier de La Plante, à son pied (exposé au sud et jouissant du rôle modérateur de la Meuse). En hiver, il n'est pas rare de voir le sommet de la citadelle enneigé et pas le bas de la ville.
Si l'occupation de l'espace tend aujourd'hui à se densifier, l'urbanisation namuroise a connu deux grandes formes dominantes. La première prévalut jusqu'au XIXe siècle ; l'espace bâti était alors concentré à l'intérieur des fortifications successives de la ville. La seconde, profitant du démantèlement de la quatrième enceinte, de la maîtrise progressive des cours d'eau et du développement de voies de communication (routières et surtout ferroviaires), adopta les caractéristiques d'une étoile à sept branches. Dans le sens des aiguilles d'une montre, ce sont ainsi les chaussées de Louvain, de Liège, de Marche, Dinant, Charleroi, Waterloo et Perwez qui commandent l'urbanisme, secondées par les voies de chemin de fer reliant l'arrière-pays namurois à la métropole. À partir des années 1970 et 1980 toutefois, l'urbanisme tend à se densifier entre ces différentes branches, répondant à la démocratisation de l'automobile, à une poussée démographique, ainsi qu'à une meilleure gestion de la part des autorités.
Les fouilles archéologiques menées dans le centre-ville et sur les plateaux environnants ont précisé le développement historique de la cité, centré sur le lieu-dit du Grognon, soit l'espace situé au confluent des deux cours d'eau. Le premier noyau urbain remonte au début de notre ère ; des infrastructures civiles et d'habitat situées au confluent étaient alimentées notamment par les productions de villas, installées pour l'essentiel sur les plateaux au nord de Namur. Lors de la débâcle de l'occupation romaine, la cité s'est resserrée sur le quartier installé au Grognon. Rapidement, pourtant, profitant d'une plus grande stabilité autour de l'an Mil, la ville reprend ses droits sur la rive gauche de la Sambre, faute de place au pied du chateau. Quatre enceintes se succéderont jusqu'à la fin des Temps Modernes, maintenant l'habitat dans la « corbeille », aujourd'hui délimitée par les cours d'eau, le boulevard Cauchy et le parc Louise-Marie. Ce n'est qu'au cours des premières décennies de la période belge (après l'indépendance de 1830), et grâce au démantèlement complet des remparts après 1865, que l'urbanisme gagna les faubourgs de Salzinnes, Saint-Servais, Belgrade, Jambes ou Wépion par exemple. Bien que ces quartiers périphériques ne fussent pas totalement inhabités, c'est le développement des infrastructures qui leur donna la structure actuelle.