Nadine de Rothschild, née Nadine Vanrossem le 18 avril 1932 à Saint-Quentin (Aisne), est une actrice française, devenue personnalité mondaine et écrivaine.
Muse et modèle du peintre Jean-Gabriel Domergue dans sa prime jeunesse, elle est actrice dans les années 1950 sous le pseudonyme de Nadine Tallier. Elle met fin à sa carrière dans le cinéma en 1963, après son mariage avec Edmond de Rothschild, qui la hisse au sein de la haute bourgeoisie d'affaires. Auteure d'essais et romans, elle est connue du grand public pour ses traités d'éducation et ses guides de savoir-vivre.
Nadine de Rothschild naît sous le nom d'état civil de Nadine Nelly Jeannette Vanrossem à Saint-Quentin dans l'Aisne, d'un père inconnu et de Suzanne Léa Marcelle Vanrossem, ouvrière dans le coton, qui la reconnaît le 2 mai 1932 dans la même ville. Par la suite, elle est reconnue par Jean René Lhopitalier le 29 juin 1935 à Saint-Quentin et légitimée lors de son mariage avec Suzanne Vanrossem, portant dès lors le nom de jeune fille de Nadine Lhopitalier.
Son beau-père est gardien de la paix. Elle vit dans des conditions modestes à Puteaux dans les Hauts-de-Seine, avec sa demi-sœur Nadeige, de six ans sa cadette, dans un deux-pièces sans eau courante.
Étant très mince, elle est surnommée « fil de fer » mais découvre dès son jeune âge son pouvoir de séduction auprès des garçons. Elle grandit dans une famille communiste, déclarant : « Petite fille, j’avais la faucille et le marteau tamponnés sur l’avant-bras lorsque nous allions à la Fête de l’Humanité ». Elle décrit une vie de quartier multiculturelle et enrichissante, jusqu'à l'instauration du régime de Vichy, en 1940. Des membres de sa famille, des résistants d’un réseau de renseignement, sont déportés, dont le frère de sa mère, qui n’a pas survécu après son retour, victime des suites d’expérimentations.
À l'âge de 12 ans, elle quitte avec sa famille Puteaux pour Paris, dans le quartier de la porte de Champerret, rue Guersant. Elle fréquente l'école secondaire de filles du boulevard Pereire, qu'elle quitte à 14 ans pour travailler chez Neubauer à la fabrication de housses de sièges pour Peugeot. Ne s'entendant pas avec son beau-père autoritaire, elle loue une chambre de bonne boulevard Gouvion-Saint-Cyr. À 16 ans, elle travaille chez un marchand de laine. Elle affirme que ses conditions de vie étaient communes à l'ensemble des jeunes femmes de son époque.
Elle découvre par hasard un livre sur le savoir-vivre de Louise d'Alq ainsi qu'un manuel de la baronne Staffe, qui la guide pour l'apprentissage des bonnes manières. Autodidacte en sociabilité et code mondain, elle justifie cet intérêt dés son adolescence comme étant une voie d'émancipation de sa condition sociale en déclarant : « C'était, d'une certaine manière, une façon de m'affranchir de mon milieu. J'avais un fort désir de réussite, d'ascension sociale ».
À 16 ans, avec une collègue qui avait répondu à une annonce dans un journal, Nadine Lhopitalier est engagée comme modèle par le peintre Jean-Gabriel Domergue, habitant avenue d'Iéna près des Champs-Élysées, dont la femme parisienne dans le style pin-up est l’un des sujets favoris. Appréciant son physique d'ingénue perverse, il lui dresse trois portraits.
Elle rencontre Georges Brassens qui, éconduit, lui dédie sa chanson Une jolie fleur dans une peau d'vache. Nadine Lhopitalier lui aurait aussi inspiré Le Père Noël et la Petite Fille.
Jean-Gabriel Domergue lui fait rencontrer le cinéaste Marc Allégret qui, après un essai, lui conseille de prendre des cours d'art dramatique, mais n'ayant pas les moyens de les payer, elle épluche les annonces dans Le Film français pour des emplois de figurante. En 1949, elle est engagée comme figurante pour le rôle d'une collégienne dans le film de Julien Duvivier, Au royaume des cieux. Elle prend le pseudonyme de Nadine Tallier (d'après son nom d'adoption Lhopitalier). Sa carrière se limite à des seconds rôles. Elle double Martine Carol dans une scène de nu du film Caroline chérie de Richard Pottier. Elle obtient un second rôle dans Manina, la fille sans voiles, qui met en vedette Brigitte Bardot.
Outre son activité dans le cinéma, elle est engagée en 1954 comme speakerine par Bruno Coquatrix à l'Olympia et se produit dans les music-halls à L'Européen, à Bobino et au théâtre des Capucines.
Elle prend des cours d'anglais et tourne dans film musical britannique Girls at Sea de Gilbert Gunn, en 1958.
Elle refuse un contrat de sept ans à Hollywood que lui propose la Metro-Goldwyn-Mayer, préférant continuer de tenter sa chance à Paris : « Ce refus était aberrant, contre toute logique, et pourtant je sentais que si je partais, je laissais passer ma chance. Toutes les filles qui ont accepté ces contrats n'ont jamais percé » ; elle pensait aussi ne pas répondre aux standards des actrices de l'époque.
Elle fait des essais à Los Angeles pour le rôle d'une Française dans le film Le soleil se lève aussi, réalisé par Henry King et produit par Darryl F. Zanuck, qui doit se tourner en partie à Paris. Mais Bella Darvi, la maîtresse d'alors de Darryl Zanuck, exaspérée, lui dit que le rôle lui revient. Finalement le rôle sera tenu, sur sa suggestion, par Juliette Gréco.
Nadine Tellier arrête le cinéma en 1963, après avoir épousé le baron Edmond de Rothschild et donne naissance à leur fils Benjamin, la même année.
Nadine Lhopitalier est d'abord fiancée à Lance Callingham, fils de la milliardaire Norah Docker (en) et héritier de Jaguar Daimler mais renonce au mariage en raison des ingérences dans sa vie par la mère de son fiancé : « Tout est allé très vite dans ma tête. Je savais être docile, mais pas accepter que ma vie soit totalement gérée par cette femme ! ».
Le 20 janvier 1960, lors d’un dîner organisé par l’homme d’affaires Ben Jakober, elle rencontre le banquier et baron franco-suisse Edmond de Rothschild, immédiatement séduit par elle.
Le 26 juin 1963 à Paris, enceinte de sept mois, elle épouse Edmond de Rothschild, fraîchement divorcé d'avec l’artiste bulgare Veselinka Vladova Gueorguieva. Ce mariage est considéré comme peu conventionnel, car les femmes intégrant la famille Rothschild sont cultivées, issues de familles de l’élite juive. Catholique, Nadine étudie le judaïsme durant deux ans et sa conversion est officialisée par le grand-rabbin Kaplan. Le couple a un unique enfant, Benjamin de Rothschild (1963-2021). Dans une interview, elle confie une grossesse difficile et des fausses couches. Elle relate également un couple uni et solide, tout en acceptant l'existence des relations extra-conjugales de son époux, dont la naissance d’une fille, Camillia Langoux de Rothschild, demi-soeur reconnue de son fils.