Nacer Bouhanni, né le 25 juillet 1990 à Épinal (Vosges), est un coureur cycliste français, professionnel de 2011 à 2023.
Sprinteur, il commence sa carrière professionnelle au sein de l'équipe FDJ où il est notamment champion de France de cyclisme sur route en 2012, vainqueur de trois étapes du Tour d'Italie 2014 ainsi que de deux étapes du Tour d'Espagne 2014. En rivalité interne cette année-là avec Arnaud Démare, celui-ci lui est préféré comme chef de file du sprint.
Bouhanni s'engage alors avec Cofidis pour 2015 avec un statut de leader. Auteur de nombreuses victoires sous la direction d'Yvon Sanquer jusqu'en 2017, sa relation est plus tendue en 2018 avec son successeur Cédric Vasseur qui choisit de donner davantage de responsabilités à Christophe Laporte, habituel équipier de Bouhanni. 2018 est néanmoins l'année où il remporte sa troisième et dernière victoire d'étape sur le Tour d'Espagne et il quitte cette formation à l'issue de la saison 2019 qu'il achève sans victoire.
Nacer Bouhanni rejoint alors sa dernière équipe, Arkéa-Samsic, dont il est membre durant quatre ans. Sa fin de carrière est émaillée de plusieurs chutes, la plus importante étant survenue en avril 2022 lors du Tour de Turquie, qui le contraint à suspendre sa carrière durant plusieurs mois et après laquelle il ne réussit pas à réobtenir une victoire. Il remporte 70 victoires durant sa carrière ainsi que le classement par points du Tour d'Italie 2014 et deux éditions de l'UCI Europe Tour.
Né le 25 juillet 1990 à Épinal dans les Vosges, d'origine algérienne, Nacer Bouhanni grandit près de cette ville, à Girmont. Après avoir commencé le sport par la boxe anglaise à l'âge de 6 ans et ayant Mike Tyson comme modèle, il pratique le cyclisme au VC Spinalien. Son père a également été cycliste et son frère Rayane, né en 1996, pratique aussi ce sport. En 2012, ils sont tous deux membres du CC Pays de Bulgnéville. Bouhanni, qui continue la boxe, choisit néanmoins la pratique en compétition du cyclisme car il y obtient de nombreuses victoires dans les catégories de jeunes.
Après avoir évolué à l'UC Contrexéville-Mirecourt, il rejoint en 2006 le SC Sarreguemines. À partir de 2007, Nacer Bouhanni a le statut de sportif de haut niveau et est sélectionné en équipe de France juniors. Il est champion de Lorraine junior cette année-là et termine huitième du GP Général Patton, manche de la Coupe du monde UCI Juniors, auquel il participe avec l'équipe de Lorraine. En octobre 2008, il devient gendarme adjoint volontaire, affecté au groupement des Vosges, et intègre ainsi les équipes de France militaire et gendarmerie. Bouhanni dispose alors d'horaires aménagés pour pouvoir s'entraîner. En 2009, il est champion de France de la gendarmerie et se classe seizième du championnat du monde militaire. Passé en catégorie espoirs (moins de 23 ans), il remporte dans cette catégorie le championnat de Moselle contre-la-montre et le championnat de Lorraine sur route.
À la fin de l'année 2009, il quitte le SC Sarreguemines et rejoint l'UVCA Troyes. En 2010, il est champion de France militaire, cinquième du championnat de France élite amateur et du championnat de France des moins de 23 ans. Avec l'équipe de France des moins de 23 ans, il se classe quatrième du championnat d'Europe espoirs derrière son compatriote Arnaud Démare. Après le sprint, Démare reproche à Bouhanni de l'avoir gêné, les deux sprinteurs ne s'étant pas fait de cadeau et ont finalement terminé à trois secondes des deux premiers. Avec l'équipe de France militaire, il remporte la deuxième étape et le classement par points du Tour de Gironde, course par étapes figurant au calendrier de l'UCI Europe Tour. Il intègre l'équipe professionnelle FDJ en tant que stagiaire durant l'été 2010. Il s'y illustre sur le Tour du Poitou-Charentes, terminant notamment deuxième de la 3e étape devant Jimmy Casper.
Nacer Bouhanni signe son premier contrat professionnel en 2011, avec l'équipe FDJ. Il participe en janvier à la Tropicale Amissa Bongo, dont il remporte une étape. Durant la suite de la saison, il est notamment cinquième du Grand Prix de la Somme, huitième du Grand Prix de Denain et de Paris-Troyes, et obtient plusieurs places d'honneur lors de sprints de courses par étapes. Finalement, Bouhanni est classé dans les dix premiers d'une course à 26 reprises en 2011.
Champion de France sur route (2012)
En 2012, Nacer Bouhanni remporte la première course à laquelle il participe, la première étape de l'Étoile de Bessèges. Arrivé au mois de mai en tête de la deuxième étape du Tour de Picardie mais déclassé pour sprint irrégulier[à définir], Bouhanni obtient la semaine suivante la victoire au sprint lors de la première étape du Circuit de Lorraine. Obtenant trois autres podiums dans les étapes suivantes, Bouhanni engrange des bonifications qui lui permettent de remporter le classement général du Circuit de Lorraine. Le 20 juin, Bouhanni gagne au sprint Halle-Ingooigem devant son coéquipier Arnaud Démare. Quatre jours plus tard, Bouhanni remporte le championnat de France sur route à Saint-Amand-les-Eaux, une nouvelle fois en devançant Démare au sprint. Il est le plus jeune coureur à obtenir le titre national depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Absent sur le Tour de France car étant jugé trop jeune par son dirigeant Marc Madiot, Bouhanni reprend sur le Tour de Wallonie. Il y remporte la première étape au sprint. Il participe ensuite au premier grand tour de sa carrière, le Tour d'Espagne. Bouhanni termine à quatre reprises dans les dix premiers d'une étape, avec pour meilleur résultat la deuxième place lors de la dixième étape. Au lendemain d'une chute, il abandonne au ravitaillement de la treizième étape.
En fin de saison, après avoir été deux fois deuxième d'étape derrière Marcel Kittel, Bouhanni remporte la dernière étape de l'Eurométropole Tour. Il est également deuxième de Paris-Bourges. Ayant l'objectif de gagner Paris-Tours, Bouhanni s'y classe seizième. Auteur de 41 tops 10 dans sa saison, Bouhanni conclut l'année à la 147e place de l'UCI World Tour.
Premières victoires sur le World Tour (2013)
La saison 2013 de Nacer Bouhanni commence par l'enchaînement du Tour du Qatar et du Tour d'Oman. Sur ces deux courses, Bouhanni obtient à huit reprises une place dans les dix premiers et remporte une victoire, la dernière étape du Tour d'Oman. En mars, il gagne sa première course UCI World Tour en s'imposant au sprint lors de la première étape de Paris-Nice et prend la tête de la « course au soleil ». Il est contraint à l'abandon à la suite d'une sévère chute lors de la deuxième étape entre Vimory et Cérilly. Touché aux dents et à une côte, cette chute le prive de Milan-San Remo, son objectif de début d'année. Revenant à la compétition lors du Critérium international, il y est deuxième de la première étape. Bouhanni termine mars sur une victoire lors de la Val d'Ille Classic. Il gagne à nouveau trois jours plus tard lors de la deuxième étape du Circuit de la Sarthe avant d'être troisième du Grand Prix de Denain remporté par son coéquipier Arnaud Démare.
Découvrant ensuite le Tour d'Italie, Bouhanni obtient deux podiums avant d'abandonner à l'issue de la douzième étape. Il est ensuite troisième de Halle-Ingooigem, dont il était tenant du titre. Bouhanni dispute ensuite son premier Tour de France. Victime d'une gastro-entérite puis d'une chute lors de la cinquième étape, il abandonne le lendemain Il ne peut figurer dans aucun sprint massif durant ce Tour de France.
Il participe ensuite au Tour du Poitou-Charentes. Il y remporte au sprint les trois premières étapes et s'adjuge ainsi le classement par points. Au début du mois de septembre, il termine troisième de la Brussels Cycling Classic (anciennement Paris-Bruxelles) derrière les Allemands André Greipel et John Degenkolb. Le lendemain il remporte le Grand Prix de Fourmies en devançant André Greipel et Bryan Coquard. Au cours du mois d'octobre, il remporte le Tour de Vendée, dernière épreuve de la Coupe de France de cyclisme sur route devant Samuel Dumoulin et Steven Tronet. Il participe ensuite au Tour de Pékin, dernière épreuve de l'UCI World Tour 2013. Il y remporte la deuxième étape au sprint après un gros travail de son coéquipier Dominique Rollin. Il prend le maillot de leader à cette occasion. Il récidive le lendemain sur la troisième étape en devançant l'Australien Michael Matthews et le Russe Alexey Tsatevitch. À la suite de cette course, il termine sa saison avec 11 victoires au compteur, 35 tops 10 et la 98e place du classement général de l'UCI World Tour.