Ce Jour-là

Nam June Paik

Artiste sud-coréen

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Nam June Paik est un artiste américain né en Corée, associé au mouvement Fluxus et considéré comme l’un des principaux fondateurs de l’art vidéo et de l’art des médias. Sa pratique associe musique expérimentale, performance, sculpture, télévision, vidéo et dispositifs de télécommunication. Il est notamment lauréat du prix de la culture asiatique de Fukuoka en 1995 et du Prix de Kyoto en 1998.

Nam June Paik est né en Corée, à Séoul, en 1932. Il est le cadet d'une famille de cinq enfants. Son père est propriétaire d'une usine de production textile. Durant sa jeunesse, il apprend le piano. En 1950, Paik et sa famille fuient la Corée en guerre. Ils vont d'abord à Hong Kong avant de s'installer au Japon. Paik entre à l'Université de Tokyo où il suit des études d’esthétique et de musique. Il est diplômé en 1956 avec une thèse sur le compositeur Arnold Schönberg.

La même année, il décide de poursuivre ses études en Allemagne. Il étudie pendant une année avec le compositeur Thrasybulus Georgiades à l'université de Munich. Puis, il continue pendant deux ans avec le compositeur Wolfgang Fortner à l'International Music College à Freiburg. L'été de 1958, il assiste au International Summer Course for New Music (les cours d'été de nouvelle musique) à Darmstadt. C'est là qu'il rencontre Karlheinz Stockhausen. Il travaille avec lui ainsi qu'avec Luigi Nono dans le studio de musique électronique de Radio Cologne.

Durant cette période, Nam June Paik côtoie John Cage et de nombreux artistes de l'époque. Il réalise Zen for Film (1962-1964) un archétype du film Fluxus, présenté au Fluxhall (le loft de George Maciunas situé dans Canal Street à New York). À la fin des années 1960, ces personnages hauts en couleur se regroupent dans le mouvement Fluxus (issu du mouvement dada qui mélange aussi bien la musique, la performance, l’art plastique et l’écriture). Nam June Paik commence alors les actions musicales. Sonate no 1 pour violon solo , est l’une de ses premières performances, il y détruit sur scène des instruments de musique. Ici, il s’agit en l’occurrence d’un violon qu’il brise sur un pupitre . Un geste radical qui incarne la destruction matérielle de la musique traditionnelle.

En 1964, il s’envole pour New York, capitale de toutes les avant-gardes. Il y rencontre la violoncelliste Charlotte Moorman. La collaboration est un témoin majeur de ce que représente l’art vidéo, il est un tout se confondant avec la technologie. Mêlant ainsi le modernisme à la musique classique (qu’incarne le violoncelle), en scellant le tout par l’acte avant-gardiste que matérialise la performance.

En 2006, Num June Paik meurt à 73 ans d'une crise cardiaque à Miami en Floride.

De la musique expérimentale à Fluxus

La pratique de Nam June Paik trouve son origine dans la musique expérimentale. Après ses études consacrées à la musique et à l’esthétique, il rencontre en Allemagne Karlheinz Stockhausen, John Cage et George Maciunas. L’influence de Cage l’incite notamment à introduire le hasard, le silence, le bruit et la participation du public dans ses compositions et ses performances.

Au début des années 1960, Paik participe aux premières manifestations du mouvement Fluxus. Lors des Fluxus Internationale Festspiele Neuester Musik, organisées à Wiesbaden en 1962, il interprète notamment la partition Composition 1960 #10 (to Bob Morris) de La Monte Young. L’instruction demandait de tracer une ligne droite et de la suivre : Paik trempe alors sa tête dans un mélange d’encre et de jus de tomate, puis trace la ligne avec ses cheveux, ses mains et sa cravate sur une longue bande de papier.

Ses actions de cette période remettent en cause la séparation entre musique, arts visuels et vie quotidienne. Les instruments ne sont plus seulement destinés à produire des sons : ils peuvent être détruits, déplacés, préparés avec différents objets ou transformés en éléments sculpturaux. Le corps de l’interprète et les réactions du public deviennent également des composantes de l’œuvre.

Exposition of Music – Electronic Television

En mars 1963, Paik présente à la galerie Parnass de Wuppertal sa première exposition personnelle importante, intitulée Exposition of Music – Electronic Television. Répartie dans les différentes pièces d’une villa, elle rassemble des pianos préparés, des tourne-disques et des magnétophones modifiés, des installations sonores ainsi qu’un ensemble de téléviseurs dont les images sont électroniquement déformées.

Le visiteur est invité à manipuler certains appareils, à actionner des interrupteurs ou à déplacer les têtes de lecture sur des bandes magnétiques fixées au mur. Dans Random Access, des fragments de bande sonore sont disposés directement sur une surface verticale ; le public produit son propre montage en passant une tête de lecture portative sur les bandes.

L’exposition ne se limite donc pas à présenter des objets techniques. Elle transforme l’espace d’exposition en environnement sonore et visuel, dans lequel les visiteurs interviennent sur le déroulement de l’œuvre. La télévision, habituellement conçue comme un appareil diffusant un programme identique à des spectateurs passifs, devient un instrument modifiable et partiellement imprévisible.

Téléviseurs préparés et manipulation du signal

À partir du début des années 1960, Paik emploie le téléviseur simultanément comme appareil électronique, source d’images et objet sculptural. Il modifie les circuits internes, place des aimants à proximité des tubes cathodiques ou utilise des générateurs de fréquences pour perturber le signal diffusé.

Dans Zen for TV (1963), l’image télévisée est réduite à une unique ligne lumineuse verticale. L’œuvre élimine presque entièrement le contenu du programme transmis et transforme l’écran en une composition abstraite.

Dans Magnet TV (1965), un puissant aimant posé sur le téléviseur détourne le flux d’électrons à l’intérieur du tube cathodique. L’image du programme est comprimée et transformée en une forme abstraite dont l’apparence varie lorsque l’aimant est déplacé. Le téléviseur ne fonctionne plus comme un simple récepteur : il devient un objet dont le spectateur peut modifier directement l’image.

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